Il y a une expression souvent utilisée dans le nord du pays, qui s'applique parfaitement à DavyTheunis : terugvanweggeweest. Littéralement : " de retour après avoir été parti ". Car, à l'automne dernier, le citoyen de Kieldrecht û une bourgade de l'entité de Beveren, proche de la frontière néerlandaise û avait été rayé des listes du FC Brussels, un club qu'il avait rejoint durant l'été en provenance de La Gantoise.
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Il y a une expression souvent utilisée dans le nord du pays, qui s'applique parfaitement à DavyTheunis : terugvanweggeweest. Littéralement : " de retour après avoir été parti ". Car, à l'automne dernier, le citoyen de Kieldrecht û une bourgade de l'entité de Beveren, proche de la frontière néerlandaise û avait été rayé des listes du FC Brussels, un club qu'il avait rejoint durant l'été en provenance de La Gantoise. Le président bruxellois JohanVermeersch le soupçonnait d'avoir dissimulé une ancienne blessure contractée sous le maillot des Buffalos et voulait utiliser cet argument pour annuler le contrat. Aujourd'hui guéri, le milieu de terrain flandrien se réjouit de pouvoir défendre sa cause sur le terrain. Titulaire lors du match de reprise à Genk, puis encore contre Lokeren la semaine suivante, il fut l'un des éléments en vue de l'équipe d' Emilio Ferrera. Désormais, il veut regarder devant lui, se concentrer sur le maintien de son nouveau club et oublier les mésaventures qu'il a vécues ces derniers mois. Mais, que s'était-il exactement passé ? " J'avais disputé deux matches amicaux d'avant saison avec le Brussels et je m'étais plutôt bien débrouillé ", se souvient-il. " Puis, à l'entraînement, je suis mal retombé et j'ai senti une douleur au tendon d'Achille. J'ai malgré tout essayé de jouer le lendemain contre Go Ahead Eagles, mais cela n'allait pas. J'ai dû être remplacé à la mi-temps, et après examen, on a constaté une déchirure. J'ai dû passer sur la table d'opération. On m'avait prédit six mois d'indisponibilité, mais après quatre mois, j'étais de nouveau sur pied. Je dois ce rétablissement rapide aux gens qui m'ont suivi durant ma rééducation : en particulier l'oncle de ma femme, DanyStuer, qui est préparateur physique à Beveren et qui dirige un centre de fitness dans l'entité. Il s'est occupé de moi tous les jours. Le kiné de Beveren, DavidBombeke û qui prend aussi des cyclistes en charge û a également travaillé avec moi. Tout s'est parfaitement déroulé ". Entre-temps, cependant, les choses s'étaient gâtées du côté du club. " Au Brussels, on a prétendu que j'avais contracté cette blessure durant ma période gantoise. Et que, par conséquent, le contrat que j'avais signé en juillet devait être invalidé. C'était un non-sens : si j'avais été blessé à mon arrivée, je n'aurais pas pu disputer deux matches amicaux. J'avais déjà été opéré du ménisque précédemment, mais jamais je n'avais connu de problèmes au niveau du tendon d'Achille. Malgré cela, je suis tout de même resté de longues semaines sans être payé. J'avais déjà consulté un avocat, pour voir ce qu'il y avait moyen de faire. En fin de compte, Johan Vermeersch û qui avait eu des échos favorables de ma rééducation û m'a appelé pour me signaler qu'il avait encore besoin de moi et que je pouvais réintégrer l'effectif. Mon contrat a été réactivé le 1er novembre ". Davy Theunis ne veut plus trop s'appesantir sur cette affaire : " Je n'ai plus envie de polémiquer. Je suis content que tout soit finalement rentré dans l'ordre et que je puisse enfin défendre les couleurs de mon club. Si le Brussels ne m'avait pas repris, je me serais retrouvé dans une impasse car on ne peut pas être transféré deux fois en Belgique durant la même saison. J'aurais donc dû rester inactif pendant le reste de la saison ou partir à l'étranger ". Davy Theunis (25 ans depuis vendredi passé) était arrivé de La Gantoise durant l'été, en compagnie de Zezeto. " J'avais encore deux ans de contrat à Gand, mais Emilio Ferrera û qui me connaissait encore de mon époque beverenoise û m'a contacté en vue d'un passage au Brussels. J'ai répondu favorablement car avec tous les transferts annoncés chez les Buffalos, la concurrence risquait de devenir rude et je craignais de perdre ma place. Or, j'ai horreur de me retrouver sur le banc... " Il ne se doutait pas de ce qui l'attendait dans la capitale : " Pendant ma rééducation, il m'est effectivement arrivé de maudire mon choix, en me disant que j'aurais mieux fait de rester à Gand. Mais aujourd'hui, tout cela est du passé. Je veux tourner la page et je ne nourris aucun sentiment aigre à l'égard de Johan Vermeersch. Nos relations se sont nettement améliorées. J'avais toujours eu l'intention de me donner à 100 % pour le Brussels et rien n'a changé depuis ma mésaventure. Johan Vermeersch est un homme d'affaires intransigeant, qui défend ses intérêts, mais il sait aussi adopter un visage très humain ". La concurrence, pourtant, existe également au stade Edmond Machtens et Theunis n'est pas assuré de sa place : " C'est logique. En D1, une certaine concurrence est indispensable. En principe, au Brussels, on est quatre pour deux places au centre de l'entrejeu : Alan Haydock, Richard Culek, le jeune Steve Colpaert et moi. Mais, contre Lokeren, Richard a évolué sur une position un peu plus avancée, tandis qu'Alan et moi, nous nous sommes partagé le rôle de demi défensif ". Depuis la reprise, l'ancien Gantois est titulaire : " J'avais déjà pris place deux fois sur le banc avant la trêve. J'ai été titularisé à Genk, pour le premier match officiel de 2005. J'ai encore besoin de retrouver le rythme de la compétition, mais pour le reste, je suis satisfait. Cela me fait du bien de rejouer. Lorsque je dois ronger mon frein sur le banc, je ressens une énorme frustration. J'ai besoin d'être actif. Aujourd'hui, j'essaie de rattraper le temps perdu. Ce que je peux apporter au Brussels ? Ce que l'entraîneur me demandera. D'un côté, j'ai déjà une certaine expérience de l'élite. De l'autre, je suis encore un jeune joueur, malgré tout ". Un jeune joueur qui a fait ses classes à Beveren... " Je suis originaire de Kieldrecht, mais je suis passé au Freethiel à l'âge de 11 ans. J'y ai suivi toute la filière des équipes de jeunes et j'ai effectué mes débuts en équipe Première à 18 ans. J'y suis resté cinq ans et j'ai donc vécu de l'intérieur toute l'évolution du club, avec l'arrivée des joueurs ivoiriens. J'ai joué mon dernier match en jaune et bleu lors de la fameuse victoire 3-0 contre Anderlecht, qui clôturait le championnat 2002-2003 et qui avait provoqué un envahissement de terrain des supporters bruxellois. Beveren demeure le club de mon c£ur. Je m'y rends encore, pour assister à des matches et saluer mes amis, chaque fois que j'en ai l'occasion. J'ai suivi, par exemple, la campagne européenne de cette saison ". Davy Theunis a quitté Beveren durant l'été 2003. Il a donc loupé la finale de la Coupe de Belgique, dix mois plus tard, et la campagne en Coupe de l'UEFA qui a suivi. Marqué pas de chance ! " Je ne pouvais pas deviner le parcours qu'allait réaliser mon ancien club. La Coupe de Belgique, c'est un peu une loterie. Pour moi, la proposition de La Gantoise s'assimilait à une promotion. C'est un bon club, qui joue régulièrement les premiers rôles. Et je ne peux pas me plaindre du temps de jeu qui m'a été accordé là-bas : j'ai disputé 29 matches, la saison dernière. Malheureusement, on a concédé trop de matches nuls pour pouvoir se mêler à la lutte pour les premières places ". Face à la concurrence accrue que comptait imposer GeorgesLeekens, Davy Theunis a choisi d'abandonner la lutte pour l'Europe pour se consacrer à celle pour le maintien. L'appel d'Emilio Ferrera a été le plus fort. " C'est un entraîneur que j'ai toujours apprécié. J'avais travaillé sous ses ordres à Beveren et il n'a pas changé. Je sais ce qu'il attend de ses joueurs et je m'efforce de m'y conformer. C'est un grand professionnel, qui ne néglige aucun détail et qui exige des joueurs un comportement tout aussi professionnel. Il affectionne le jeu de transition rapide, mais je crois que c'est dû aussi au type d'équipes qu'il a dirigées jusqu'ici. On ne peut pas attendre d'un club qui découvre la D1, comme le Brussels, qu'il fasse le jeu à chaque match ". A Beveren, Theunis a aussi fait la connaissance de Zezeto... qui l'a suivi à Gand. " Parfois, on en rigole. On se dit que lorsque je quitterai le Brussels, Zezeto me suivra encore... " Depuis qu'il a quitté Beveren, le petit attaquant ivoirien n'est plus le même. " Il a connu une saison difficile à Gand l'an passé ", reconnaît Davy Theunis. " Il était encore jeune et a dû faire face à une énorme pression, car il était arrivé avec un certain statut. En outre, il a dû quitter son environnement familier, et il a sans doute éprouvé plus de difficultés que prévu lorsqu'il n'était plus entouré par ses amis ivoiriens. Ses débuts au Brussels furent laborieux également. Il s'est même retrouvé dans le noyau B, comme d'autres joueurs. Mais il recouvre progressivement son meilleur niveau. Ces dernières semaines, il s'est souvent montré à son avantage. C'est un très bon footballeur. Je sais ce dont il est capable : à Beveren, il était en mesure de décider à lui tout seul de l'issue d'un match. Il ne peut pas avoir perdu toutes ses qualités. Je suis persuadé qu'il vaudra encore bien des satisfactions au Brussels. Avec sa vitesse, il peut donner le tournis à tous les défenseurs. Il préfère probablement évoluer dans l'axe, mais sur les flancs, il peut également constituer un danger permanent. C'est lorsqu'il part dans le dos des défenseurs qu'il est le plus redoutable ". Son apport sera bien nécessaire, car la lutte contre la relégation s'annonce ardue. Les Bruxellois voient Mons fondre sur eux avec la vitesse de l'éclair. " A la trêve, les Dragons semblaient presque condamnés. Mais il a suffi de deux victoires, contre Saint-Trond et à Beveren, pour que toutes les données doivent êtres revues. Aujourd'hui, cela me paraît clair : Mons ne descendra pas ", constate Davy Theunis. " Mais je pense aussi que le Brussels a les moyens de se sauver. On a effectué un très bon stage en Espagne. Depuis lors, on a encore reçu le renfort de quelques joueurs, comme WerrySels et IgorDeCamargo. Il faudra encore voir comment ils vont s'adapter. Prendre des points le plus rapidement possible est devenu une impérieuse nécessité, et la venue du Standard, le week-end prochain, au stade Edmond Machtens ne s'annonce pas comme une partie de plaisir ". Si Mons ne descendra pas et si le Brussels se maintiendra également en D1, qui accompagnera donc Ostende à l'étage inférieur ? " Il est trop tôt pour le dire. Mais certaines équipes, qui pouvaient se croire à l'abri, ne sont toujours pas sauvées. Je pense au Cercle Bruges, peut-être même à Beveren qui connaît un début de deuxième tour difficile ". Si le Brussels est en mauvaise posture, il le doit à un premier tour particulièrement agité. " La chance ne nous a pas souvent souri ", regrette Davy Theunis. " On a loupé des occasions et on n'est, surtout, jamais parvenu à garder le zéro au marquoir. La moindre faute s'est payée cash. A l'avenir, il faudra gommer ces petites erreurs de notre jeu, sinon on n'en sortira pas ". Ce fut aussi un début de saison très mouvementé en coulisses. " En fait, je n'ai pas vécu tous les événements de l'intérieur, puisque je me trouvais en rééducation. J'apprenais les nouvelles par la presse et je m'informais auprès de mes coéquipiers via le téléphone. La presse a évoqué une mauvaise ambiance. C'est fort possible, car lorsque les résultats ne suivent pas, l'ambiance est rarement bonne. On a aussi parlé de tensions entre l'entraîneur et une partie des joueurs. Certains footballeurs, venant de D2, n'ont peut-être pas su s'adapter à la mentalité très professionnelle d'Emilio Ferrera ". Daniel Devos" Mons NE DESCENDRA PAS. Et le Brussels non plus "