"Le stade est à vous, faites du bruit ! " Cette célèbre phrase du speaker du Standard, Jacques Massart, tous les supporters liégeois rêvent de l'entendre depuis longtemps. Privés de stade depuis le 7 mars dernier et un match nul face à Saint-Trond, ils n'ont qu'une envie, faire vibrer une nouvelle fois l'Enfer de Sclessin.
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"Le stade est à vous, faites du bruit ! " Cette célèbre phrase du speaker du Standard, Jacques Massart, tous les supporters liégeois rêvent de l'entendre depuis longtemps. Privés de stade depuis le 7 mars dernier et un match nul face à Saint-Trond, ils n'ont qu'une envie, faire vibrer une nouvelle fois l'Enfer de Sclessin. Dimanche, à l'occasion de la réception de Courtrai, cela devrait être chose faite. Après de longs palabres entre le club et la Ville de Liège, un communiqué est publié le 28 août : le Stade Maurice Dufrasne pourra accueillir 10.000 fans. Une affirmation qui fait bondir partout ailleurs dans le Royaume, mais qui reste une nouvelle réjouissante pour la majorité des supporters. Pour les dirigeants aussi, désireux de limiter les pertes inévitables en cas de huis clos. La Ville de Liège souhaitait ce retour. " L'objectif, c'est de concilier les impératifs de santé publique et les impératifs d'activité économique, sportive et culturelle ", explique le Bourgmestre de Liège, Willy Demeyer. Les discussions, déjà entamées avant l'accord de la Pro League pour le retour des supporters au stade, ont mené à la constitution d'un protocole, approuvé notamment par des médecins. 10.000 : le chiffre peut surprendre. Sur 27.000 places disponibles, 37% de la capacité globale du stade promettent d'être occupés. Dans les autres clubs de Belgique, les directions se sont montrées moins gourmandes. Le Jan Breydelstadion n'accueillait que 6.666 supporters samedi dernier (23% de la capacité du stade) et il n'y avait pas plus de 6.340 Mauves au Lotto Park (31%). Seuls les Carolos connaîtront un ratio similaire à celui prévu par les Rouches, avec 5.500 supporters admis sur 15.000 possibles. Du côté de la Famille des Rouches (FDR) et des clubs de supporters, le chiffre surprend d'autant plus que ce n'était pas prévu. " Au départ, l'opinion de la Famille des Rouches était "Tout le monde ou personne'', puis on a vu dans la presse le communiqué disant qu'on reviendrait à 10.000. On n'était pas partie prenante de cette décision ", expliquent Christelle Larondelle et Nicole Paulus, membres du Conseil d'administration de la FDR. " Le Standard était au courant de notre position et avait accepté cela. On en avait discuté bien avant l'accord de la Pro League pour le retour des supporters dans les stades ", ajoutent-elles. Un communiqué qui a donc provoqué bien des remous au sein des groupes de supporters. Les arguments du Standard sont clairs : d'un point de vue financier, la situation devenait difficilement tenable et sportivement, l'entraîneur Philippe Montanier réclamait le retour du public, les joueurs étant demandeurs. Après avoir sondé les présidents des 58 clubs de supporters qui composent la FDR, il ressort que 70% d'entre eux étaient favorables à l'organisation du retour. La Famille des Rouches entre donc dans la danse et accepte finalement d'y participer. " Il y avait des impératifs : il ne devait pas y avoir un choix fait par les présidents dans leurs rangs ni de tirage aléatoire. On voulait laisser le choix à tout le monde ", explique la FDR. Du côté des dirigeants, on voulait voir plus loin que deux matches, ce qui n'était pas dans les plans de la Famille des Rouches, désireuse de ne pas avancer à l'aveugle. " On ne sait déjà pas combien de gens vont vouloir revenir, c'est vraiment un test ", confirment Christelle Larondelle et Nicole Paulus. Ces revendications ont été entendues. " Les rapports entre la FDR et le Standard n'ont pas toujours été simples, mais pour le moment, c'est vraiment sain. Ils nous écoutent ", explique la FDR. La phase de test de cette nouvelle formule est prévue pour deux matches, contre Courtrai et Zulte-Waregem, et aucun tirage au sort ni choix posé par les présidents des clubs de supporters n'aura lieu. À l'heure d'écrire ces lignes pourtant, impossible de confirmer combien de supporters pourront prendre place dans les tribunes à l'occasion de ces rencontres. Des discussions entre dirigeants et experts étaient encore en cours ce lundi, les chiffres des contaminations et des hospitalisations ayant fortement augmenté durant le week-end. Le nombre de supporters présents pourrait ainsi s'avérer moins ambitieux que prévu initialement si la courbe ascendante du coronavirus venait à ne pas faiblir. Par voie de communiqué, les Ultras Infernos et le PHK ont annoncé dès le départ ne pas vouloir revenir au Stade Maurice Dufrasne dans ces conditions-là, tout en soulignant qu'ils resteront fidèles à leurs couleurs et supporteront leur équipe par d'autres moyens. Pour eux, la décision d'admettre un public limité au stade va " à l'encontre d'un accord tacite entre le club, la Famille des Rouches et les groupes de supporters : ''Tout le monde ou personne'' ", faisant référence à la position initiale de la FDR, acceptée par la direction liégeoise. D'autres clubs de supporters ont suivi le mouvement des deux grands groupes. " Notre comité a décidé de ne pas retourner au stade, on attend de pouvoir tous y aller ", explique Yvette Cornet, présidente des Yankees. Au sein même des groupes de supporters, la question fait débat. " Certains souhaitent retourner au stade et d'autres préfèrent suivre la demande des Ultras Infernos et du PHK ", souligne quant à lui Jean-Luc Gilis, président des Rouches de la Vallée du Geer. Il laissera donc à chacun le soin de prendre la décision qui lui convient. Les deux groupes étant les garants de l'ambiance liégeoise, les tribunes risquent d'être plus silencieuses que d'habitude. Les clubs de supporters présents devront prendre le relais. En l'absence des deux grands groupes, c'est sur leurs épaules que pèsera le poids de l'animation du stade. Ils ont en tout cas prévu de donner de la voix pour soutenir leurs couleurs. " Le terme ''Enfer de Sclessin'' n'est pas venu avec le PHK et les Ultras Infernos. Il est vrai qu'ils mettent une belle ambiance dans le stade, mais il y en avait aussi avant ", explique Jean-Luc Gilis . " S'ils ne sont pas là, je suis certain qu'on vivra encore des moments de chaude ambiance à Sclessin parce que les gens recommenceront à en mettre, comme c'était le cas dans les années 70 et 80. " Avec ou sans les Ultras, Sclessin devrait vibrer à nouveau.