A ndre Kfouri a résumé le sentiment dans le quotidien sportif brésilien Lance ! après que Mano Menezes se soit offert un excellent départ à la tête des Cariocas le 10 août dernier : une victoire 2-0 contre les USA, en amical aux Etats-Unis. " Peut-être étions-nous tellement habitués à la contre-attaque qu'une équipe qui a réalisé 600 passes en un match nous a rouvert les yeux. Peut-être étions-nous tellement conditionnés à voir de la puissance et de la vitesse que nous avons étés surpris de voir du talent et de la créativité. "
...

A ndre Kfouri a résumé le sentiment dans le quotidien sportif brésilien Lance ! après que Mano Menezes se soit offert un excellent départ à la tête des Cariocas le 10 août dernier : une victoire 2-0 contre les USA, en amical aux Etats-Unis. " Peut-être étions-nous tellement habitués à la contre-attaque qu'une équipe qui a réalisé 600 passes en un match nous a rouvert les yeux. Peut-être étions-nous tellement conditionnés à voir de la puissance et de la vitesse que nous avons étés surpris de voir du talent et de la créativité. " C'était le premier match du nouveau coach depuis l'humiliante défaite 1-2 au Mondial contre la Hollande le 2 juillet dernier. Prématuré, bien sûr, de tirer des enseignements hâtifs de cette victoire en amical, a fortiori au mois d'août. Menezes fut d'ailleurs prompt à déclarer la même chose lors de la conférence de presse d'après-match. Ce qu'il fit encore jeudi dernier après la facile victoire (3-0) contre l'Iran à Abu Dhabi. Mais on ne peut s'empêcher de constater que le Brésil s'est embarqué dans une nouvelle direction, radicalement différente de celle des dernières années, mais plus en ligne avec la tradition historique du jeu brésilien. Menezes a entrepris un sérieux lifting de son équipe. Seuls quatre joueurs présents en AfSud étaient repris contre les USA et l'entraîneur a offert des débuts à quatre titulaires (et trois remplaçants) dont Neymar, nouvelle perle du foot auriverde, et Paulo Henrique Ganso. Néanmoins, la leçon la plus importante tirée des confrontations avec les Américains et les Iraniens est la philosophie de jeu collectif montrée par le Brésil, bien plus que ses individualités. La tactique ne se basait plus seulement sur des contres rapides mais sur la possession de balle : un jeu de passes fluide entre les lignes, créant des triangles dans l'entrejeu, des changements d'aile et des situations dangereuses de 2 contre 1 en zone offensive. Menezes aime souligner que sa préférence pour le système en 4-2-3-1 est en ligne avec la tactique des meilleures équipes du monde. " J'aime ce système ", dit-il. " Cela procure une percussion offensive, avec des options sur les flancs, des joueurs qui montent et des médians défensifs qui peuvent venir créer le surnombre. " L'ex-entraîneur de Grêmio et des Corinthians, notamment, marque clairement la rupture avec l'ère Gilberto Silva, où les milieux de terrain étaient confinés dans un rôle presque exclusivement défensif. C'était jugé nécessaire pour permettre les rushes vers l'avant des arrières latéraux, mais sous Menezes l'équilibre des demis défensifs a changé. Ils peuvent apporter leur contribution offensive mais plutôt comme élément de surprise et devront également se concentrer davantage sur le marquage. Menezes a déclaré qu'un de ses plus grands défis sera de sélectionner de bons arrières latéraux, car dans le championnat brésilien la plupart des clubs jouent avec trois arrières centraux et que de nombreux candidats au poste n'ont pas vraiment développé leurs aptitudes défensives. Contre les Etats-Unis, le Brésil a été en mesure de dominer le jeu grâce à une énorme possession de balle, sans être vraiment menacé. Il y aura, bien sûr, des tests plus sérieux encore que celui de lundi dernier contre l'Ukraine, à commencer par le match du " nouveau Brésil " le 17 novembre en... Argentine. Une partie de l'explication de la supériorité des Brésiliens dans le New Jersey fut que leur système en 4-2-3-1 a permis de neutraliser le 4-4-2 développé par les joueurs de Bob Bradley. Le Brésil a eu la mainmise sur l'entrejeu, la plupart du temps grâce à Robinho, qui bougeait sans cesse entre les lignes, trouvait l'espace orchestrant le jeu et allumant des mèches dans la défense américaine. Les futurs adversaires du Brésil feront certainement leurs devoirs et aligneront une équipe empêchant les artistes brésiliens de dominer le milieu de terrain et de passer. Avouons-le : l'élimination du Brésil en quarts de finale du Mondial contre les Pays-Bas couplée à la victoire finale de l'Espagne et de son jeu de passing, auront eu des effets bénéfiques sur la sélection auriverde. On pourrait aussi avancer que le refus de Muricy Ramalho de prendre le relais à la tête de l'équipe, ouvrant ainsi la voie à Menezes, fut une péripétie heureuse. Le palmarès de Ramalho parlait peut-être pour lui, mais il apparaissait surtout comme un fervent partisan d'un jeu plutôt défensif, avec trois défenseurs centraux. Il y aurait donc eu nettement moins de chances de voir un Brésil affriolant, ce qui semble être l'option choisie par Menezes.l par tim vickery, world soccer - photos: reuters