Contre toute attente, les Francs Borains réalisent un championnat magnifique. Ils animent la tête du classement de D3B et la surprise est encore plus grande lorsqu'on prend en considération le fait que Bernard Wégria est le troisième coach du club cette saison. En outre, d'aucuns s'accordaient à dire que le départ de l'attaquant français Mohamed Dahmane ruinerait définitivement les chances de titre de l'équipe boraine.
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Contre toute attente, les Francs Borains réalisent un championnat magnifique. Ils animent la tête du classement de D3B et la surprise est encore plus grande lorsqu'on prend en considération le fait que Bernard Wégria est le troisième coach du club cette saison. En outre, d'aucuns s'accordaient à dire que le départ de l'attaquant français Mohamed Dahmane ruinerait définitivement les chances de titre de l'équipe boraine. Mais il n'en est rien ! Les Francs Borains affichent une forme de tous les instants. Wégria est parvenu à remanier sa formation et fait désormais primer le collectif. Bernard Wégria : Nos bonnes prestations sont le résultat d'un enchaînement de circonstances favorables. L'excellent départ des Francs Borains a entraîné une boule de neige positive. L'équipe a presque emporté la première tranche. Cela a donné confiance aux joueurs. Avec de telles performances, on ne peut plus s'empêcher de mirer le titre. Une participation au tour final ne nous satisferait que très moyennement. La loterie : ce n'est pas pour nous ! On va donc mettre tous les moyens en £uvre pour être champions. A contrario, il nous faudra éviter de tomber dans l'euphorie. Notre tâche est loin d'être facile, car on peut se targuer d'un statut de favori. Et qui dit favori, dit motivation exacerbée de tous nos adversaires. En d'autres termes, on va jouer une dizaine de matches de Coupe ! Il faut également que l'on arrête de jouer à saute-mouton avec Tirlemont. Mais nous restons tous très calmes. Au niveau des infrastructures, il n'y aura rien à redire. En plus, la commune de Boussu nous aide financièrement. Notre budget n'est actuellement et certainement pas le plus gros de notre série. A ce niveau-là, on verra. Il faudra aussi transférer juste, même si notre noyau est déjà très équilibré. On pourra évidemment compter sur l'aide de notre président, Jean Zarzecki. Ce n'est pas donné à tout club de posséder un tel attaquant. C'est une véritable perle ! Momo ( sic) a concrétisé un tiers de ses occasions lorsqu'il évoluait sous nos couleurs. Il a planté 18 buts ! Il nous a malheureusement quittés. L'attitude du club est dès lors pleinement compréhensible, au vu de ses qualités et de son potentiel. Tout notre système de jeu gravitait autour de lui. Le mot d'ordre était de passer la balle à Momo mais son départ n'a pas eu que des conséquences néfastes. Il a permis à d'autres joueurs de se mettre en valeur et en particulier, ceux qui travaillaient dans l'ombre et pour servir Momo. J'ai donc dû composer avec son transfert. Au point de vue du collectif, j'ai remarqué une formidable prise de conscience. Après notre défaite face à Tirlemont, je n'ai pas entendu de -C'est fini dans le groupe. Personne ne s'est laissé aller. On a ignoré les critiques acerbes proférées à notre encontre et on a réussi à redresser la barre. En fait, depuis que Momo a quitté le navire, on gagne plus en marquant moins. On évolue presque avec la même équipe, mais on a tout de même transféré un attaquant en provenance de Bocholt : Alex Pasaoglu. En comparaison avec Momo, il est beaucoup plus combatif en récupération de balle mais ces deux joueurs n'ont rien en commun dans leur style respectif et Alex ne nous fera pas oublier Momo. Ce n'est pas tous les jours que l'on tombe sur la poule aux £ufs d'or. Beaucoup de supporters nous ont demandé qui allait le remplacer. Et l'on rétorquait à chaque fois que s'ils connaissaient le candidat idéal, il faillait nous le présenter. Pour revenir à l'équipe, notre défense est beaucoup plus solide. On encaisse beaucoup moins. Voilà un maître exemple de prise de conscience ! C'est le travail de toute une équipe et plus particulièrement de joueurs tels que Karim Saffer ou encore Michaël Lacroix. Ce n'est que pure logorrhée ! Mais c'est le jeu des déclarations. Tous les entraîneurs sont animés par la même passion. Il faut aussi mettre en exergue le fait que l'Olympic partait grand favori cette saison. Et une chose est sûre : ce club n'est pas parvenu à assumer cette étiquette. Jalousie quand tu nous tiens... Bref, ce genre de déclarations ne fait pas plaisir. Il vaut mieux continuellement regarder dans son assiette et ses résultats. De plus, notre noyau n'a rien à envier à celui de l'Olympic. Mais bon, c'est de bonne guerre de mettre la pression sur ses adversaires. A la fin du premier tour, environ au tiers du championnat. J'y ai directement trouvé un groupe très réceptif et doté d'une ambiance excellente. J'ai dû formater une équipe, ce qui a eu pour conséquence l'émergence de joueurs mécontents. C'est logique : mon noyau est très complet et de ce fait, j'arrive à pallier sans gros problèmes les défections. Ce n'est pas le fruit du hasard si l'on occupe une telle place au classement. On a su allier expérience et jeunesse, technique et travail de récupération. Il faut aussi insister sur le fait que de nombreux bénévoles nous mâchent le travail. Ils ne rechignent jamais à la tâche. C'est un véritable plaisir. Nos supporters sont toujours présents. Nos résultats, j'ose espérer, réchauffent leur c£ur. C'est très important, surtout dans une région où les revenus par habitants sont nettement inférieurs en comparaison avec la moyenne nationale. On ne peut fatalement pas leur en vouloir de tomber dans l'euphorie. Mais la place de premier n'est pas encore acquise ! On doit donc continuer à travailler. Dans le pire des cas, on jouera le tour final. Disons qu'elle a été mouvementée. Cependant, les circonstances plaident en ma faveur. J'ai très souvent été appelé pour des dépannages. Et dépanner, cela signifie qu'il faut généralement redresser, en un temps réduit, la situation d'un club mal-en-point. Je n'ai que très rarement travaillé dans la sérénité, que ce soit, par exemple, à Montegnée ou à l'Olympic. De là à me dédouaner complètement, il y a un pas que je n'oserais franchir. Je l'admets sans équivoque : j'ai eu des saisons très difficiles. J'avais une vision très arrêtée du foot et je n'ai pas réussi partout. J'ai même entraîné en P3 à Soumagne. Cette expérience m'a appris à voir le foot d'une façon moins exigeante, moins professionnelle. C'est là que j'ai décidé de privilégier le plaisir des bases du jeu. J'ai aussi entraîné au Luxembourg. Ce fut loin d'être inintéressant et très dépaysant ! En définitive, j'ai compris que l'on pouvait encore apprendre à tout âge. Avant d'arriver aux Francs Borains, je me suis beaucoup remis en question. Si j'en suis là où j'en suis, c'est grâce à mes nombreuses expériences ! Mais entraîner restera ma passion. J'ai eu mon diplôme de coach à 28 ans. Cette passion s'est véritablement transmise de père en fils. J'ai ça dans le sang... TIM BAETE