La modestie du flat de Munyaneza à Zoutleeuw reflète sa personnalité : sobre, sans extravagances. Sa femme et son enfant vivent toujours à Bruxelles. L'avant qui a débarqué en Belgique à huit ans pour fuir la guerre qui ravageait le Rwanda, a préféré se rapprocher sans attendre de son club.
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La modestie du flat de Munyaneza à Zoutleeuw reflète sa personnalité : sobre, sans extravagances. Sa femme et son enfant vivent toujours à Bruxelles. L'avant qui a débarqué en Belgique à huit ans pour fuir la guerre qui ravageait le Rwanda, a préféré se rapprocher sans attendre de son club. Henri Munyaneza : C'est une passion, j'y ai toujours joué mais je pratiquais aussi le basket. En foot, Rivaldo et Alvaro Recoba étaient mes idoles, en basket, c'était Allen Iverson. Un scout du RWDM m'a repéré à 13 ans dans un parc et m'a invité à passer un test. C'est ainsi que tout a commencé mais j'aurais exercé d'autres métiers avec plaisir, comme celui d'inspecteur de police. J'ai appris l'électromécanique et suis passionné de technique. Je savais que je pourrais y mûrir tranquillement. Jean-Pierre Vande Velde, mon entraîneur à Dender, me l'a conseillé. Je voulais éviter de jouer immédiatement sous pression. Or, St-Trond m'a dit qu'il me laisserait du temps. Je reste sur une bonne préparation, le premier match contre Anderlecht a été positif mais tout peut basculer très vite. Je préfère donc ne pas avancer d'objectifs. Nous ferons le point en fin de saison. Je n'ai pas beaucoup marqué durant certaines périodes de la saison passée et cela me ronge. Je digère très mal les défaites ou les mauvaises prestations. Je rejoue le match dans ma tête, dans les moindres détails, même quand c'était bon. Je ne dors pas avant d'avoir procédé à cette analyse. C'est pour ça que je demande un compte-rendu sur DVD après chaque match. Mais je ne manque pas d'assurance, je suis modeste. Je me laisse pousser par mon entourage et l'entraîneur a donc un rôle capital pour moi. Vande Velde m'a soutenu la saison passée, comme Thomas Caers maintenant. L'ambiance que créent les supporters est aussi cruciale. Demandez-le aux journalistes, qui analysent les matches ! Tout doit encore être peaufiné. J'exerce régulièrement mon explosivité en contre et c'est un de mes points forts. Grâce à mon gabarit, je suis bon de la tête mais je dois encore beaucoup progresser sur le plan des contrôles, des démarrages et devant le but où je manque encore de calme. J'admire Désiré Mbonabucya et Ilija Stolica pour ça. L'intensité des duels n'est pas très différente mais le rythme et la circulation du ballon, à l'entraînement comme en match, sont nettement supérieurs en D1. La principale différence se situe au niveau tactique : tout est plus pensé à St-Trond qu'à Dender. Pour l'instant, je ne pâtis pas de cette différence de niveau. Le fait que le coach me considère comme un titulaire potentiel prouve que j'assimile bien tout. J'essaie de ne pas planer. En-dehors du football, je me repose, généralement devant le petit écran. C'est un must pour un footballeur professionnel. Je sais que beaucoup de jeunes subissent un contrecoup durant leur première année au top et je crains que cela m'arrive aussi. Le stress est plus important qu'en D3. Ma nervosité est intérieure. Je n'aime pas parler avant un match. Je me concentre, je réfléchis. Pour évacuer mon stress, j'effectue éventuellement quelques tours de terrain. J'ai grandi à Bruxelles, je m'estime aussi Belge que Rwandais. Je ne me sens plus à ma place dans mon pays natal. Je connais Désiré mais je n'ai pas pris contact avec lui avant de signer à St-Trond. Ceci dit, nous discutons d'autres choses ensemble, comme de notre équipe nationale où j'ai été sélectionné quelques fois aussi. BERT BOONEN