La France ne figure pas parmi les top favoris mais Laurent Blanc est un penseur, qui connaît très bien le foot européen, et a déjà prouvé qu'il en connaissait un bout en tactique. Les Bleus sont invaincus en 19 matches sous sa coupe depuis septembre 2010 et les éliminatoires de l'EURO 2012. Blanc a travaillé dur pour amener en équipe nationale des joueurs non seulement doués mais qui ont la bonne attitude. Les Adil Rami, Hugo Lloris (le capitaine), Yohan Cabaye et Marvin Martin ont peut-être moins de galons internationaux que leurs prédécesseurs, mais ils sont d'honnêtes et talentueux éléments qui ont du cran et de la ruse. Cette attitude plus humble qu'avant a aidé la France à traverser une campagne parfois chaotique. Après une défaite lors du 1er match, à domicile contre le Belarus, 4 victoires successives ont ramené le calme. Après deux partages acquis de haute lutte en Belarus et Roumanie, entrecoupés d'une victoire contre l'Albanie, la France finissait en beauté à domicile contre l'Albanie et lors d'un match décisif contre la Bosnie-Herzégovine. A la 40e minute, Edin Dzeko donnait l'avance aux Bosniaques. Mais la France garda son calme et Samir Nasri, le coéquipier de Dzeko à Manchester City, se fit justice sur penalty à la 78e. La France passait et la Bosnie était condamnée aux barrages.

La presse hexagonale n'a pas mâché ses mots à l'égard de Blanc et de son équipe à certains moments. Reste qu'atteindre la phase finale de l'EURO en perdant un seul match est une belle perf' pour un novice du coaching international. Naturellement, le compétiteur né qu'est Blanc va vouloir prouver sur la plus belle scène d'Europe que ses Bleus ont encore progressé.

Même si le groupe D n'apparaît pas comme le plus coriace, il ne faudrait pas conclure trop vite que les Français ont déjà leur billet en poche pour les quarts. Beaucoup dépendra du premier match contre l'Angleterre, à Donetsk. Si la France parvient à prendre la mesure des Anglais comme elle l'a fait lors de leur dernière confrontation en 2010 (victoire méritée de la France, 1-2), tous les espoirs sont permis. S'ils perdent, le phénomène bien connu de fragilisation du groupe pourrait réapparaître et créer le doute.

Sur papier, la France a une belle équipe. La paire Rami- Philippe Mexès devrait être reconduite en défense centrale et Yann M'Vila est un puissant demi défensif. Il y a aussi beaucoup de créativité avec Franck Ribéry qui sort d'une bonne saison au Bayern Munich. Et même si Nasri n'a pas vécu une grande saison à Manchester City, on parierait bien sur le fait qu'il fera tout pour se montrer. La grande question se situe en front de bandière : que faire si Karim Benzema venait à se blesser ? Le noyau recèle-t-il suffisamment d'alternatives valables ? Quoi qu'il en soit, après avoir embarrassé tout l'Hexagone à la CM 2010 avec la " grève des joueurs ", le team France et son staff savent qu'ils doivent représenter le pays avec dignité et intégrité en 2012. Et cela pourrait leur conférer la rigueur nécessaire pour jouer le rôle de trouble-fête.

PAR HOWARD JOHNSON (ESM), À PARIS

Que faire si Benzema venait à se blesser ?

La France ne figure pas parmi les top favoris mais Laurent Blanc est un penseur, qui connaît très bien le foot européen, et a déjà prouvé qu'il en connaissait un bout en tactique. Les Bleus sont invaincus en 19 matches sous sa coupe depuis septembre 2010 et les éliminatoires de l'EURO 2012. Blanc a travaillé dur pour amener en équipe nationale des joueurs non seulement doués mais qui ont la bonne attitude. Les Adil Rami, Hugo Lloris (le capitaine), Yohan Cabaye et Marvin Martin ont peut-être moins de galons internationaux que leurs prédécesseurs, mais ils sont d'honnêtes et talentueux éléments qui ont du cran et de la ruse. Cette attitude plus humble qu'avant a aidé la France à traverser une campagne parfois chaotique. Après une défaite lors du 1er match, à domicile contre le Belarus, 4 victoires successives ont ramené le calme. Après deux partages acquis de haute lutte en Belarus et Roumanie, entrecoupés d'une victoire contre l'Albanie, la France finissait en beauté à domicile contre l'Albanie et lors d'un match décisif contre la Bosnie-Herzégovine. A la 40e minute, Edin Dzeko donnait l'avance aux Bosniaques. Mais la France garda son calme et Samir Nasri, le coéquipier de Dzeko à Manchester City, se fit justice sur penalty à la 78e. La France passait et la Bosnie était condamnée aux barrages. La presse hexagonale n'a pas mâché ses mots à l'égard de Blanc et de son équipe à certains moments. Reste qu'atteindre la phase finale de l'EURO en perdant un seul match est une belle perf' pour un novice du coaching international. Naturellement, le compétiteur né qu'est Blanc va vouloir prouver sur la plus belle scène d'Europe que ses Bleus ont encore progressé. Même si le groupe D n'apparaît pas comme le plus coriace, il ne faudrait pas conclure trop vite que les Français ont déjà leur billet en poche pour les quarts. Beaucoup dépendra du premier match contre l'Angleterre, à Donetsk. Si la France parvient à prendre la mesure des Anglais comme elle l'a fait lors de leur dernière confrontation en 2010 (victoire méritée de la France, 1-2), tous les espoirs sont permis. S'ils perdent, le phénomène bien connu de fragilisation du groupe pourrait réapparaître et créer le doute. Sur papier, la France a une belle équipe. La paire Rami- Philippe Mexès devrait être reconduite en défense centrale et Yann M'Vila est un puissant demi défensif. Il y a aussi beaucoup de créativité avec Franck Ribéry qui sort d'une bonne saison au Bayern Munich. Et même si Nasri n'a pas vécu une grande saison à Manchester City, on parierait bien sur le fait qu'il fera tout pour se montrer. La grande question se situe en front de bandière : que faire si Karim Benzema venait à se blesser ? Le noyau recèle-t-il suffisamment d'alternatives valables ? Quoi qu'il en soit, après avoir embarrassé tout l'Hexagone à la CM 2010 avec la " grève des joueurs ", le team France et son staff savent qu'ils doivent représenter le pays avec dignité et intégrité en 2012. Et cela pourrait leur conférer la rigueur nécessaire pour jouer le rôle de trouble-fête. PAR HOWARD JOHNSON (ESM), À PARISQue faire si Benzema venait à se blesser ?