Le destin emballe parfois des cadeaux qu'on n'attend même pas sous le plus beau sapin de Noël. Ainsi, avant de partir à la neige, en Autriche, chez son ami de toujours, Didier Frenay, Thierry Siquet, le nouveau T1 de Charleroi, coachera ses gaillards au Cercle Bruges où il joua avec succès de 1991 à 1997. Ce fut un virage important pour lui car, au Standard, qui allait accueillir Stéphane Demol, ses chances de rester dans le onze de base étaient assez réduites. Et que serait-il devenu en usant le petit banc rouche ? Au Cercle, il confirma sa réputation de joueur sérieux, d'arrière central stable, d'équipier sur lequel tout le monde pouvait compter.
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Le destin emballe parfois des cadeaux qu'on n'attend même pas sous le plus beau sapin de Noël. Ainsi, avant de partir à la neige, en Autriche, chez son ami de toujours, Didier Frenay, Thierry Siquet, le nouveau T1 de Charleroi, coachera ses gaillards au Cercle Bruges où il joua avec succès de 1991 à 1997. Ce fut un virage important pour lui car, au Standard, qui allait accueillir Stéphane Demol, ses chances de rester dans le onze de base étaient assez réduites. Et que serait-il devenu en usant le petit banc rouche ? Au Cercle, il confirma sa réputation de joueur sérieux, d'arrière central stable, d'équipier sur lequel tout le monde pouvait compter. Cet homme connaît la D1 et les personnes qui la peuplent sur le bout des godasses. Ses 415 matches en tant que joueur de l'élite en témoignent suffisamment. Après l'apéritif gantois, il passera tout de suite au plat consistant. " Je suis épaté par la qualité du jeu développé par le Cercle Bruges ", avance Siquet. " Il y a des mariages parfaits entre la jeunesse et le métier, la technique et l'engagement physique, la lucidité et la vitesse. La ligne médiane carbure à merveille avec des anciens comme Oleg Iachtchouk, Sergyi Serebrennikov ou Besnik Hasi. Honour Gombani, Tom De Sutter et Stijn De Smet crachent le feu en pointe. Des joueurs ont été déplacés sur l'échiquier et s'y réalisent totalement. Cette équipe forme un bloc qui coulisse parfaitement dans tous le sens. Le porteur du ballon a sans cesse plusieurs solutions autour de lui. Cela peut paraître simple mais c'est le résultat d'un gros travail. Quand une équipe est bien posée sur le terrain, tout est plus facile pour tout le monde. Cette harmonie collective est vraiment frappante ". Ce souci de travailler et de penser ensemble était une des marques de fabrique des Carolos la saison passée. Le haut degré de technicité de sa ligne médiane donnait la migraine à ses adversaires. Le Sporting était craint et difficile à manier. Il en fut encore ainsi en fin de championnat passé quand Philippe Vande Walle hérita de la boussole de Jacky Mathijssen. Cette saison, l'équipage résista aux vagues mauves à Anderlecht (0-1) avant de plonger à domicile face à Mouscron (1-3) et cet examen révéla quelques complications plus profondes que les ambitions démesurées du président. Charleroi n'est pas Anderlecht, le Club Bruges ou le Standard. Son effectif n'est pas assez ample pour parer à des blessures, des suspensions et des périodes de méforme. De plus, l'effectif ne fut pas rafraîchi en été. Au Standard, certains Zèbres n'ont-ils pas lâché leur coach ? La rumeur a circulé. Repus, sans concurrents pour les secouer dans leur torpeur, contents d'avoir attiré l'attention de tout le monde, sûrs de retrouver un club quoi qu'il arrive (mais le prix d'un transfert est moins élevé si on termine 10e plutôt que 4e), certains joueurs se sont confortablement embourgeoisés. Jacques Brel l'a chanté il y a longtemps : " Les bourgeois, c'est comme les cochons : plus ça devient vieux, plus ça devient... " Vous devinez la suite en musique. Brel aurait été un excellent entraîneur. Pourquoi les Zèbres n'ont-ils jamais pensé à lui ? La belle vie, c'est un problème chronique à Charleroi. Vande Walle l'avait souligné en accordant un entretien à Belgacom TV : " Quand cela va mal, les Zèbres ne se font pas de mouron. Ils croient que les autres auront aussi des soucis. Mais non, c'est d'abord chez soi qu'on doit trouver la solution ". L'ancien T1 avait raison mais que pouvait-il faire pour rendre l'appétit à ces gavés de succès à l'époque Mathijssen ? Pas facile de succéder à un monstre sacré. Le discours s'est effrité, révéla ses limites et le voltage diminua petit à petit. Les joueurs ne le cachent pas : sans résultats, le courant a fini par ne plus passer. Mais, dans le fond, Vande Walle était-il vraiment fait pour ce métier ? Avait-il vraiment envie de se consacrer totalement à ce sacerdoce ? Pas sûr du tout et cela peut expliquer son soulagement après avoir déposé son tablier. Siquet a tout de suite accepté de relever le défi. " Je reste confiant dans les atouts de cet effectif ", avance-t-il. " Les circonstances ne nous ont pas été favorables. Avant de recevoir Gand, nous n'avions que quatre unités de retard par rapport à cette équipe de même sur Anderlecht. Charleroi peut et doit se rapprocher des trois grands de la D1. A mon avis, le Cercle Bruges et le Germinal Beerschot traverseront aussi leur moment creux. Une équipe, c'est un mur. Si deux ou trois briques ne sont pas bien scellées dans le ciment, tout le monde a des problèmes. Contre Zulte Waregem et le Standard, Charleroi a encaissé huit buts. C'est énorme car ce secteur a toujours été performant. C'est un sacré bastion, plus que l'attaque : Charleroi a des problèmes à la finition depuis longtemps. Quand on doit se passer de Frank Defays et de Laurent Ciman, entre autres, c'est dur derrière. Sans cet effondrement, la défense de Charleroi serait toujours une référence en D1. Je ne montre personne du doigt. C'est un refrain connu mais on ne peut plus exact : l'efficacité commande qu'une équipe agisse, défende et attaque en bloc. Les lignes doivent être bien serrées. Il faudra y remédier. Nous avons revu la vidéo du match au Standard et ce fut intéressant à plus d'un titre. J'ai souligné la qualité du travail et la disponibilité de Steven Defour. A 19 ans, il est international et capitaine de son club. D'autres lèveraient le pied. Lui, il a bossé, proposé des solutions et aidé tout le monde. Il travaille sans cesse et, pourquoi nos joueurs n'en feraient-ils pas autant ? Je crois que cela a fait réfléchir. En Ligue des Champions, les plus grands clubs européens misent aussi sur la sueur. Ce fut le cas de Liverpool ou de Lyon. Avez-vous vu Liverpool à Marseille ? Tout le monde a mis son bleu de travail. Les stars n'hésitent pas à défendre dans leur rectangle avant de se montrer dangereux devant le gardien adverse quelques instants plus tard. J'ai aimé cette humilité alors que le match était plié depuis une éternité. Il n' y a qu'une chose qui compte : se battre durant 90 minutes et gagner. C'est la seule voie à suivre. Il ne faut jamais rien lâcher, pas un détail, pas une seconde. A notre niveau aussi, le mental fait la différence : quand on veut, on peut. Cette qualité doit s'ajouter à l'organisation, à l'acquis technique, à la vitesse d'exécution, à la concentration, etc ". En prenant place à la barre du navire carolo, Thierry Siquet a entamé une nouvelle page de sa carrière. " Je me suis rapidement destiné au métier d'entraîneur ", confie-t-il. " Je n'attendais pas ma chance. J'ai terminé ma carrière de joueur à Charleroi. Ce club m'a ensuite repris dans son staff technique. Mathijssen m'a confié des missions de scouting, du travail avec le groupe. J'ai beaucoup observé aussi. C'était intéressant. J'ai éprouvé le même plaisir avec Philippe Vande Walle. Son discours n'a jamais changé. Il a exercé son métier dans le respect de ses valeurs. Quand le président m'a demandé de le remplacer, j'ai accepté. Je fais équipe avec Mario Notaro qui possède la Pro Licence. Il est le T2 mais il y a d'abord tout un staff uni qui tire dans la même direction. Je ne sais pas combien de temps durera ma mission. Je suis un employé du club. Le président a pensé à moi. Je suis à son service. C'est lui qui décidera si je reste en place ou pas. Je ne sais pas du tout si le Sporting discute avec un club ou pas. J'ai un job à faire et je me consacre totalement à ma tâche. Cela se fait dans des conditions normales. Je découvre une autre forme de pression. Un entraîneur doit penser à tout. Nous sommes tous sur le même bateau. Je ne suis pas important, je ne dois pas faire parler de moi. En fait, c'est tout notre effectif qui doit se racheter, prouver ce qu'il a dans les tripes, ne plus commettre les mêmes erreurs. Quand je dis effectif, j'englobe tout le monde, que ce soit le staff ou les joueurs. Il faut resserrer les boulons. Est-ce la chance de ma vie ? Je ne raisonne pas de la sorte. Il n'y a qu'une chose qui m'intéresse : le travail. Ce groupe doit redresser la tête. Je l'ai trouvé motivé et attentif à l'entraînement. L'envie est présente. Je suis décidé à aller au bout. Je sais que j'en ai les capacités. Mais un entraîneur, aussi bon, soit-il, vit et meurt avec ses résultats. Trois défaites suffisent à précipiter la fin d'un entraîneur. Est-ce que cela durera 15 jours, six mois ou plus ? Je ne sais pas. Non, cela ne m'angoisse pas. Cela fait partie intégrante de ce job. Mais si la direction mettait rapidement fin à cette expérience, ce serait une déception pour moi, je ne le cache pas. Mais je l'accepterai. Je sais que tout peut dépendre de quelques détails. Je ne peux que me donner à fond. Et, quand c'est le cas, on n'a rien à se reprocher ". En janvier, Vande Walle devrait s'occuper de l'entraînement des gardiens. Ne sera-ce pas une situation un peu étrange ? L'ancien patron peut-il vivre sereinement cette situation ? Est-ce que cela ne générera pas des tensions ou imbroglios inutiles ? Un roi déchu accepte-t-il facilement l'autorité et les décisions d'un de ses anciens sujets ? " Non, cela ne posera aucun problème ", dit Siquet. " Je sais comment il fonctionne. Et Philippe connaît très bien les règles de notre métier. Quand il était T1, il demandait souvent l'avis de son staff technique mais c'est évidemment lui qui tranchait au bout du compte. Il sait tout cela. C'est le T1 qui décide. Non, ce ne sera pas compliqué du tout ". En janvier, la direction reprendra son discours et visera le haut du tableau sans avoir les moyens de ses ambitions. Les joueurs, eux, songent à se mettre le plus vite possible à l'abri du vent qui balaye la banquise en bas de classement. " La direction a le droit d'être ambitieuse ", conclut Siquet. " Cela n'a jamais dérangé ce groupe. Quand on n'est pas amitieux, on ne travaille pas et n'avance pas ".lpar pierre bilic - photos : reporters