La démonstration d'Anderlecht face à Mouscron dimanche ne pouvait mieux tomber pour René Weiler. Les Mauves ont brillé, certes contre un adversaire très faible, mais ils ont quand même montré le raffinement technique dont l'équipe disposait encore, sa subtilité et son rythme.
...

La démonstration d'Anderlecht face à Mouscron dimanche ne pouvait mieux tomber pour René Weiler. Les Mauves ont brillé, certes contre un adversaire très faible, mais ils ont quand même montré le raffinement technique dont l'équipe disposait encore, sa subtilité et son rythme. Du banc, René Weiler a savouré le spectacle. Pour la première fois, il a vu son équipe presser son adversaire dans son camp. Ensuite, il a reconnu que cette victoire n'avait pas ramené le calme, car il en est toujours pour chercher le conflit. Weiler a intérêt à ne pas faire la guerre à la presse. Les semaines à venir diront si le match contre Mouscron était un instantané ou pas. On attend confirmation. Jeudi en Coupe, à Charleroi, dimanche à Courtrai puis contre le Club Bruges. Une nouvelle défaite entraînera inévitablement une nouvelle crise. Weiler y survivra-t-il ? Il est possible que la victoire contre Mouscron n'ait été qu'un report d'exécution. Comment le Sporting a-t-il screené René Weiler avant de l'engager ? A-t-il analysé son caractère ? Lui a-t-on bien expliqué dans quelle tempête il allait se retrouver s'il traversait une moins bonne période, lui a-t-on exposé la nécessité de penser de manière rationnelle et non émotionnelle ? Ces questions restent sans réponse. Il est clair que René Weiler ne savait pas avec quelle équipe il devrait travailler. Une équipe qui manque souvent de discipline de jeu. Nul ne le lui a expliqué et bizarrement, il ne s'en était pas informé non plus. Ce n'est pas un signe de professionnalisme. Face aux caprices de son équipe, le Suisse a perdu courage. Dans son désespoir, il a fait le procès de son noyau, lors d'une interview. De quoi sursauter. Pour les joueurs mais surtout pour la direction. Weiler a, certes, dit que ses propos avaient délibérément été déformés et les joueurs ont appris, dans le vestiaire, que certaines déclarations avaient été sorties de leur contexte. C'est vraiment étrange car le département communication du club relit tous les articles avant parution. Anderlecht est un club fantastique. Sa façade froide cache une chaleur sincère et on y est bien reçu. Le club est également très ouvert à la presse. Beaucoup de choses discutées en interne font l'objet de fuites, sans que nul ne semble parvenir à en identifier les sources. C'est invraisemblable et ça ne facilite pas la vie de l'entraîneur en poste. Pour lui, Anderlecht est un nid de vipères. Combien de commotions l'institution bruxelloise n'a-t-elle pas déjà vécues au sujet de ses entraîneurs ? Il y a eu Luka Peruzovic, limogé alors que son équipe avait six points d'avance, à une époque où la victoire rapportait deux points. Puis Aad de Mos, vanté pour son professionnalisme à Malines mais qui n'a jamais vraiment posé son sceau sur les Mauves. Il y a eu aussi Arie Haan, qui a déclaré que les joueurs d'Anderlecht ne connaissaient pas l'abc du football. Aimé Anthuenis, à l'approche si étonnante que Pär Zetterberg avait été demander à la direction, au bout d'un mois, s'ils devaient vraiment continuer avec cet entraîneur. Comment un coach fait-il pour ne pas tomber en désuétude à Anderlecht ? Hugo Broos essayait au moins de rester lui-même et ne lisait pas les journaux. Franky Vercauteren fustigeait les joueurs qui ne remplissaient pas leurs tâches. Ariël Jacobs, qui a tenu bon quatre ans, a sombré dans le cynisme. John van den Brom et Besnik Hasi se sont souvent énervés. En vingt ans, il y a eu onze changements d'entraîneurs. Et neuf titres, soit un rien moins qu'un tous les deux ans. En début de saison, Anderlecht affirmait que René Weiler aurait le temps de rendre au club son identité. Dans sa quête de la bonne équipe, l'entraîneur a déjà aligné 29 joueurs cette saison. Seul le Standard fait mieux avec 31 footballeurs appelés. Cette ample victoire contre Mouscron offre une pause de respiration. Même si la stabilité n'est pas vraiment le fil rouge de cette saison. Par exemple, après le 6-1 en Europa League contre Mainz, l'équipe s'est cassé les dents sur Ostende. Il en va ainsi depuis des années : Anderlecht oscille entre les critiques venimeuses et l'admiration béate. Comme un patient qui sombre dans le coma mais s'en réveille toujours. PAR JACQUES SYSCombien de commotions Anderlecht n'a-t-il pas déjà vécues à cause de ses entraîneurs ?