Pas moins de sept nouveaux joueurs ont rallié le stade Edmond Machtens à la faveur du mercato. Deux d'entre eux n'entraient pas en ligne de compte pour le match de reprise des Coalisés au RAEC Mons (1-1) : Hakim Bouchouari, en convalescence après une ablation méniscale et Christian Negouai, dont la qualification n'était toujours pas régularisée. Quatre autres, par contre - Mickaël Citony, Samuel Neva, Flavien Le Postollec et Dieudonné Owona - ont disputé l'intégralité de la partie à l'Albert. Quant au dernier, Sambegou Bangoura (24 ans), il s'est contenté d'une apparition furtive lors du temps additionnel en remplacement de Jonathan Téhoué. Une entrée au jeu placée sous le signe de l'encouragement. Contrairement aux autres recrues, plutôt bien en jambes,
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Pas moins de sept nouveaux joueurs ont rallié le stade Edmond Machtens à la faveur du mercato. Deux d'entre eux n'entraient pas en ligne de compte pour le match de reprise des Coalisés au RAEC Mons (1-1) : Hakim Bouchouari, en convalescence après une ablation méniscale et Christian Negouai, dont la qualification n'était toujours pas régularisée. Quatre autres, par contre - Mickaël Citony, Samuel Neva, Flavien Le Postollec et Dieudonné Owona - ont disputé l'intégralité de la partie à l'Albert. Quant au dernier, Sambegou Bangoura (24 ans), il s'est contenté d'une apparition furtive lors du temps additionnel en remplacement de Jonathan Téhoué. Une entrée au jeu placée sous le signe de l'encouragement. Contrairement aux autres recrues, plutôt bien en jambes, Le Guinéen doit revenir de très loin même puisqu'il accuse neuf mois de retard par rapport à la plupart de ses coéquipiers au FC Brussels. En cause, une série de tuiles et beaucoup d'incompréhension avec le manager Tony Pulis, qui avait relayé Johan Boskamp à Stoke City l'été passé. Et pourtant, tout avait plutôt bien commencé pour l'ancien Standardman. " Le Bos me voulait absolument dans son club et je rêvais de jouer aux Iles ", dit-il. " Au départ, à l'été 2005, tout s'était déroulé comme dans un rêve. L'équipe tenait bien la route et je formais vraiment un tandem de choix avec Mamady Sidibé à l'attaque. Transféré pour la somme de 1,25 million d'euros, un record dans l'histoire des Potters, j'avais justifié ce débours en plantant neuf roses en championnat à mi-parcours à peine. J'étais devenu la coqueluche du public. Après la trêve, malheureusement, les clameurs se sont estompées : en janvier, j'avais été retenu par la fédération guinéenne en vue de la Coupe d'Afrique des Nations en Egypte. J'ai participé aux matches de poule, ainsi qu'au quart de finale contre le Sénégal mais, hélas, j'ai subi une fracture de la main qui allait me tenir éloigné des terrains pendant plusieurs semaines. A peine remis de ces déboires, j'ai souffert d'une blessure aux ligaments externes du genou. J'ai tout fait pour éviter l'intervention chirurgicale. J'ai finalement repris le collier en fin de saison passée, avant de rallier mon pays natal où m'attendaient des matches de qualification pour la CAN 2008. Marquez pas de chance : j'ai fait une rechute à ce moment-là. Je me suis fait soigner dans notre capitale, à Conakry, tout en prenant des vacances avec mon épouse et ma fille en famille. La direction de Stoke City ne l'a pas admis. Elle tenait à ce que je sois présent lors de la reprise des entraînements en juillet dernier. Je n'en voyais pas l'utilité car je n'étais pas encore apte à suivre le même régime, sur le terrain, que mes coéquipiers. Début août, je me suis remis à la disposition du club. Entre-temps, un nouvel homme fort avait fait son apparition à la tête du noyau professionnel : le Gallois Tony Pulis, actif à Plymouth l'année précédente. Sa toute première initiative fut de me mettre à l'amende. Sa deuxième consista à me dire que je ne faisais pas partie de ses priorités. Dans ces conditions, je n'avais plus qu'une idée en tête : partir. De préférence en Belgique, où j'avais laissé femme et enfant. Le Brussels était venu aux nouvelles mais les responsables du club entendaient récupérer leur mise. Or, le président Johan Vermeersch ne pouvait évidemment consentir le même effort financier. J'ai cru, à un moment donné, que le bon sens l'emporterait mais aucune des parties n'était prête à mettre de l'eau dans son vin. Aussi, trois semaines après mon retour, le 29 août, j'ai repris en Réserves contre Shrewsbury. Je pensais que cette situation serait provisoire et que je finirais par retrouver ma place au sein du onze de base. Mais c'était peine perdue car le nouveau coach ne jurait que par le tandem Ricardo Fuller et Vincent Péricard. Du coup, j'en étais réduit à jouer les utilités. Je n'ai été aligné d'entrée de jeu qu'une seule fois : contre Barnsley. C'était trop peu ". Le deuxième appel du pied des Coalisés aura été le bon puisque, sur base locative cette fois, l'attaquant du Syli national guinéen a été cédé pour six mois au club de la capitale. Et ce, en dépit d'offres plus juteuses et qui concernaient même une cession définitive de la part des Néerlandais de Willem II Tilburg et du Dinamo Bucarest notamment. Mais Sam n'avait aucune envie de rallier l'une de ces compétitions. Par là même, son choix était vite fait. " Je n'ai nullement fait une croix sur l'Angleterre ", observe-t-il. " Je rêve toujours d'une carrière fructueuse là-bas. Plus jamais sous les ordres de Pulis. Il n'est pas normal qu'il m'ait rétrogradé au rang de 5e ou 6e attaquant derrière le duo cité et d'autres puncheurs comme Martin Paterson, Adam Rooney ou Keith Thomas. Je mérite une autre considération et j'entends le prouver au Brussels. Dans la mesure où j'ai une demi année pour rebondir, il valait mieux que je saisisse ma chance dans une compétition qui m'est familière et j'ai privilégié la Belgique par rapport aux Pays-Bas ou à la Roumanie, même si les conditions financières y étaient nettement meilleures. Et ma petite famille vit à Bruxelles. Il sera plus facile pour moi de m'épanouir dans ces circonstances. Mais suite aux deux blessures que j'ai encourues et à mes absences de préparation l'été passé et cet hiver, j'ai neuf mois à rattraper. Je repars de zéro. J'ai évidemment la chance de ne pas avoir pris de poids mais ma masse musculaire a fondu. Au Royaume-Uni, les séances de préparation ne sont pas des plus corsées. Les joueurs y sont tellement sollicités, en vertu de la longueur de la saison et de la diversité des épreuves, que les entraînements quotidiens se limitent le plus souvent à des décrassages. Dans ces conditions, le fond et le rythme font défaut chez moi pour le moment ". On en a eu un aperçu lors du match entre les Réserves du Brussels et des Dragons, vendredi passé, sur le synthétique molenbeekois. L'espace d'une mi-temps, Bangoura et Negouai, tous deux alignés d'entrée de jeu par l'entraîneur des doublures, Patrick Wachel, s'étaient montrés fort peu à leur avantage face à une séduisante équipe montoise, victorieuse 1-2. Aligné aux côtés des jeunes Esteban Casagolda et Cédric Dellevoet, le Guinéen n'avait guère trouvé la parade devant son adversaire direct, Olivier Guilmot, bien couvert par Adriano Duarte. " A sa décharge, il faut bien avouer qu'il n'a pas été ménagé depuis son arrivée chez nous ", observe le coach, Albert Cartier. " Non seulement il a été soumis aux mêmes séances que ses partenaires mais, en outre, un programme de musculation a été établi pour lui, ainsi que pour Christian Negouai, auquel les deux joueurs s'astreignent de manière quotidienne sous la direction d' Arnaud Laly. Il est normal qu'ils éprouvent des difficultés à digérer cette cascade d'efforts. Surtout Sam. Mais il a une énorme envie. On sent qu'il est libéré d'un fardeau et qu'il a visiblement à c£ur de se relancer. Pour l'heure, je dois me contenter de Téhoué et de Nenad Stojanovic. Avec notre nouveau transfuge, je disposerai d'un point d'ancrage appréciable, capable à la fois de jouer en déviation ou d'être lui-même à la finition. Sans oublier cette redoutable arme supplémentaire qu'est son jeu de tête dévastateur. Pour l'utiliser à bon escient, il convient bien sûr de pouvoir tabler sur de bons centreurs. Dans ce domaine-là, aussi, le Brussels a des armes supplémentaires puisque Julien Gorius a déjà été utilisé par le passé, avec bonheur, sur les flancs gauche et droit et que Mickaël Citony s'exprime dans des registres similaires, comme ils l'ont prouvé de concert au stade Tondreau. Cette réalité-là permet également d'utiliser Matumona Zola dans un rôle de distributeur, qui constitue sans conteste sa meilleure place, comme il en a donné un aperçu aussi chez les Dragons. Au total, cela signifie une palette sensiblement plus riche. A partir de l'instant où, avec des joueurs revenus à leur meilleur niveau, on pourra travailler les enchaînements, le Brussels devrait s'en trouver logiquement beaucoup plus performant ". BRUNO GOVERS