Charleroi entamera dimanche, par un match déjà crucial contre Malines, un deuxième tour qui doit maintenir le club en D1. En cas de victoire, les Zèbres abandonneront la lanterne rouge. Mais la victoire n'est pas encore en poche. Et, après ce match-là, il y en aura encore 16 autres qu'il conviendra de négocier avec bonheur. Qu'y a-t-il de changé par rapport au premier tour calamiteux? Avec les acquisitions de BertrandLaquait (Nancy), LaurentMacquet (Cannes), Jean- PaulBoeka-Lisasi (Malines), probablement MustaphaSama (Haugesund, D2 norvégienne) et peut-être Jean- PierreSylla (Guinée), le Sporting est-il suffisamment armé pour mener à bien sa lutte contre la relégation? L'avis de quelques témoins privilégiés, de l'intérieur et de l'extérieur du club.
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Charleroi entamera dimanche, par un match déjà crucial contre Malines, un deuxième tour qui doit maintenir le club en D1. En cas de victoire, les Zèbres abandonneront la lanterne rouge. Mais la victoire n'est pas encore en poche. Et, après ce match-là, il y en aura encore 16 autres qu'il conviendra de négocier avec bonheur. Qu'y a-t-il de changé par rapport au premier tour calamiteux? Avec les acquisitions de BertrandLaquait (Nancy), LaurentMacquet (Cannes), Jean- PaulBoeka-Lisasi (Malines), probablement MustaphaSama (Haugesund, D2 norvégienne) et peut-être Jean- PierreSylla (Guinée), le Sporting est-il suffisamment armé pour mener à bien sa lutte contre la relégation? L'avis de quelques témoins privilégiés, de l'intérieur et de l'extérieur du club. Brogno: dos au murDanteBrogno, entraîneur: "J'ai obtenu des renforts, c'est positif. Pour l'instant, il est trop tôt pour se prononcer sur leur apport réel. A l'entraînement, cela se passe bien. Depuis la reprise, le 3 janvier, je sens le groupe animé d'une grosse envie de bien faire. La victoire conquise contre Westerlo a redonné le moral. Elle en appelle d'autres. Ce que je demande, c'est que les joueurs s'ouvrent au lieu de se refermer sur eux-mêmes. C'est un gros challenge que l'on s'apprête à relever. Mais il est accessible si tout le monde y met du sien". Hendrickx: sept victoiresPierre- YvesHendrickx, secrétaire- général: "Notre objectif sera de conquérir sept victoires durant le deuxième tour. Je crois que ce sera indispensable pour se sauver. Cela peut paraître beaucoup au vu du maigre bilan affiché au terme du premier tour, mais nous repartirons à zéro avec un moral remis à neuf et un noyau rééquilibré par l'engagement de plusieurs joueurs. Il a évidemment fallu composer avec nos moyens. Des grands noms gratuits ou pas chers, c'est introuvable. Par ailleurs, AbbasBayat souhaitait que les joueurs engagés soient des renforts sur plusieurs années. Ils devaient encore être assez jeunes. Nous accentuerons aussi la confiance aux joueurs du cru. StéphaneGhislain a été lancé en décembre et ThibautDetal se verra bientôt proposer un contrat professionnel. Ils devront être encadrés. Les joueurs, entraîneurs et dirigeants des clubs adverses nous ont tous affirmé que nous n'étions pas à notre place au classement. A nous de le démontrer sur le terrain". Despi': synergie réussieClaudeDespiegeleer, échevindes S ports: "Je suis certain que le Sporting a fait le maximum pour se sauver. Je voue une entière confiance en Abbas Bayat. Il a déjà réussi tellement de choses pour le club que je ne le vois pas échouer cette fois-ci. L'aspect sportif, ce n'est pas mon domaine, je me garderai donc de porter un jugement sur les renforts acquis. Je suis déjà heureux que la synergie avec l'Olympic ait été couronnée de succès, c'était l'un de mes chevaux de bataille. Si l'Olympic est 3e en D3, c'est grâce au Sporting". Defays: exemple montoisFrankDefays, capitainedel'équipe: "Avant de parler du deuxième tour dans son ensemble, il conviendra de négocier convenablement le rendez-vous de ce dimanche contre Malines, car je crois qu'il conditionnera tout le reste. Tout le monde nous voit gagnant, mais je n'ose imaginer ce qui se passerait en cas d'échec ou de semi-échec. Nous risquerions d'encaisser un coup fatal dont nous ne pourrions pas nous remettre. La préparation se déroule dans de bonnes conditions, malgré la température glaciale, et l'ambiance est excellente. Les nouvelles acquisitions ont démontré à l'entraînement que c'étaient de bons joueurs. Mais leur examen, c'est en match qu'ils le passeront. Il faut prendre exemple sur Mons. Cette équipe a engrangé 26 points lors du premier tour alors que ses moyens ne sont pas supérieurs aux nôtres. Mais elle a témoigné d'un grand coeur, d'une bonne organisation et d'une concentration de tous les instants. C'est notre avenir professionnel qui est en jeu. En cas de descente, par les temps qui courent, qui voudrait encore engager des joueurs de notre acabit? Et je parle pour moi également, puisque j'aurai bientôt 29 ans et qu'avant le Sporting, je n'avais jamais connu que la D3. Je n'ose pas encore y penser, mais dans la situation où nous nous trouvons, c'est une hypothèse qu'il faut envisager. On avait suffisamment répété, à la fin novembre, qu'on abordait cinq matches plus abordables, et pourtant nous n'en avons remporté qu'un seul sur les cinq. C'est la preuve que, si le potentiel existe, nous ne sommes pas non plus des foudres de guerre" Dewitte: deux combatsPhilippeDewitte, journaliste àLaGazettedesSports: "Je m'attendais à ce que des noms plus ronflants viennent renforcer l'effectif carolo. Lors du premier tour, chacun s'accordait à reconnaître qu'il manquait surtout des joueurs d'expérience. Ceux qui sont arrivés ne me semblent pas en avoir davantage. Mais ne jugeons pas prématurément. Si les nouveaux renforts proviennent de D3 française ou de D2 norvégienne, les renseignements pris à leur sujet semblent bons. Par ailleurs, DanteBrogno me semble avoir insufflé un nouvel état d'esprit dans le groupe. Il l'a remotivé et ressoudé. Et il a tout de même pris cinq points en cinq matches, là où EtienneDelangre en avait pris quatre en onze matches. Aucun entraîneur ne peut résister à un bilan de 4 points sur 33, qu'il s'appelle AiméJacquet, GiovanniTrapattoni ou Etienne Delangre. Le changement coulait donc de source. Aurait-il fallu un technicien plus expérimenté, comme LukaPeruzovic ou RobertWaseige? L'avenir nous l'apprendra. Sur le plan sportif, j'estime que le Sporting a les moyens de s'en sortir, d'autant qu'il recevra au deuxième tour la plupart des équipes considérées comme des concurrents directs. Sur le plan financier, la situation m'apparaît en revanche plus inquiétante. Car, en réalité, les Zèbres devront livrer deux combats: sur le terrain et dans les bureaux. Et, avec tous les procès qui se préparent, je crains que le second combat ne sera pas le plus facile à négocier. Je ne m'inquiète pas trop pour la licence: le club a l'air de s'organiser pour que tout soit en ordre à ce sujet. Mais il y a d'autres dettes, non fédérales et qui n'entrent pas en considération pour la licence, qui pourraient hypothéquer l'avenir. On parle beaucoup d'une possible revente de Chaudfontaine à Coca-Cola. Si Abbas Bayat se décide à injecter une partie des bénéfices de cette vente dans le club, cela pourrait être la bouée de sauvetage.Sur le plan financier, l'éclaircie pourrait aussi venir du travail phénoménal réalisé par Jean- JacquesCloquet. Mais le trou est très important. En dehors de ces deux personnes-là, je ne vois pas qui pourrait sortir le Sporting du gouffre. Mais je dois ajouter que, si le club en est là, c'est aussi parce que pendant deux ans, le président a fait trop confiance à des personnes qui n'en étaient pas dignes".Delangre: Brogno et la folieEtienneDelangre, ancienentraîneurduclub: "L'équipe actuelle n'a plus rien à voir avec celle du premier tour. Cinq nouveaux joueurs sont venus la renforcer. Et, curieusement, ce sont les types de joueurs que j'avais moi-même souhaités. Je ne dis pas que j'avais précisément demandé ces noms-là, mais j'avais notamment requis deux milieux de terrain -dont un relayeur- et un attaquant supplémentaire pour titiller les deux que j'avais à ma disposition. On m'avait répondu que l'équipe était suffisamment forte. Un autre entraîneur bénéficiera de ces renforts. D'une part, c'est frustrant. D'autre part, c'est la preuve que j'avais raison. Je ne prétends pas qu'il faut éternellement maintenir sa confiance à un entraîneur qui prend trop peu de points. Un choc psychologique peut parfois produire des effets bénéfiques, cela s'est vu en d'autres circonstances avec EmilioFerrera à Beveren et au RWDM. Mais Dante Brogno est-il l'homme de la situation? C'est une autre question. A son sujet, je tiens à mettre certaines choses au point car je n'apprécie guère d'avoir été sali comme je l'ai été. Il m'a reproché un manque de discipline et de professionnalisme. Il a déclaré que les joueurs pouvaient sortir sur le temps de midi, ce qui est faux. Il a remis mes options en cause, en déclarant qu'il fallait être fou pour faire jouer une équipe pareille avec un quatre arrière en ligne et pour aligner IbrahimKargbo, qui commet trop d'erreurs individuelles, en défense plutôt que dans l'entrejeu. Or, je constate qu'après un seul match avec une défense à cinq qui s'est soldé par une défaite 1-6, il est revenu au dispositif qui était le mien. Un entraîneur qui applique le dispositif d'un collègue qu'il a qualifié de fou, doit être encore plus fou que lui, non? Dante Brogno prétend qu'il a instauré la discipline dans le groupe parce que le président lui a imposé de séparer les joueurs à table et dans le vestiaire. Le président avait également essayé de m'imposer ces mesures, mais j'avais toujours refusé. Pour moi, ce n'est pas cela, être discipliné. Par ailleurs, mon successeur veut se faire passer pour le grand défenseur de la cause carolo alors que, quand j'étais entraîneur, il était le premier à applaudir lorsque l'équipe était battue. Personnellement, je n'ai jamais eu besoin d'aller distribuer des photos pour obtenir le soutien du club. Avant le match contre le GBA, il a exhorté ses joueurs à aller saluer les supporters... sans doute parce qu'il se doutait qu'après, cela n'aurait plus eu de sens. J'ai été remercié après avoir pris un point sur neuf... contre les trois premiers du classement. Sans des erreurs individuelles, nous aurions dû en prendre bien davantage. L'équipe n'était pas en crise, mais en progrès. J'avais connu la même situation à Sprimont. L'équipe était dernière à l'issue du premier tour, mais le président m'avait gardé sa confiance et nous avions terminé 9e. A Charleroi, cela ne s'est pas passé comme cela. Malheureusement pour moi, et peut-être aussi pour le club, car j'ai le sentiment que j'aurais pris plus de cinq points dans les six derniers matches aller.Oui, le Sporting a les moyens de se sauver. Il a la chance de participer à un championnat où la première équipe sauvée a pris très peu de points. Etre 16e sur 18 avec 12 points sur 51: j'ignore s'il existe un autre cas pareil dans le monde. Mais, lors du deuxième tour, des équipes du ventre mou vont commencer à se sentir démobilisées et vont lâcher des points là où on ne l'attend pas. Il faudra en tenir compte".Daniel Devos"Des grands noms gratuits ou pas cher, c'est impossible"