" Juste avant la qualification de Genk contre Anderlecht pour les quarts de finale de la Coupe de Belgique, on s'est rendu compte que cela frottait un peu entre René Vandereycken et son président Jos Vaessen. Est-ce si étonnant que ça ? Pour Vandereycken, Genk constituait un bon choix. C'est un club agréable, très passionné avec une superbe infrastructure. Il est irrégulier depuis son dernier titre mais c'est le quatrième grand club en Belgique et il possède un beau potentiel.
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" Juste avant la qualification de Genk contre Anderlecht pour les quarts de finale de la Coupe de Belgique, on s'est rendu compte que cela frottait un peu entre René Vandereycken et son président Jos Vaessen. Est-ce si étonnant que ça ? Pour Vandereycken, Genk constituait un bon choix. C'est un club agréable, très passionné avec une superbe infrastructure. Il est irrégulier depuis son dernier titre mais c'est le quatrième grand club en Belgique et il possède un beau potentiel. Mais si on se place du côté du club, enrôler Vandereycken pouvait sembler bizarre. On a toujours joué de manière assez spectaculaire là-bas et maintenant on engageait un coach têtu, qui communique mal et qui ne déroge jamais à ses principes ! De plus, il allait travailler avec le DT Ariel Jacobs qui est un formateur avant tout. René, lui, est un super pro, un rien cynique, qui vise les résultats directement... comme tous les vrais coaches vous allez me dire. Mais je trouve que la critique à son égard est parfois trop virulente. René n'est pas le roi de l'offensive mais il ne doit pas nécessairement être taxé de grand défensif. Bien sûr, la première mission de ses joueurs est de veiller à récupérer le ballon, mais une fois qu'on l'a, on peut être créatif et inspiré. Certains pensent que quand on est tellement dirigé comme joueur, c'est peut-être facile d'être inhibé... Cela dit, contre Anderlecht, ça rigolait avec les Orlando Engelaar, Tom Soetaers, Kevin Vandenbergh et Thomas Chatelle. Sans compter les Mirsad Beslija et Koen Daerden. Tout dépend toujours de l'animation du système évidemment, mais René sait ce qu'il veut : ne pas encaisser. Cela étant, je n'ai jamais entendu de joueurs se plaindre de lui car, s'il est exigeant sur le plan tactique, René protège également ses hommes avec la dernière énergie. Chez lui, tout est cadenassé. Quand on veut interviewer les joueurs à la mi-temps ou après le match, pas question. Il faut attendre qu'ils sortent des vestiaires après le debriefing. Pour René, tout doit toujours se passer à froid. C'est un peu excessif. Un vestiaire, ce n'est pas le Kremlin tout de même ! Quand on discute de foot avec lui hors caméras, il est sympa et parle beaucoup mais reste opaque. Il parle de principes en général mais ne citera jamais le nom d'un joueur dans ses explications. Ce qui est remarquable, aussi, c'est qu'il ne change jamais sa défense, sauf blessures ou suspensions, mais qu'il est plus changeant avec ses joueurs offensifs. C'est qu'il s'attend à ce que ses grognards comprennent toujours exactement ce qu'il veut. Il doit énormément préparer chaque match sur le plan tactique comme on l'a encore vu contre Anderlecht. Là, les Bruxellois ont souffert. Et non seulement d'avoir vu un aussi bon Tom Soetaers... que les Mauves n'ont pas voulu garder il y a quelques années. Et puis, il y a eu le grand pont avec talonnade de Chatelle. Superbe ! Alors, René est-il vraiment un entraîneur défensif ?"Avec Philippe Hereng, consultant à BeTv