" Il y a 50 ans, le 5 novembre 1961, un match de D1 se termina par des incidents graves. Ce jour-là, Alost recevait le Standard et la venue du géant liégeois attira la foule au stade Cornélis . La direction de cette rencontre fut confiée à un de nos ténors, Arthur Blavier . Originaire de Floreffe, près de Namur, il évolua dans les équipes d'âge du club de son patelin avant de se tourner vers l'arbitrage. Et à 20 ans, Blavier officiait déjà en D2. Je me souviens d'un homme en noir s...

" Il y a 50 ans, le 5 novembre 1961, un match de D1 se termina par des incidents graves. Ce jour-là, Alost recevait le Standard et la venue du géant liégeois attira la foule au stade Cornélis . La direction de cette rencontre fut confiée à un de nos ténors, Arthur Blavier . Originaire de Floreffe, près de Namur, il évolua dans les équipes d'âge du club de son patelin avant de se tourner vers l'arbitrage. Et à 20 ans, Blavier officiait déjà en D2. Je me souviens d'un homme en noir strict, autoritaire et connaissant le foot sur le bout des doigts. Alost-Standard ne devait poser aucun problème à cet arbitre international. Les Oignons étaient réputés depuis belle lurette pour leur carnaval et les masques tombèrent vite sur le terrain. Les Liégeois détenaient une grande équipe, championne de Belgique en titre et qui brillait aussi de mille feux en Coupe d'Europe. Alost décida de mettre le pied pour secouer solidement les vedettes adverses. Et cette équipe avait l'habitude de corser les débats, je vous l'assure. J'ai connu les frères Jan et Antoine Van Poelvoorde : quand ils rentraient dans le lard, ce n'était pas de la rigolade. Blavier leur montra le chemin du vestiaire avant d'en faire de même avec Mayama . Il ne restait que huit Alostois sur le terrain. Le stade s'était transformé en volcan même si le score était sans appel à ce moment-là : 0-3. Michel Verschueren était sur le banc d'Alost (où il était préparateur physique) et il vociférait aussi. Trois Alostois mimèrent des blessures et quittèrent le terrain. Faute de joueurs - il n'en restait plus que cinq - Blavier arrêta la comédie à deux minutes de la fin du temps réglementaire. Le pauvre arbitre fut menacé et protégé par la gendarmerie dans une véritable atmosphère d'émeute. Les sanctions fédérales tombèrent : 21 journées de suspension en tout pour les six Alostois qui quittèrent le jeu et deux matches à huis-clos. A Alost, Blavier est synonyme d'insulte et un livre fut même consacré à ces événements. Le titre ? Simple à trouver : La malédiction Blavier . Alost descendit en D2 mais il était stupide et injuste d'expliquer ses sucis par un arbitre. Ce club ne devait s'en prendre qu'à lui-même. Cela créa un climat anti-Blavier. Deux ans plus tard, il fut blessé par un tesson de bouteille lancé par un supporter d'Eisden après un match contre l'Union Saint-Gilloise soi-disant avantagée (il accorda deux penalties). En 1962, par contre, il officia sans problème sur les terrains de la Coupe du Monde au Chili. Rendons justice à Blavier : il reste un des plus grands arbitres de l'histoire du football belge. " PIERRE BILIC