Bruxelles-Moscou : trois heures de vol. Aéroport de Moscou-Hôtel Radisson : deux heures quarante de surplace. La Ligue des Champions, c'est la démesure. A l'image de cette ville de Moscou. Cinq millions de voitures qui vont toutes dans la même direction. L'aventure ne fait que commencer.
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Bruxelles-Moscou : trois heures de vol. Aéroport de Moscou-Hôtel Radisson : deux heures quarante de surplace. La Ligue des Champions, c'est la démesure. A l'image de cette ville de Moscou. Cinq millions de voitures qui vont toutes dans la même direction. L'aventure ne fait que commencer. Quand notre voiture floquée Champions League s'arrête devant l'hôtel, les flashes crépitent. Ils sont 200 à avoir bravé les -10 degrés pour apercevoir leurs idoles. On se dit qu'ils vont être déçus. Et bien non. Quand on ouvre la portière, on perçoit distinctement des : " Bitivi, Bitivi ". Wouaw ! Mbo Mpenza me dit qu'en russe, Bitivi veut dire " grand guide vers la révolution du numérique ". Pas de doute la Russie est bien en marche vers l'éveil. On marche maintenant dans le hall de l'hôtel aussi grand que la place Rouge. Après 20 minutes, on trouve la réception. Puis, enfin, direction nos chambres. Les surprises continuent. Les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Un petit blond en nage nous accueille. Emilio Butragueño. Il dégouline. " Ça va pas Emilio ? T'es malade ? T'as peur du CSKA ?". " Non, je viens d'aller courir une heure. Mon corps en a besoin ". Sur ce, good nigth guy's. La classe, c'est à vie. Sur les terrains et en dehors. Après une douce nuit bercée par une belle tempête de neige, l'autre classieux qu'est Mbo me propose un petit tour dans la salle de fitness. Aussi grande que l'autre Grand-Place, celle de Bruxelles. Sur l'un des 70 tapis roulants, une allure qui me dit quelque chose. Pas le temps de tilter : ZinédineZidane fait son footing. Mbo va lui dire bonjour. Ils parlent de leurs affrontements et des matches joués ensemble pour des £uvres de bienfaisance. Moi, je rappelle à Dieu que j'ai commenté nombre de ses matches. " Je m'en souviens. Tu disais toujours que je transpirais beaucoup ". " J'avais pas tort Zizou, regarde encore dans quel état tu es ". Il a mis le tapis sur 12 km/h. Ça dégouline. À côté du tapis, deux femmes d'ouvrage avec des seaux. Elles récupèrent la sueur pour éviter l'inondation mais aussi pour se faire un treizième mois. Elles revendront l'élixir : Eau bénite par St. Zizou. Ça vaut son pesant de roubles. Il est temps de se rendre au stade. Le surréalisme continue. A 100 mètres de l'entrée principale, un tremplin de saut à skis. Sûr que, ce soir, le ballon arrivera par les airs. Impressionnant le stade Luzhniki, mais souvent vide. Pas ce soir. Ils seront 75.000. C'est soir de gala. Le Real, lui, a l'air bien dans sa peau. Finies les taupes de vestiaires. Tant mieux parce que ce soir avec -10° et une pelouse synthétique, elles avaient peu de chance d'être sur le terrain. Un terrain que les Madrilènes viennent voir une heure avant le match. Emmitouflés dans des anoraks avec bonnets, gants et écharpes. Tous sauf un : José Mourinho sort en... t-shirt. Manches longues, certes mais par -10° quand même. Y a comme un message pour ses joueurs. Parmi les anoraks, Zizou qui nous explique qu'il sera ce soir sur... le banc. Il a oublié son costume du club et ne veut pas aller en tribune officielle en training. L'élégance est éternelle. Puis c'est le match qui semble éternel. Ronaldo a marqué et le Real gère sans trop reculer. Mou avait mis du muscle mais gros coup de mou à quelques secondes de la fin. Egalisation : José est fâché, on n'aura pas notre interview. Il en fera quatre. Les deux tv espagnoles, normal. La Russe, normal. Et Al-Jazira, les plus riches donc...normal. C'est une organisation UEFA faut pas l'oublier. Le responsable presse stresse car on le presse. Désolé les gars mais vous l'aurez au match retour. Rendez-vous est pris. Mourinho a ses humeurs. Il est Special mais reste un humain. On l'avait presque oublié. On quitte Moscou la blanche enneigée, on se retrouve dans 15 jours dans la Maison blanche enchantée. Tous les Madrilènes sont emmitouflés dans des anoraks avec bonnets, gants et écharpes sauf un : Mourinho sort en... t-shirt.