Les fusions sont dans l'air du temps et pourtant elles n'ont pas la cote. Il faut bien l'avouer, les exemples de réussite dans les séries supérieures sont rares. Si l'on jette un coup d'£il sur le classement de la D3B au terme de la 16e journée, on pourrait penser que le FC Tournai, né du rapprochement entre l'Union et le Racing en 2002, ne constitue pas, lui non plus, un cas positif.
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Les fusions sont dans l'air du temps et pourtant elles n'ont pas la cote. Il faut bien l'avouer, les exemples de réussite dans les séries supérieures sont rares. Si l'on jette un coup d'£il sur le classement de la D3B au terme de la 16e journée, on pourrait penser que le FC Tournai, né du rapprochement entre l'Union et le Racing en 2002, ne constitue pas, lui non plus, un cas positif. " Les chiffres sont là : nous sommes derniers du classement mais ce n'est pas une raison pour tout remettre en question ", coupe immédiatement Christian Massy, qui est non seulement le président du club mais également le bourgmestre de la ville. " Qu'on le veuille ou non, cette fusion était indispensable. Je ne suis pas suspect puisque je n'étais pas en campagne en vue des élections communales de 2000 quand l'idée a été lancée. Et c'est parce que je n'étais impliqué dans aucun des deux anciens clubs, que l'on m'a proposé le poste de président que j'ai accepté. Après le scrutin communal, j'ai fait un tour de l'entité qui est composée du centre-ville et de 29 villages. Lors de ces trente rencontres citoyennes, un dénominateur commun est apparu : les gens voulaient cette fusion. Pour eux, la ville de Tournai, qui compte 68.000 habitants et que l'on désigne comme la capitale du Hainaut occidental, mérite une plus grande visibilité et, au niveau du football, il valait mieux avoir un bon club que deux en situation précaire ". Christian Massy a donc promis la fusion à ses électeurs, un stade digne de ce nom et la D2 à brève échéance : " Ce sont effectivement les trois objectifs que je m'étais fixés lors de mon arrivée à la tête du club en 2002. Comme au terme de la saison 2001-2002, l'Union avait décroché le titre en Promotion A, le moment était propice à la fusion. Il fallait profiter de ce nouvel élan. Le premier pari relevé, je me suis attaqué au projet du nouveau stade. La première pierre a été posée le 4 janvier 2003 et fin septembre dernier, le stade Luc Varenne était inauguré. Nous n'avons donc pas traîné mais il ne faut pas se voiler la face : c'était aussi une obligation. D'un côté, nous avions besoin du terrain de l'Union pour permettre l'extension du centre hospitalier régional ; de l'autre côté, les installations du Racing, qui s'était maintenu en Promotion, n'étaient pas conformes aux nouvelles normes ". Ces paris sont plus faciles à relever quand le président du club est également le premier citoyen de la ville. Car pour assurer une certaine popularité auprès de son électorat, il faut maintenir ses promesses Massy : " C'est indéniable que de mener une telle entreprise à bien accroît le crédit de l'homme politique, mais il est important de faire la part des choses. Il n'est pas question que la Ville soutienne le club sans discernement. C'est pour cela que nous avons créé une régie communale autonome. Pas question que le personnel communal soit mis au service du club en lieu et place d'effectuer le travail pour lequel il est officiellement désigné. Le club doit être structuré de manière à garantir sa rentabilité. C'est un mot que je n'aime pas prononcer mais c'est celui qui est le plus approprié. C'est pour cela que mon troisième objectif est la D2 et pas la D1. Il faut rester humble. Etre conscient que nous sommes à proximité de clubs comme Mouscron, La Louvière et Mons. Cela doit nous inciter à rester à une place plus modeste. En tout cas pour le moment car si l'on n'a pas d'ambition, on peut abandonner ". Après une bonne saison soldée par une sixième place et invaincu sur son terrain, le FC Tournai n'a pas persévéré. La montée, du moins par la voie directe, c'est fini. Claude Verspaille, l'entraîneur, a été remercié et remplacé par Marc Wuyts et Mauro Tognelli, le directeur sportif, a laissé la place à son adjoint le 1er janvier : Jean-Claude Vandevenne, qui s'occupe désormais des transferts. Pour expliquer les mauvais résultats de son équipe, Claude Verspaille a prétendu qu'il n'avait pas été associé au recrutement et qu'il n'a pas été tenu compte de ses desiderata. Massy : " Pas facile de prendre partie dans un tel débat. Il ne faut pas oublier le bon travail effectué jusque-là par l'entraîneur et par le directeur sportif, qui était l'homme orchestre de l'Union. Quand on a des problèmes, on essaye de trouver des solutions. Ce qui est sûr c'est que le courant ne passait plus entre les deux hommes. Nous nous sommes séparés de Claude Verspaille et comme Mauro Tognelli allait nous quitter en fin de saison, nous ne lui avons plus accordé de nouvelle mission. En tout cas, il y a un excédent dans le noyau avec plus de 30 joueurs sous contrat ". Tous ces changements ainsi que l'acquisition de renforts, alors que le nombre de footballeurs est déjà fort élevé, ne risquent-ils pas de causer des problèmes au niveau de la trésorerie ? " Non, mis à part l'entraîneur, qui bénéficie d'une certaine rémunération, les autres postes ne causeront aucune difficulté. Sur le plan financier, le club est sain et peut donc affronter cette situation avec sérénité même s'il faut absolument songer à dégrossir le noyau ". Le fait de ne pas avoir versé de nombreuses primes de victoire a quand même un aspect positif... Nicolas RibaudoMASSY VISE LA D2 : " Sans ambition, on peut abandonner "