La vie recommence à 30 ans, c'est que doit se dire JonahLomu, le plus célèbre et dévastant joueur de l'histoire du rugby. Après avoir combattu la maladie (néphrite rénale), les dialyses et la transplantation d'un rein, il a refait son apparition sur un terrain à Calvisano, en Italie. Pour la première fois, il a été titularisé sous le maillot des Cardiff Blues (Pays de Galles) à l'occasion de la troisième journée de la Heineken Cup, la Ligue des Champions ovale.
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La vie recommence à 30 ans, c'est que doit se dire JonahLomu, le plus célèbre et dévastant joueur de l'histoire du rugby. Après avoir combattu la maladie (néphrite rénale), les dialyses et la transplantation d'un rein, il a refait son apparition sur un terrain à Calvisano, en Italie. Pour la première fois, il a été titularisé sous le maillot des Cardiff Blues (Pays de Galles) à l'occasion de la troisième journée de la Heineken Cup, la Ligue des Champions ovale. Un événement : l'ex-ailier des All Black, premier phénomène médiatique du rugby mondial, n'avait plus disputé de match officiel depuis le 9 août 2003 avec Wellington, en championnat des provinces néo-zélandaises. Le 6 juin, il avait passé la première d'une série de dialyses hebdomadaires rendues nécessaires par une forme aiguë d'inflammation rénale, Mais s'il ne voulait pas se retrouver dans une chaise roulante, une greffe du rein était indispensable. Le colosse d'Auckland, qui malgré son 1,96 m, ses 125 kg et ses 116. cm de tour de thorax couvrait le 100 mètres en 10 secondes 98, éprouvait un mal fou à marcher. L'opération a eu lieu fin juillet 2004 à l'hôpital civil d'Auckland. Depuis lors, on n'aura noté qu'une simple apparition le 4 juin dernier lors du match d'adieu du capitaine de l'équipe d'Angleterre, MartinJohnson. En octobre, arriva l'annonce de son prêt au Cardiff Blues, avec lequel il devait terminer la saison européenne afin d'y retrouver son niveau avant de retourner dans le club néo-zélandais avec lequel il est sous contrat, North Harbour. Lomu aura dû patienter deux mois avant de disputer sa première rencontre avec les Blues, une blessure à l'épaule l'ayant obligé à reporter son retour à la compétition. L'homme des premiers contrats millionnaires du rugby, la superstar des Coupes du Monde 1995 et 1999, ne s'est pas ménagé pour son retour à la compétition. Pour les champions d'Italie, le joueur numéro 11 était redevenu la terreur de ses adversaires alors que lui-même estimait que le nouveau Lomu ne valait encore que 80 à 85 % de l'ancien. Vu que la vitesse était le meilleur atout de son jeu, il s'est entraîné dur pour la retrouver. Il a pris contact avec l'ex-sprinter champion olympique LinfordChristie, qui l'a mis en rapport avec un autre sprinter britannique réputé, DarrenCampbell. L'objectif de Lomu est de reconquérir le maillot des All Black en vue de la Coupe du Monde 2007. Les médecins qui l'ont opéré ont assuré qu'il n'y avait aucune contre-indication, même pas les coups inhérents à la discipline qu'il recevra. Par mesure de sécurité, ils ont placé le rein plus haut que sa position habituelle afin qu'il soit protégé par la cage thoracique. Né à Auckland, Lomu a été élevé dans la banlieue sud, celle où la castagne fait partie intégrante du savoir-vivre. Le samedi, il jouait au rugby à 15 parce que les matches de rugby à 13 se déroulaient le dimanche et qu'il préférait aller à l'église. Il aura fallu la mort d'un de ses oncles, tué à coups de machette en 1990, pour qu'il quitte Auckland. Sa mère l'envoie au Wesley College, à 30 km au sud, où le port de la cravate est obligatoire. Le sport, l'athlétisme en particulier, l'aide à évacuer toute la haine qu'il avait en lui. Après deux ans, il a repris le rugby. Il ne songeait pas à une sélection avec les All Black, pourtant il deviendra, le 26 juin 1994, le plus jeune joueur à endosser la célèbre tenue noire. La légende est en route. La semaine qui précède la finale de la Coupe du Monde 95 contre l'Afrique du Sud, la filiale sud-africaine de la compagnie pétrolière Shell annonce qu'elle versera 1.600 euros au fonds de développement du rugby chaque fois que Lomu sera plaqué au sol par un Springbok : en Nouvelle-Zélande, les pompes de la firme ont été boycottées. En 1996, on décèle un dysfonctionnement rénal. Cela ne l'empêche pas de continuer sa carrière. Alors que la fédération allouait une somme oscillant entre 100 et 150.000 euros par an à un All Black, les revenus de Lomu, jusque fin 2003, étaient estimés à 460.000 euros par an. Comme on ne lui en proposait plus que 25.000, Lomu a stoppé le compteur à 63 test-matches agrémentés de 37 essais, sa dernière apparition remontant au 23 novembre 2002 au Millenium de Cardiff, ville où il a débuté sa deuxième vie. NICOLAS RIBAUDO