C'est samedi prochain que l'Excelsior Mouscron se déplacera au Germinal Beerschot afin de boucler le premier tour du championnat. Une date que MarcBrys avait cochée dans son agenda dès la parution du calendrier. " Je ne cache pas que ce sera un match spécial pour moi ", reconnaît-il. " Même si j'ai tourné la page, je ne peux pas oublier que j'ai passé quatre années là-bas. Je ressentirai sans doute une émotion particulière en pénétrant dans le stade du Kiel ".
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C'est samedi prochain que l'Excelsior Mouscron se déplacera au Germinal Beerschot afin de boucler le premier tour du championnat. Une date que MarcBrys avait cochée dans son agenda dès la parution du calendrier. " Je ne cache pas que ce sera un match spécial pour moi ", reconnaît-il. " Même si j'ai tourné la page, je ne peux pas oublier que j'ai passé quatre années là-bas. Je ressentirai sans doute une émotion particulière en pénétrant dans le stade du Kiel ". Brys y a passé de bons moments, mais d'autres beaucoup moins agréables. " Je considère toujours que ma première saison fut la meilleure. Il fallait se débrouiller avec un budget très réduit et d'aucuns avaient cité le Germinal Beerschot comme candidat à la relégation. J'étais encore un entraîneur méconnu puisque j'effectuais mes débuts en D1. Les joueurs manquaient de planches, mais formaient un groupe très réceptif et très volontaire. J'ai eu la chance de pouvoir compter sur deux vrais leaders : CarlHoefkens et FilipHaagdoren. Avec un effectif qualitativement limité, on a terminé à la 7e place : un véritable exploit. Ma deuxième saison fut bizarre. Elle avait commencé sous d'excellents auspices, mais à un moment donné, on n'a plus pris beaucoup de points. J'ai réussi à inverser la tendance en changeant de système de jeu : du 4-4-2, je suis passé au 3-5-2 (qui était souvent un 5-3-2 au départ). A partir de ce moment, cela a été beaucoup mieux. On a battu presque tout le monde, y compris Anderlecht, et la saison s'est terminée en apothéose avec la victoire en Coupe de Belgique. Je me souviens encore de la date : le 28 mai 2005. Ce fut une grande fête pour tous les supporters. Certains avaient organisé le déplacement en... bateau jusqu'au port de Bruxelles. On a battu le Club Bruges qui, en championnat, nous avait infligé une véritable punition : 6-0 ! On a forgé d'autres exploits, comme cette victoire 0-4 à l'Antwerp. Lorsqu'on connaît la rivalité entre les deux clubs de la ville, on devine le retentissement que ce résultat a engendré. A l'inverse, le point le plus noir s'est situé la saison dernière. On s'est fait rejoindre à la marque 1-1 par Charleroi qui avait été réduit à... huit. La mauvaise humeur s'est installée. Les critiques des supporters font partie du football et je peux facilement accepter que des sifflets partent des tribunes lorsque les spectateurs ne sont pas satisfaits. Par contre, se faire insulter lorsqu'on se rend dans un magasin en compagnie de son épouse, c'est moins drôle ". Ce genre de réaction n'a pas surpris Brys. " Je connais bien la mentalité des Anversois, puisque j'en suis un moi-même : je suis né à 500 mètres du Kiel. Là-bas, on pense toujours qu'on est le meilleur. On en veut toujours plus. Quand on gagne, cela ne suffit pas : il faut gagner de façon spectaculaire. Un but simple ne suffit pas non plus : il faut marquer d'une talonnade, d'un rétro ou d'une bicyclette. L'attente est toujours très élevée, et lorsqu'on n'y arrive pas, les critiques fusent. Elles sont souvent très cyniques ". A Mouscron, Brys a découvert une mentalité bien différente. " Les gens sont beaucoup plus chaleureux. Cela n'empêche pas les supporters de réagir également lorsque cela ne tourne pas. Après le partage concédé en fin de match contre le Brussels, des sifflets ont aussi fusé des tribunes. C'est logique : les supporters étaient déçus et ils ont exprimé leur déception. Moi aussi, j'étais déçu, mais que pouvais-je faire ? Je ne pouvais pas marquer à la place de mes joueurs ! "Après un début de saison tonitruant, Mouscron se trouve dans le creux de la vague. S'il est vrai qu'on reconnaît les grands entraîneurs à leur capacité à remettre le train sur les rails, Brys est confronté à un fameux défi. " J'estime qu'on a déjà commencé à remonter la pente. A mes yeux, on a touché le fond lorsqu'on a affronté Dender et le Standard. Cela peut paraître paradoxal pour certains, car on a pris quatre points sur six dans ces deux matches, mais on ne peut pas uniquement se fier aux chiffres. On a gagné 0-3 chez les néo-promus, mais on n'a pas bien joué du tout. On a arraché un point contre les Rouches, mais il faut reconnaître qu'on a été balayés. Ensuite, on a également très mal joué durant la première mi-temps à Zulte Waregem, mais en deuxième mi-temps, on avait dominé les débats alors qu'on était réduit à dix. C'est là qu'on a amorcé notre remontée, mais elle ne s'est pas concrétisée dans les chiffres. Contre le Brussels, on s'est créé 11 occasions. Cela signifie qu'il y avait du mouvement et de la créativité dans l'équipe. Mais on a péché à la conclusion. Comme cela avait déjà été le cas à Courtrai, en Coupe de Belgique ". Travaille-t-on différemment lorsqu'il faut sortir l'équipe d'une mauvaise passe ? " J'évite de bourrer le crâne des joueurs avec trop de conseils tactiques. Je diminue la longueur des entraînements. Je varie les plaisirs, en organisant des tournois de volley, de basket ou de bowling, pour que les joueurs puissent se changer les idées. J'organise des activités plus ludiques. Je parle un peu plus avec certains joueurs : ceux qui ont besoin de retrouver confiance, par exemple. Je mets l'accent sur leurs qualités davantage que sur leurs défauts. J'essaie également de retrouver un collectif, car il ne faut pas oublier qu'en début de saison, c'est le collectif qui nous a souvent permis d'émerger ". L'absence de BertinTomou s'est fait ressentir, tout comme la méforme de certains joueurs-clefs et... l'état déplorable du terrain. " Autrefois, Mouscron était réputé pour avoir la meilleure pelouse du pays ", se souvient Brys. " L'adversaire était tout heureux de pouvoir jouer sur un tel billard. Aujourd'hui, la pelouse n'a plus de billard que le nom. J'ignore si c'est lié au fait que la Ville a pris ses distances vis-à-vis du club. C'est peut-être aussi lié aux conditions climatiques très pluvieuses que l'on a connues récemment, car le terrain d'entraînement n'est pas dans un meilleur état ". En début de saison, l'Excelsior se caractérisait par un effectif pléthorique. On disait le groupe trop nombreux pour jouer un seul match par semaine. Depuis, les blessures et les suspensions ont fait des ravages. Et Brys constate qu'il est difficile de se passer simultanément de Tomou (blessé) et d' AdnanCustovic (suspendu). " On a beaucoup de joueurs de même niveau, mais certains ont pris une importance accrue ". D'autant que les joueurs de la deuxième ligne éprouvent de grosses difficultés à marquer. " Et pourtant, ils me prouvent tous les jours à l'entraînement qu'ils en sont capables. Mais le contexte est différent ". A l'exception de JérémySapina, et dans une moindre mesure de MustaphaOussalah dont c'est le retour, les transferts de l'été n'ont pas été des réussites. La politique espagnole est même carrément un fiasco. Si CarlosCoto a laissé entrevoir de belles dispositions, les autres n'ont pas voix au chapitre. " On avait prévu que Coto connaîtrait des hauts et des bas ", affirme Brys. " Il n'a que 19 ans, c'est sa première saison en D1 et on y joue différemment qu'en Juniors ou en Réserve. Mais on voit qu'il a énormément de qualités. Il a déjà beaucoup progressé dans son repositionnement en perte de balle et il joue plus intelligemment qu'au début, mais il manque un peu de réussite. MiguelPalencia se rapproche à grands pas de l'équipe Première. Il avait peut-être pensé qu'il s'imposerait plus facilement en D1 belge, mais il a été freiné par une blessure. Berna, qui a subi une grave opération en fin de saison dernière, est toujours en phase de rééducation. Quant à Jacobo, on a découvert un trou dans son genou : il est retourné en Espagne pour se faire opérer ". Le jeune attaquant français AlexisAllart éprouve également des difficultés à s'imposer. " Il travaille d'arrache-pied avec le préparateur physique BernardDecabooter. Il a déjà pris trois ou quatre kilos de muscles par rapport au début de saison. Mais il a aussi été un peu victime du système de jeu. Il a besoin de liberté et est surtout à l'aise dans un 4-4-2 ". Le médian croate DrazenGovic, annoncé comme une version améliorée de TonciMartic, n'a pas convaincu. Malgré tout, les joueurs en test continuent à se succéder au Canonnier. " La semaine dernière, on a accueilli deux jeunes. Pas dans l'optique d'un engagement immédiat, mais surtout en fonction de l'avenir. Il faut être prévoyant et saisir les bonnes opportunités lorsqu'elles se présentent. D'autant que certains joueurs arrivent en fin de contrat, il faut aussi en tenir compte. Je ne pense pas qu'on réalisera beaucoup de transferts durant le mercato ; on n'en a pas vraiment besoin ". Pour Brys, le bilan après six mois de travail à Mouscron est plutôt satisfaisant. " Je me réjouis du travail qui a été effectué jusqu'à présent. Je dispose d'un groupe très réceptif, dont la mentalité est très positive. Par contre, les joueurs n'ont pas aussi faim que ceux que j'avais eus sous mes ordres au Germinal Beerschot. Tout le monde était très content du début de saison, où l'on a beaucoup parlé en bien de Mouscron, mais la faim n'était pas assez grande pour essayer de viser plus haut encore ". L'objectif du début de saison était la colonne de gauche. Il est toujours réalisable. Brys avait aussi fixé un objectif pour la mi-saison : la barre des 27 points. Les deux points perdus contre le Brussels l'ont rendu difficile à atteindre. Et le déplacement de samedi, chez une équipe en forme, ne s'annonce pas comme une partie de plaisir. Brys est-il étonné par cette période faste que traverse son ancienne équipe ? " Je constate surtout qu'elle a commencé à gagner lorsqu'elle a changé de système de jeu. En début de saison, le Germinal Beerschot a essayé de jouer de façon offensive, mais cela n'a pas porté ses fruits. Aujourd'hui, il joue en 5-3-2, parfois avec un libero. Depuis lors, il se révèle quasiment intraitable. Et dire que l'on m'a traité d'entraîneur défensif lorsque je travaillais au Kiel ". par daniel devos -photos: reporters