L'Excelsior Mouscron n'est pas au mieux. Et, logiquement, son entraîneur se retrouve en première ligne alors que certains tirent à boulets rouges sur le club. Il se défend.
...

L'Excelsior Mouscron n'est pas au mieux. Et, logiquement, son entraîneur se retrouve en première ligne alors que certains tirent à boulets rouges sur le club. Il se défend. Geert Broeckaert : Je le reconnais volontiers. A notre décharge, il faut souligner que la commission du calendrier ne nous avait pas gâtés en début de saison, avec des déplacements à Bruges, Charleroi et Anderlecht et des matches à domicile contre Lokeren et Westerlo qui n'avaient rien d'une sinécure non plus. C'était prévu dans le tableau de marche qu'on n'aurait pas beaucoup de points après cinq journées. Par contre, je n'imaginais pas revenir bredouille du Cercle Bruges. On s'est créé de nombreuses occasions au stade Jan Breydel, mais sans parvenir à propulser le ballon au fond des filets. Là, je vous arrête : Zulte Waregem n'est pas un concurrent direct. Les néo-promus possèdent plusieurs joueurs semi-professionnels mais ne seront pas concernés par la lutte contre la relégation. Ils occupent la 4e place au classement et ont donné du fil à retordre à toutes les équipes. J'avais, c'est vrai, espéré une série positive à l'occasion de nos trois matches face à La Louvière, au Cercle et au GBA : si pas 9 sur 9, au moins 7 sur 9. On aura, au maximum, 6 sur 9, à condition de gagner samedi prochain. La pression va s'accentuer. Je ne peux pas me plaindre des qualités footballistiques des joueurs transférés. Individuellement, ils ont tous un certain talent. Mais le résultat, c'est qu'aujourd'hui, à Mouscron, on a de bons joueurs mais pas de collectif. Je m'en moque. Je ne suis pas carriériste et je ne recherche aucune gloriole personnelle. J'ai accepté, en février, de devenir l'entraîneur de l'équipe Première parce que Jean-Pierre Detremmerie me l'avait demandé. Après avoir assuré le maintien, le bourgmestre m'a proposé de rester. J'ai accepté de rempiler pour une saison pour assurer une certaine forme de continuité. Imaginons qu'on aurait engagé un entraîneur extérieur : Emilio Ferrera ou un autre, quelqu'un qui ne connaît pas la maison et qui n'est pas imprégné de la mentalité mouscronnoise. Le club aurait encore davantage perdu son identité. Je fais le maximum, mais ma tâche est très compliquée. C'est peut-être un cliché, mais on ne peut pas acheter une équipe : on doit la construire et cela prend du temps. Regardez Bruges : alors que les Flandriens ne doivent intégrer que cinq nouveaux joueurs, ils ne retrouvent plus leurs automatismes. Moi, je dois en intégrer douze. L'an passé, Mons a commis l'erreur de se débarrasser d'une douzaine de joueurs pour en acheter douze autres et cela a conduit les Dragons en D2. Cette saison, La Louvière a également renouvelé son effectif à 95 %, et regardez où se trouvent les Loups. A Mouscron, on est tombé dans le même piège. S'il y a une leçon à retenir, c'est celle-là : à l'avenir, il ne faudra plus jamais transférer 12 joueurs en même temps. Je me le demande. Louf a certainement agi avec une bonne intention. Il a fait ce que le club lui a demandé : réduire la masse salariale, reconstruire une équipe avec un budget revu à la baisse. Mais était-ce nécessaire de tout changer ? N'aurait-il pas mieux valu garder une base ? A-t-on réellement essayé de conserver des joueurs comme Koen De Vleeschauwer et Samir Beloufa ? A mon avis, il y avait moyen de présenter une équipe valable en réalisant quatre ou cinq transferts ciblés. Douze, ce n'était pas nécessaire. J'aurais sans doute, à un moment donné, dû dire : - Stop !Désormais, onsedébrouilleraaveclesjoueursquel'onpossèdedéjà ! Mais Louf continuait à me demander : - De quoi as-tu encore besoin ? D'accord, je vais chercher ! Et quelques jours plus tard, il me ramenait un nouveau joueur. Tout a sans doute dû aller trop vite, aussi. Dans certains cas, on n'a pas pris le temps de tout examiner et on a parfois acheté un chat dans un sac. Chacun s'accorde à reconnaître que Patrice Luzi est un très bon gardien. Mais on l'a fait venir en test et on a pu le juger de visu. Pour d'autres, on s'est référé à des cassettes ou à la parole d'un manager. Or, vous savez comme moi qu'en effectuant un montage soigné sur une cassette vidéo, on peut présenter n'importe quel joueur du championnat de Belgique comme un footballeur de classe mondiale. Et que, si vous dites à un manager que vous avez besoin d'un arrière droit, il vous répondra : - Bien sûr, Monsieur, je peux vous trouver cela ! On a sans doute commis l'erreur, également, de ne pas analyser suffisamment le caractère des joueurs que l'on envisageait d'acquérir. Pour donner un exemple : lors du stage à Spa, l'arrière gauche croate Stipe Lupic avait été invité en test. Je me suis directement aperçu qu'il avait les qualités requises, que c'était un travailleur et qu'il s'intégrait très bien dans le groupe. Mais on l'a libéré et on a engagé Suad Filekovic, beaucoup plus renfermé. Je ne prétends pas détenir la science infuse. Si mon directeur général m'affirme qu'il a trouvé meilleur, je lui fais confiance. Filekovic m'a été présenté comme un international slovène. Il devait donc avoir des qualités. Aujourd'hui, je découvre qu'il n'est pas un international confirmé de longue date, qu'il a seulement été sélectionné depuis quelques mois. Roland Louf m'a présenté Hatchi comme étant meilleur que De Vleeschauwer et Grimaldi comme étant meilleur que Beloufa. Je me suis dit : -Chic, si c'est le cas, on aura vraiment une très bonne équipe ! Mais, du bureau au terrain, il y a parfois de la marge. Si, cela m'a fait mal. J'ai toujours effectué la sélection moi-même. De ce point de vue-là, pas de problème. J'aurais pu aligner Daan Van Gyseghem plus souvent. Mais ce n'est peut-être pas lui rendre service de le jeter dans la fosse aux lions à 17 ans. Yassine Benajiba est un peu victime du retour de Steve Dugardein. J'ai dû choisir entre Yassine et Patrice Noukeu, qui a l'avantage d'avoir un meilleur jeu de tête, bien utile lorsqu'on connaît l'importance des phases arrêtées. Cela n'a rien à voir avec le départ de Roland Louf. C'est dû au fait que je commence seulement à bien connaître tous mes nouveaux joueurs. Je découvre leur mentalité, leurs qualités et les défauts. Je me demande si Kevin Hatchi est bien l'arrière droit que l'on m'avait décrit. Défensivement, il est costaud, mais il ne déborde pas et ne centre pas. Il ne représente donc pas la solution idéale pour remplacer De Vleeschauwer. J'ai donc sondé d'autres pistes. Jean-Philippe Charlet est souvent décrié par les supporters et il commet encore des erreurs de jeunesse, mais il arpente son flanc sans discontinuer et possède un bon centre. Dans l'axe, Geoffray Toyes et Sébastien Grimaldi ont tous les deux besoin d'avoir un joueur rapide à leurs côtés. Oli compense son manque de vitesse par son placement et son expérience. Il a aussi l'avantage de connaître le championnat de Belgique comme sa poche. Ce type de joueur manque terriblement dans mon effectif. Pour donner un exemple : lors du déplacement à Anderlecht, j'ai demandé à l'un de mes défenseurs, que je ne citerai pas, s'il connaissait Mbo Mpenza. Il m'a répondu : - Non ! C'est un gros handicap. Je manque aussi de joueurs qui sont des leaders naturels sur le terrain comme dans les vestiaires. Oli est de ceux-là, c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai insisté afin qu'on le garde. Pourquoi ne chercherait-on pas, à l'avenir, à rétablir un équilibre entre joueurs francophones, flamands et étrangers ? C'est ce qui faisait la force de Mouscron, autrefois. Et puis, des joueurs de Wevelgem ou de Poperinge, cela attire du public et des sponsors... DANIEL DEVOS" on a commis la même erreur que mons et la louviÈre "