Daniel Van Buyten (27 ans) est en congé jusqu'au début du mois de juillet grâce à une erreur administrative des dirigeants de Hambourg... Ses patrons pensaient que les Diables Rouges disputaient encore un match éliminatoire mercredi dernier, comme pas mal de sélections européennes, après leur déplacement en Serbie & Monténégro. Pour fixer le planning de reprise de leur géant belge, ils ont donc tenu compte d'un match le 8 juin. Tant pis pour eux, cette méconnaissance du calendrier des Belges offre quelques jours de repos supplémentaires à Van Buyten. " Ils ont beau essayer de m'appeler pour que je reprenne plus tôt : je ne décroche pas ", se marre le joueur.
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Daniel Van Buyten (27 ans) est en congé jusqu'au début du mois de juillet grâce à une erreur administrative des dirigeants de Hambourg... Ses patrons pensaient que les Diables Rouges disputaient encore un match éliminatoire mercredi dernier, comme pas mal de sélections européennes, après leur déplacement en Serbie & Monténégro. Pour fixer le planning de reprise de leur géant belge, ils ont donc tenu compte d'un match le 8 juin. Tant pis pour eux, cette méconnaissance du calendrier des Belges offre quelques jours de repos supplémentaires à Van Buyten. " Ils ont beau essayer de m'appeler pour que je reprenne plus tôt : je ne décroche pas ", se marre le joueur. Daniel Van Buyten se ressource en famille après une saison bien pleine. Qui lui laisse toutefois un petit goût de trop peu. Daniel Van Buyten : J'ai souvent figuré dans l'équipe type de la Bundesliga et je suis le seul joueur de champ à ne pas avoir raté une seule minute en championnat. Sur un plan purement personnel, je ne peux donc être que satisfait. Tout s'est bien passé pour moi du début à la fin. J'avais directement trouvé mes marques et je suis toujours resté dans le coup. En Allemagne, on n'est suspendu qu'après cinq cartes jaunes. Je n'en ai pris que quatre sur toute la saison. Je privilégie toujours les solutions correctes, je n'ai jamais été un joueur méchant et ce n'est pas mon style de prendre des cartes stupides pour avoir craché ou avoir insulté un arbitre. Quand je vois des joueurs qui se font avertir parce qu'ils ont applaudi ironiquement le referee, je ne comprends pas bien. C'est si ridicule ! Oui, ce fut moins brillant sur un plan collectif avec cette huitième place finale. Le club visait une qualification pour la Coupe de l'UEFA et nous devons nous contenter de l'Intertoto. Pendant quelques semaines, il a pourtant été question de la Ligue des Champions : malgré notre départ catastrophique et notre dernière place après huit journées, nous nous étions remis complètement en course. Nous sommes remontés à deux points de la deuxième place, et à six journées de la fin, nous n'étions toujours qu'à un point de la Ligue des Champions. Il faut toutefois être honnête et reconnaître que notre groupe n'avait pas assez de qualités pour jouer dans cette cour-là, par rapport aux noyaux du Bayern, de Schalke 04, de Brême, du Hertha Berlin ou de Stuttgart. Mais nous y avons quand même cru et c'est pour ça que le résultat final fait mal. Nous avons tout donné pendant plusieurs mois, Hambourg gagnait beaucoup de matches, faisait des nuls et ne perdait pratiquement plus jamais. Cette remontée nous a coûté une énergie physique et mentale terrible. En fin de parcours, il n'y avait plus guère de fraîcheur dans le groupe, surtout chez les médians offensifs et les attaquants. Ils étaient cuits, calcinés, et toute l'équipe a finalement craqué. Défensivement, nous étions encore meilleurs qu'à l'époque où les bons résultats s'enchaînaient, mais nous ne parvenions plus à marquer. Il y avait un gros blocage dès que le ballon arrivait à 20 mètres du but adverse. Je pense aussi que la campagne d'Intertoto de l'été 2004 a produit ses effets négatifs dans la dernière ligne droite de la saison. Je ne pense pas. Le nouveau groupe devrait être plus costaud, plus à même d'enchaîner Intertoto et championnat. Les dirigeants ont déclaré qu'aucun pilier de la saison dernière n'était transférable et ils veulent deux ou trois renforts bien ciblés. Ouais... Les dirigeants anglais ont fait de moi une priorité et mon agent, Roger Henrotay, les a rencontrés. Pourquoi pas ? J'ai certaines choses à mettre au point dans le championnat d'Angleterre. Ça ne s'est pas bien terminé pour moi à Manchester City, à cause de ma blessure aux adducteurs. Je suis parti sur une fausse note et je voudrais encore montrer aux Anglais de quoi je suis capable. Newcastle, c'est tentant parce que ce club veut absolument reconstruire une équipe pour jouer très vite le titre. Les moyens financiers sont présents, c'est clair. D'un autre côté, Hambourg a aussi des objectifs intéressants. Donc, je me tâte. J'ai aimé l'Angleterre et j'aime l'Allemagne qui est un mélange de Premier League et de L1 française. En Bundesliga, c'est de l'engagement, des duels, des combats d'hommes comme en Angleterre. Mais aussi un bon niveau tactique ; moins poussé qu'en France cependant, où les consignes sont parfois tellement strictes qu'il ne se passe plus rien de beau sur le terrain, mais poussé quand même. Je dois aussi penser à l'extra-football : Hambourg est une belle ville et je parle couramment l'allemand. Newcastle doit être moins chouette et mon anglais n'est pas aussi bon. Tous ces éléments-là entreront en ligne de compte si l'intérêt de Newcastle se confirmait. Ils se sont un peu inquiétés quand la presse a signalé que j'étais en contact avec Newcastle. Ils m'ont demandé de rassurer les supporters via le site Internet du club. Je l'ai fait, j'ai écrit que je serais toujours à Hambourg la saison prochaine... " normalement ". Il est clair, en tout cas, que je ne ferai pas le forcing pour partir. Je ne m'en irai que si je reçois une offre très alléchante et si cela permet aussi à Hambourg de faire une affaire en or. Ça, c'est encore autre chose. Henrotay a aussi été en contact avec eux pendant la saison. Je sais qu'ils me suivent depuis pas mal de temps et que Felix Magath m'apprécie beaucoup. Il a déjà signalé dans un communiqué officiel qu'il aimerait bien me transférer mais qu'il n'était pas le seul à décider. Pour moi, le Bayern, c'est le top absolu en Allemagne et carrément un des cinq plus grands clubs du monde. Son tout nouveau stade est une vraie merveille, tous les Allemands en parlent. Oui, si les dirigeants du Bayern sont vraiment intéressés, pour eux, je pourrais faire le forcing. C'est toujours une question de circonstances. Je suis parti de Charleroi parce qu'on ne semblait pas croire en moi là-bas et parce que j'avais mieux au Standard. J'ai encore progressé quand je suis parti à Marseille. Là-bas, je pensais vraiment m'installer pour longtemps, mais la direction a estimé qu'elle n'avait plus besoin de moi, alors je suis parti à Manchester City, puis j'ai signé à Hambourg parce que les Anglais ne pouvaient pas payer mon transfert. Sans doute. Je me dis maintenant qu'il est temps de gagner quelque chose. Je suis parfois passé tout près, avec le Standard et Marseille, mais il a toujours manqué un petit quelque chose. Enfin bon, comme je n'ai pas encore gagné de prix, je ne sais pas ce que je rate (il rigole). Je n'en ferai pas une maladie si je ne gagne rien dans ma vie de footballeur mais ce serait quand même un peu moche. Oui. Tout à fait. C'était déjà un objectif concret quand je jouais à l'OM avec Alain Perrin. J'étais le meilleur buteur de l'équipe en jouant en défense centrale, alors j'estimais que je pourrais marquer beaucoup de buts si on me faisait confiance devant. Mais Perrin n'a pas voulu prendre le risque. Moi, j'ai mes certitudes. J'ai fait toute ma formation comme attaquant, et juste avant de faire mes débuts en D1 avec Charleroi, je jouais encore dans l'entrejeu. D'ailleurs, Robert Waseige avait prévu de me faire découvrir la première division dans un rôle d'avant, mais j'ai finalement commencé dans l'entrejeu parce qu'il fallait remplacer un médian blessé. Quand j'ai eu mes premiers contacts avec le Standard, Tomislav Ivic m'a expliqué qu'il voulait me faire jouer en défense. Je n'étais pas trop chaud mais je n'avais rien dit parce que je crevais d'envie d'aller dans ce club. J'ai débuté au back droit avec les Rouches mais ça n'allait pas trop, et quand Rabiu Afolabi s'est blessé, j'ai pris sa place dans l'axe. Depuis lors, je n'ai plus jamais quitté ce rôle. Oui, je fonce. Si un bon club se manifeste avec l'envie de me reconvertir, je discute. Mais j'ai l'impression que personne n'ose faire ce pari-là. Je me suis fait une étiquette de pur défenseur central et ça m'ennuie un peu. On en a discuté mais il dit qu'il a besoin de moi derrière. Comme si le fait d'avoir été transféré en tant que défenseur central m'interdisait de jouer ailleurs. Il m'a parfois fait monter, mais c'était toujours en fin de match, quand nous étions menés et qu'il restait cinq minutes. Dans ces cas-là, l'adversaire regroupe toutes ses forces derrière et le jeu est alors faussé, on ne peut pas me juger valablement. Une chose est sûre : si je devais recommencer ma carrière, je n'accepterais plus de quitter l'attaque. Si on n'essaye pas, on ne le saura jamais. Les attaquants sont plus favorisés que les défenseurs à tous points de vue. On parle plus d'eux, par exemple. C'est plus valorisant de marquer des buts que d'en éviter. A part en Angleterre, dites-moi dans quel grand pays du football on applaudit les beaux gestes défensifs ? Quand j'étais gosse, il m'arrivait de faire gagner mon équipe en inscrivant le goal décisif. C'était grisant et ces sensations me manquent. OK, mais je serais peut-être encore plus populaire si je jouais devant. Je n'y pense pas (il rigole). Un style à la Jan Köller, par exemple. Je pourrais jouer en pivot, avoir un rôle libre ou évoluer à côté d'une deuxième pointe. Sûrement. Van Buyten qui manque de vitesse, c'est une légende sans fondement. Partout où je suis passé, j'ai fait partie du trio de tête sur les exercices de rapidité. On croit que je suis lent parce que je fais presque 2 mètres et que je fais des pas plus grands que les autres joueurs. Ça me fait bien rire. Parlez-en avec Emile Mpenza. Il me dit souvent que je suis le seul à le faire souffrir quand on fait des tests de vitesse pure. Quand on lui demande de faire un sprint à fond la caisse, c'est moi qu'il choisit comme adversaire. Aux tests de rapidité en début de saison à Hambourg, j'ai terminé deuxième derrière Emile. Il m'a déjà dit plus d'une fois que si je jouais devant avec lui, il marquerait beaucoup plus de buts. On fait parfois l'essai aux matches d'entraînement : il sait toujours où je vais lui donner le ballon et il en met plein dans la cible. Il dit qu'avec les autres attaquants du noyau, il ne sait jamais à quoi s'en tenir. J'ai aussi l'avantage de savoir comment les défenseurs réagissent sur des phases précises. Je lui ai une fois tendu une perche. En novembre de l'année dernière, à la mi-temps du match à domicile contre la Serbie & Monténégro, j'ai tenté ma chance. J'avais passé les trois premiers quarts d'heure sur le banc et ça allait mal pour moi chez les Diables. Pendant toute la semaine qui avait précédé, j'en avais pris plein dans les journaux flamands, j'étais fort discuté, alors que les médias francophones ne comprenaient pas comment Aimé Anthuenis pouvait se passer d'un des meilleurs joueurs du championnat d'Allemagne. J'avais la rage, la haine. J'ai rarement eu plus d'adrénaline que ce soir-là. A la mi-temps, c'était 0-1 et je suis allé trouver Eddy Snelders pour lui expliquer que, si Anthuenis faisait le pari de me faire monter comme attaquant, j'étais presque sûr de marquer au moins un but. Il m'a dit qu'il allait faire le message à Anthuenis mais je suis finalement resté tout le match sur le banc. Je ne peux pas être certain que ça aurait marché, mais mon envie était tellement énorme que j'en suis pour ainsi dire persuadé. Et vous, vous ne trouvez pas qu'il faut oser des choses a priori stupides quand on est mené 0-1 contre un adversaire direct ? Mais bon, Anthuenis n'a pas osé. Peut-être. C'est sans doute l'impression que j'ai laissée parce que la défense a tenu bon. L'adversaire a poussé pendant une heure et demie mais nous avons su préserver notre goal, alors on remarque plus le travail défensif dans ces cas-là. Mais moi, je trouve que j'ai fait pas mal d'autres bons matches avec la Belgique. Belgique-Brésil à la Coupe du Monde au Japon. Mais on en a moins parlé simplement parce que nous avons encaissé et perdu. Anthuenis nous avait demandé de jouer un match sérieux, de tenir le zéro derrière le plus longtemps possible et de tout faire pour marquer un but en fin de match. Nous savions que nous aurions très peu d'occasions. Et au vu du déroulement de cette rencontre, il faut bien avouer que la victoire pour les Diables aurait été un vrai hold-up. (Il sourit et ne répond pas).Koen Daerden, Mbo Mpenza, Thomas Buffel et Emile Mpenza avaient quand même un rôle purement offensif. (Il sourit). Je n'ai pas d'avis là-dessus. Je considère que c'est une revanche surtout pour ma famille et mes amis. Ils ont très mal encaissé les critiques venues de Flandre. Moi, je sais de quoi je suis capable et je suis assez fort dans la tête pour affronter tout ça. On a écrit que j'exigeais une place de titulaire, sous peine de ne plus revenir d'Allemagne pour les matches des Diables. Je n'avais jamais prononcé ces mots-là. Mais certains journalistes avaient pris l'habitude de déformer chacune de mes paroles. Aux interviews, ils m'attaquaient de face dès la première question. Ils recherchaient continuellement la petite bête. Ils me prenaient en grippe pour vendre du papier. Chaque jour, il y avait un nouvel épisode. Je suis allé trouver Anthuenis pour lui en parler et tout a été très vite réglé. Je n'en sais rien. D'autres Diables m'ont déjà dit que c'était scandaleux. On m'a demandé comment je faisais pour n'avoir jamais pété un plomb. Je ne comprends pas parce que je ne suis pas du style à chercher les problèmes. Je me suis toujours donné à fond pour mes clubs et pour mon équipe nationale, on ne peut sûrement rien me reprocher à ce niveau-là. Très vite. Mon premier match, c'était contre Saint-Marin. Nous avions gagné 10-1 et on n'allait donc pas me critiquer. Puis, il y a eu ce 2-2 en Ecosse, où j'ai égalisé à la toute dernière minute : j'étais encore couvert. A la Coupe du Monde aussi, ça s'est assez bien passé. En fait, mes problèmes ont commencé dès que Robert Waseige a été remplacé par Aimé Anthuenis. J'ai directement senti que certains journalistes me considéraient soudainement d'une façon tout à fait différente. J'y ai pensé. J'ai beaucoup parlé de l'équipe nationale avec Emile Mpenza quand il ne voulait plus jouer pour la Belgique. Il se plaignait d'être maltraité par la presse flamande. Je lui ai fait remarquer qu'on l'ennuyait depuis deux ou trois matches, alors que moi, on m'attaquait depuis très longtemps. Il a admis mon raisonnement et m'a demandé comment je pouvais encore tenir dans une ambiance pareille. Il est arrivé un moment où j'ai sérieusement réfléchi à la possibilité de faire une pause. Je me suis dit : -Si ça ne va pas, si on a un meilleur joueur que moi à ma place, si on ne me considère que comme un réserviste de luxe, si on ne veut pas voir que je suis capitaine d'une bonne équipe de Bundesliga et que je ne rate pas une seule minute en championnat, si on ne remarque pas que je fais partie de l'équipe type de cette compétition, il est peut-être temps que j'en tire mes conclusions. Je ne sais pas si j'aurais été capable de franchir le pas, de plaquer les Diables. Mais c'est finalement la fierté de mes parents qui a fait pencher la balance. Ils sont tellement emballés quand ils me voient avec le maillot de la Belgique. J'ai eu raison de m'accrocher : je viens d'aligner trois matches impeccables, je suis sorti vainqueur du combat et les commentaires sont même devenus positifs en Flandre. Il nous reste peut-être 30 % de chances d'y aller. Il faudra tout gagner et c'est en Lituanie que ce sera le plus compliqué. On peut battre la Bosnie-Herzégovine chez elle et l'Espagne à Bruxelles, mais le déplacement en Lituanie, je ne le sens pas du tout. Cette équipe m'a impressionné quand elle est venue faire match nul à Charleroi. En jouant bien, nous nous étions créé peu d'occasions. Ce n'est pas encourageant. Pierre Danvoye" Je suis LE SEUL JOUEUR DE CHAMP à ne pas avoir raté une seule minute en Bundesliga " " JE NE SENS PAS DU TOUT le déplacement en Lituanie " " J'AI DES CHOSES À METTRE AU POINT en Angleterre "