Si, au niveau du noyau de Première, Anderlecht ne subira pas de modifications drastiques, en matière d'encadrement, par contre, la donne sera tout à fait différente. Du staff technique au suivi des jeunes, à Neerpede, en passant par la cellule scouting, le Sporting va subir de sérieux changements. Un aperçu, secteur par secteur.
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Si, au niveau du noyau de Première, Anderlecht ne subira pas de modifications drastiques, en matière d'encadrement, par contre, la donne sera tout à fait différente. Du staff technique au suivi des jeunes, à Neerpede, en passant par la cellule scouting, le Sporting va subir de sérieux changements. Un aperçu, secteur par secteur. Au cours de la défunte campagne, il regroupait encore l'entraîneur en chef, Frankie Vercauteren, ses adjoints Glen De Boeck et Daniel Renders ainsi que le coach des gardiens, Jacky Munaron. Seuls Vercauteren et Renders ont été maintenus dans leurs fonctions, tandis qu' Ariel Jacobs et Filip De Wilde ont pris les deux places laissées vacantes. " De Boeck et Munaron ont tous deux effectué du bon travail ", souligne le manager Herman Van Holsbeeck. " Mais il en va de cette cellule comme des éléments du noyau : il faut sans cesse essayer de se bonifier si l'on désire rester performant à ce niveau. A cet égard, il y avait indéniablement une lacune à gommer au Parc Astrid, en ce sens que depuis la mort inopinée de Jean Dockx, en 2002, il n'y avait plus, dans les rangs du club, cet élément d'expérience, imprégné de la culture du club, et pouvant faire office d'all-rounder. Dockx avait tout : il excipait à la fois d'un illustre passé de joueur, de T2 et de recruteur. En raison de sa polyvalence, son concours nous aura été des plus précieux pendant pas mal d'années. Vu son jeune âge, De Boeck ne pouvait décemment s'inscrire dans cette lignée. D'autre part, il était on ne peut plus clair aussi qu'un garçon aussi ambitieux que lui ne s'accommoderait pas ad vitam aeternam d'un statut d'adjoint. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas voulu entraver son évolution et qu'il s'est vu décerner une toute première chance de prouver ses capacités de meneur d'hommes, au Cercle Bruges. Tout ce qu'on lui souhaite, c'est de marcher sur les traces de Georges Leekens, qui avait également débuté là-bas avant d'accomplir la fort belle carrière que l'on sait entre-temps. Pour remplacer De Boeck, j'avoue avoir songé immédiatement à Jacobs, que j'avais côtoyé au RWDM autrefois, l'espace de six mois. Et le moins que je puisse dire, c'est que son nom aura fait immédiatement l'unanimité ici, tant au sein de la direction qu'auprès de Vercauteren, avec qui il était d'ailleurs lié puisque tous deux étaient les responsables d'une école de jeunes à Bruxelles. Au même titre que Dockx, Jacobs présente l'avantage appréciable d'avoir accumulé les fonctions dans le monde du football : il a été joueur à Diegem et à Diest notamment, il s'est occupé des classes d'âge à l'Union Belge, puis il est devenu tour à tour entraîneur à La Louvière, directeur technique au Racing Genk, et à nouveau entraîneur à Lokeren et à Mouscron. Ces multiples casquettes en font un renfort des plus précieux pour nous. Jacobs a clairement pu mesurer, à travers ces différentes attributions, combien le football s'assimilait en fait à un métier itinérant. Appréciant la stabilité, je pense qu'il n'aurait pu rêver mieux que la fonction que nous lui avons tout juste proposée et pour laquelle il devrait en toute logique s'inscrire dans la durée. Nous voyons en tout cas en lui le garant d'un style qui a fait la renommée du Sporting ". " Pour Jacky Munaron, le son de cloche est un peu différent ", poursuit Van Holsbeeck. " En vérité, un staff n'est pas rigide. De temps en temps, une injection de sang neuf est nécessaire. A cet effet, je signalerai quand même que depuis mon arrivée au Sporting, j'ai déjà vécu un changement d'entraîneur principal - avec Vercauteren à la place d' Hugo Broos ainsi qu'un changement de préparateur physique, puisque Eric De Haeseleer a pris le relais de David Gevaert. Même si nous n'avons franchement qu'à nous féliciter du travail que Munaron a accompli avec Daniel Zitka en 2006-07, Filip De Wilde n'en constituait pas moins une belle opportunité. La direction n'a jamais caché qu'elle souhaitait récupérer celui qui avait été non seulement un fidèle serviteur du club mais aussi un modèle de professionnalisme et de sérieux durant tant d'années. Ses vues sur le football, ventilées en tant que consultant à BelgacomTV, ainsi que ses chroniques dans votre revue néerlandophone Sport/Voetbal Magazine, n'ont fait qu'accentuer notre désir de le récupérer. Dans la mesure où il était libre et que sa fibre pour le Sporting était toujours intacte, même s'il avait terminé sa carrière par des piges à Lokeren et au Verbroedering Geel, il eût été vraiment sot de rater l'aubaine ". " On n'efface pas toutes ces années passées au Parc Astrid ", observe De Wilde. " En mon for intérieur, j'ai toujours espéré retourner un jour là-bas. Mais, dans cette optique, je ne voulais pas, non plus, marcher sur les plates-bandes d'un autre, ou déloger quelqu'un. Honnêtement, cela me fait mal de remplacer Munaron, que j'ai connu tour à tour comme concurrent et comme entraîneur des gardiens chez les Mauves. Il y avait une complicité certaine entre nous, après toutes ces saisons. Reste que je n'ai pas piqué sa place. Je l'ai tout simplement relayé, en ce sens que son contrat n'allait pas être renouvelé. Dans ces conditions, il aurait été stupide de ne pas profiter de la situation et de laisser passer ma chance au profit d'un autre, sans vécu au stade Constant Vanden Stock. Dans mon cas, j'ai quand même l'avantage de connaître pas mal de monde au RSCA, ainsi que la maison, dans son ensemble. Je ne fais que retrouver ma famille, en quelque sorte. Je ne vais donc pas bouder ma satisfaction ". Le son de cloche est, bien sûr, tout différent du côté de Jack. Qui se demande, non sans raison, ce qu'il a bien pu faire pour ne pas mériter une prolongation de son bail au Parc Astrid. L'homme, il est vrai, n'en était pas à son coup d'essai. Il avait déjà dû faire des pieds et des mains, dans le passé, pour obtenir une rémunération décente. Et, à l'heure de rempiler, au début de ce millénaire, on lui avait également demandé, en haut lieu, de choisir entre Anderlecht et l'équipe nationale. Finalement, avec la nomination de René Vandereycken à la tête des Diables Rouges, le choix ne se discuta plus puisque le coach limbourgeois emmena Théo Custers dans ses bagages. Ce qui permit à Munaron de se consacrer à 100 % à sa tâche au Sporting. D'accord, la saison 2005-06 ne fut pas à marquer d'une pierre blanche avec les mauvaises passes de Silvio Proto et Zitka. Mais si le portier tchèque a réussi un sans-faute ces derniers mois, au point d'être sacré par Meilleur Gardien de la Saison, c'est tout de même pour une bonne part le mérite de Munaron. Qui n'entend toutefois pas ruer dans les brancards tant qu'il est encore sous contrat avec son employeur. " Il va de soi que je me pose des questions car comment aurais-je pu faire mieux ?", dit-il. " Je crois avoir fait le maximum, tant sur le terrain qu'en coulisse car c'est quand même à mon instigation que le jeune Sébastien Bruzzese, du FC Liège, vient d'aboutir au Parc Astrid. En matière de scouting, j'ai donc fait mon boulot également. Aujourd'hui, hélas, je me retrouve les mains vides. J'avais déjà perdu l'équipe nationale et voilà que le RSCA me file sous le nez aussi. A quinze jours de la reprise, dans la plupart des clubs, je n'ai toujours rien. Et cela m'inquiète un peu car la plupart des staffs sont formés parmi l'élite. Actuellement, je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait. Tout ce qui est sûr, c'est que j'ai plusieurs bouches à nourrir à la maison et que j'ai perdu des rentrées financières appréciables. J'en veux à certains mais pas à Filip, à qui je souhaite bonne chance. C'est chacun pour soi, dans ce milieu. J'avais déjà connu cette situation comme gardien. Maintenant, je sais de quoi il retourne aussi en tant que coach des keepers ". L'année passée, Pär Zetterberg était venu étoffer cette cellule placée sous la coupe de Werner Deraeve. Cette fois, c'est Raymond Mommens qui la complétera, avec une entrée en fonction prévue à la mi-juillet. Il avait été question de lui, récemment, dans nos colonnes puisqu'il fut, avec Erwin Vandenbergh et Eddy Snelders notamment l'un des principaux artisans du succès glané en 1977, en finale du Championnat d'Europe des Juniors UEFA, par nos Diablotins face à la Bulgarie. Après une splendide carrière, forte de 618 matches sous les vareuses de Lokeren et de Charleroi, Mommens tourna la page de maîtresse façon en s'érigeant comme un scout de grande qualité au Mambourg. C'est lui qui fut à la base de plusieurs success stories au boulevard Zoé Drion. Notamment en ce qui concerne des footballeurs français comme Grégory Christ ou Cyril Théréau. Dans ce cas aussi, sa compétence ne pouvait laisser indifférent au Parc Astrid. D'autant plus qu'il y avait une lacune à combler. " Géographiquement, les tâches étaient fort bien réparties ", précise Van Holsbeeck. " Werner Deraeve chapeautait, et chapeaute toujours, tout ce qui a trait à l'Amérique du Sud et l'Afrique. En Europe, chacun avait son territoire aussi : Albert Martens et Eddy Van Dale pour ce qui concerne l'ancien bloc de l'Est, Zetterberg la Scandinavie et Antoon Germeys le reste du Vieux Continent. Mais tout cela était très vaste et un réel spécialiste de la compétition française faisait sans doute défaut chez nous. De là a germé l'idée d'embrigader Raymond Mommens, qui avait ses entrées là-bas. Dans un premier temps, il s'occupera en priorité des marchés français mais aussi belge. Mais cela ne signifie pas qu'il n'aura pas son mot à dire dans d'autres secteurs. J'ai cru comprendre que son ancien équipier Jean-Jacques Missé Missé lui avait proposé deux joueurs ivoiriens, à mettre à l'essai au Sporting Charleroi. Il tombe sous le sens qu'une même démarche est possible chez nous ". " Quand Anderlecht se manifeste, il est très, très difficile de résister ", observe Mommens, tenu à un devoir de réserve bien compréhensible aussi longtemps qu'il sera lié à Charleroi, à savoir jusqu'au 15 juillet prochain. " Une chose est sûre : je n'ai qu'à me féliciter de ce que j'ai pu faire au Mambourg après ma carrière active. Et c'est en bons termes que je ferai mes adieux là-bas. Anderlecht, c'est tout bonnement le prolongement de mon travail chez les Zèbres, en ce sens que je continuerai à prospecter le marché français, mais à une plus vaste échelle, dans la mesure où les Mauves ont des moyens que Charleroi ne possède pas. Je passerai d'un microcosme à un macrocosme et c'est un nouveau défi, très exaltant ". Le centre de formation, baptisé Youth Academy, va subir un lifting aussi. Pour l'heure, des travaux d'aménagement sont en cours, aussi bien sur l'ancien site que plus loin le long de la drève olympique, à l'emplacement de l'ancien Elisabeth Club. Au total, une demi-douzaine de nouveaux terrains vont être érigés, notamment des synthétiques et deux halls des sports. En matière d'encadrement aussi, les choses vont bouger. La saison passée, le responsable, Jean Kindermans, pouvait notamment compter sur le soutien de René Peeters chez les - 19 et de Geert Emmerechts chez les -17. A partir de la saison à venir, Arnold Rijsenburg (ex-Standard) s'occupera des -16. " Grâce à un travail plus spécialisé, nous espérons gommer tant et plus le décalage existant entre les jeunes et la Première ", précise Kindermans. " Mais rien ne vaut, bien sûr, la pratique au plus haut niveau. On planche là-dessus ". Jusqu'à présent, de tous ceux qui avaient été cédés sur base locative, seule l'expérience menée avec Zetterberg avait été couronnée de succès. Il y a quelques mois, le RSCA avait prêté plusieurs de ses ouailles à d'autres cercles de D1. On songe à Sami Allagui, au SV Roulers, ou à Sébastien Siani à Zulte Waregem. Mais l'entreprise n'a pas eu l'effet escompté. " Au lieu de jouir d'un temps de jeu limité ailleurs, mieux vaut parfois se frotter à la concurrence interne à l'entraînement ", conclut Van Holsbeeck. " Nous y pensons. A cette fin, certains membres du noyau élite, fort de 25 joueurs pour le moment, auront droit à un suivi plus poussé. C'est dans cette optique aussi qu'il faut interpréter la venue d'Ariel Jacobs parmi nous. Sous sa houlette, le blé en herbe va bien mûrir, j'en suis convaincu ". par bruno govers