Le Standard a voté avec les petits, les cinq Grands ne sont plus que quatre. Ah, c'est quoi, un Grand du foot belge ? Comment en déniche-t-on cinq, quand deux conditions sont indispensables pour mériter pareil statut : être en lutte régulière pour le titre national ET posséder un palmarès, sur les plans national (en tout cas) et international (si possible).
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Le Standard a voté avec les petits, les cinq Grands ne sont plus que quatre. Ah, c'est quoi, un Grand du foot belge ? Comment en déniche-t-on cinq, quand deux conditions sont indispensables pour mériter pareil statut : être en lutte régulière pour le titre national ET posséder un palmarès, sur les plans national (en tout cas) et international (si possible). Or, Gand, par exemple, n'a aucun palmarès, il titille le top depuis peu ! Et s'il suffisait du palmarès, l'Union Saint-Gilloise serait toujours une grande,... manquerait plus qu'elle revendique des droits télé ! Sans déconner, faut donc appeler trois chats trois chats : y'a que trois Grands en Belgique, qui n'ont d'ailleurs pas la même grandeur. Quant au G5 devenu G4, il n'est qu'un regroupement économique des plus friqués du moment. Je dis bien du moment. Si j'étais Ivan De Witte, hanté par La Fontaine, la grenouille et le b£uf, je rougirais un tantinet de me trouver plus grand que Malines. 16 ou 18 clubs ? Play-offs ou pas la saison prochaine ? Attendons voir, on n'est pas sorti de l'auberge à pognon. Mais une chose est sûre : ce sont les télés en concurrence qui foutent la m... Sans elles, le débat/bateau sur la formule générant un produit porteur ou haussant le niveau du football belge serait débat mort-né. Sans elles, les clubs se creuseraient, collégialement et sans haine, pour trouver quoi changer en foot afin d'amener ou ramener les supporters au stade, point/barre ! Hier, tout supporter live était attiré par le club de D1 pas trop loin de ses pénates ; aujourd'hui, la télé lui fourgue dans son fauteuil le club, quel qu'il soit, qui brille de mille feux. Plus tu brilles, plus les télés allongent. Plus les télés allongent, plus tu brilles. Spirale, fossé grandissant, jeu déréglé. Quand le Dieu/télé vomit son paquet de fric, les quelques gros vautours roulent des mécaniques et en bouffent un max. Et les petits, qui ont une fierté, en ont parfois ras le citron de n'avoir que les miettes : même si les gros leur répètent que, plus le paquet sera gros, plus il y aura de miettes... Bref. Mon blabla ne vous fera pas piétiner votre écran plat pour purifier votre âme. La mienne non plus, je n'ai d'ailleurs toujours pas d'écran plat. Mais vous admettrez que dans cette histoire, je sois plutôt supporter de Roland Duchâtelet. A propos du niveau de notre foot, revenons à cet argument souvent coloré de mauve : -Plus il y aurait de petits en D1, plus le niveau serait tiré vers le bas. C'est inexact, il faudrait dire :... plusle club moyen de cette D1 serait faible. Mais ça n'implique pas que les caïds s'affaibliraient en jouant contre 14 minus plutôt que 10 ou 12 ! Si c'était vrai, un grand championnat aurait déjà essayé, prenons l'Italie par exemple. La Juventus, la Roma, les Milan auraient fait virer les Bari, Cesena, Lecce, pour réduire leur D1 à 16, 14 ou 12 et jouer rien qu'entre eux au joli jeu des play-offs : avec l'ambition de dominer à terme, sur l'échiquier européen, ces Espagnols ou ces Anglais restés bêtement famille nombreuse au sein de leur championnat ! Cela n'a jamais été tenté. Quant au fameux suspense, ingrédient primordial du produit football, il n'y a pas de miracle, mais seulement trois alternatives. Soit les montants et descendants sont peu nombreux et le risque existe de ventre mou (avec ce que ça implique de démobilisation et de tentation) en deuxième partie de compétition. Soit ils sont nombreux, mais le ventre mou deviendra vite queue molle pour celui ou ceux qui se retrouvent fort tôt isolés tout en bas. Soit on brouille les pistes par adjonction de tranches, play-offs et autres tours finals. Mais les montées/descentes risquent de se faire au détriment de l'équité fixée par le verdict du vrai classement. Pour plus de suspense, pour retarder l'apparition du ventre mou, reste la belle suggestion, pas neuve, de Rudi Katusic. Par match, on en revient aux 2 points d'enjeu durant toute la phase aller. Mais à partir des matches retour, 4 points sont chaque fois en jeu : 2 points comme à l'aller et 2 distribués selon le résultat global de l'aller-retour entre les deux opposants. A mi-championnat, on n'est qu'au tiers du suspense, et chaque match de championnat devient aussi un match de coupe ! Génial, Rudi, courage : Galilée aussi, on s'est foutu de sa gueule au début. PAR BERNARD JEUNEJEANCe n'est pas prouvé que les caïds s'affaibliraient en jouant contre 14 minus plutôt que 10 ou 12 !