On va commencer le dernier rush pour se qualifier en PO1 et PO2 et jouer pour ne pas descendre... sans savoir si ça va servir à quelque chose. La saison prochaine, on risque de rejouer à 18 de toute façon. Ou pas ?
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On va commencer le dernier rush pour se qualifier en PO1 et PO2 et jouer pour ne pas descendre... sans savoir si ça va servir à quelque chose. La saison prochaine, on risque de rejouer à 18 de toute façon. Ou pas ? Foot et politique belges, même combat : la réforme ne se fait pas. On n'a pas de gouvernement depuis juin dernier et la Ligue pro ne parvient pas à se mettre d'accord sur la formule du prochain championnat. Plus le temps passe, plus c'est financièrement grave. Notre dette nationale augmente et, sans accord des clubs, quel émetteur TV va-t-il acheter les droits de la D1 ? En décembre dernier, les 11 petits clubs voulaient rejouer à 18 sans playoffs et les 4 autres (Anderlecht, Genk, Club Bruges et La Gantoise) à 16 avec des playoffs. Le Standard, resté un peu à l'écart, penchait plutôt du côté des petits et d'une compétition classique et s'attendait à ce que la Ligue pro renforce le consensus. Mais comme prévu par Sport/Foot Magazine, ça ne s'est pas passé comme ça. Les positions initiales des clubs se sont volatilisées. Le 28 janvier dernier, la Ligue pro n'a pas concrétisé les accords du 10 décembre. Pourquoi cette majorité des 11 clubs s'est-elle diluée si rapidement ? Le Standard estime que l'accord de décembre a sauté à cause d'arrangements financiers (notamment autour des transferts hivernaux), bref que les clubs du G4 ont racheté des voix du G11 avec pour but de conserver une D1 à 16 avec PO ! Tout en dénonçant, à juste titre, l'image de girouette de la Ligue pro, le Standard fait aussi resurgir une vieille menace : si la Ligue ne fait finalement pas preuve de vraie solidarité autour d'un projet commun, il ne voit pas pourquoi il continuerait à faire front commun en matière de droits TV. La possibilité que le Standard vende ses droits de championnat séparément existerait. Certains pensent que Sclessin - en ne s'engageant ni dans le G11 ou le G4 - a aussi fait preuve de machiavélisme, laissant pourrir une situation pour se trouver un argument massue. Quitte à ce que Luciano D'Onofrio fasse semblant d'être fâché et reproche publiquement le revirement du G11 au manager général de Westerlo Herman Wijnants, le week-end passé avant le match entre les deux équipes ? De toute manière, félicitations à tous, c'est à nouveau le foutoir à la Ligue pro. L'alliance sacrée autour de la formule actuelle du championnat a bel et bien vécu. A l'étranger, on peut désormais rire d'une Belgique sans gouvernement et de son football sans formule arrêtée pour le prochain championnat ! En dernier recours, c'est à l'Union belge de faire entendre raison à la Ligue pro, mais cette dernière est devenue une république dans la république. Son nouveau secrétaire général (ou CEO) pourra-t-il changer les choses ? Il vient, très étonnamment, du... tennis : Steven Martens, 46 ans, est ex-coach et directeur technique de la VTV (fédération flamande de tennis) et de la fédération de tennis britannique ! Certes, avant de rejoindre la FIFA et d'y gravir les échelons, son président actuel Sepp Blatter a commencé sa carrière de dirigeant comme secrétaire général de la fédération suisse de hockey sur glace. Il a aussi été journaliste sportif (!) et a travaillé pour le Comité olympique international, mais il a surtout été très tôt un des directeurs du Neuchâtel Xamax FC ! On peut estimer qu'un dirigeant sportif soit relativement polyvalent mais à un certain niveau d'efficacité, il vaut mieux savoir ce dont on parle. Or, le seul bagage footballistique de Martens est d'avoir joué chez les jeunes de Rita Berlaar ! Plus on y réfléchit et moins on comprend cette nomination, alors que l'Union belge veut nous faire croire qu'elle a engagé l'équivalent d'un Jacques Rogge ! Seule bonne nouvelle dans le paysage du foot francophone et wallon, le réveil du ministre des Sports régional, André Antoine, qui veut lancer un plan de sauvetage financier. Il y a belle lurette que Sport/Foot Magazine avait mis en couverture " 'Standard, bientôt seul club wallon en D1 ?" On y est presque et le chantier est aussi énorme que la pyramide du foot francophone/wallon est minuscule : 4 clubs (sur 16) en D1, 6 (sur 18) en D2, 12 (sur 36) en D3, 22 (sur 64) en Promotions. En comptant évidemment les clubs bruxellois... PAR JOHN BAETEUne Belgique sans gouvernement et un championnat sans formule !