Tubize est actuellement classé premier de la D3 B. L'équipe de Philippe Saint-Jean a la meilleure attaque et la meilleure défense: 28 points sur 33, 34 buts pour et neuf contre. Il y a deux ans, ce dernier travaillait encore au Futurosport de Mouscron mais en raison d'une dispute avec Hugo Broos, il était parti. Maintenant, il souhaite imposer ses idées à Tubize. Et cela marche.
...

Tubize est actuellement classé premier de la D3 B. L'équipe de Philippe Saint-Jean a la meilleure attaque et la meilleure défense: 28 points sur 33, 34 buts pour et neuf contre. Il y a deux ans, ce dernier travaillait encore au Futurosport de Mouscron mais en raison d'une dispute avec Hugo Broos, il était parti. Maintenant, il souhaite imposer ses idées à Tubize. Et cela marche.Philippe Saint-Jean: C'est le résultat de deux années de travail. La saison passée, nous avons réalisé un excellent parcours avec au bout de celui-ci, une bonne quatrième place. Pour l'instant, tout fonctionne bien. J'ai la chance de travailler avec un staff exceptionnel. En plus de cela, mon président me laisse carte blanche. C'est généralement en début de saison qu'il m'aide à composer le noyau. Après, au niveau sportif, je n'entends plus parler de lui et je ne ressens donc aucune pression. Notre système de jeu est très compliqué. Il change d'ailleurs constamment en cours de match. C'est le fruit de 17 mois de travail et de réflexion. Le scénario tactique est établi bien avant le match. Nous jouons en zone en défense mais en attaque aussi. Tout est synthétisé. A l'entraînement, on répète une multitude de schémas. Le but est de déstabiliser l'adversaire. Chez nous, c'est le joueur en forme qui joue. Depuis qu'on aligne des bons résultats, le noyau tourne de moins en moins. Même avec des éléments sans grande expérience, on parvient à avoir une défense intraitable. En début de saison, on a composé un noyau avec les personnes qui avaient réellement envie de progresser. Pour mes 24 joueurs, la moyenne d'âge est de 24 ans. Malgré cela, le groupe parvient à être fort concentré et attentif. Chez nous, le mental est primordial et c'est ce qui fait notre force. Ce que j'ai pu atteindre avec des amateurs au niveau de la réflexion et de l'évolution est exceptionnel.Les infrastructures du club vous satisfont-elles?Non. C'est bien le seul point négatif du club. On n'a pas de terrain d'entraînement. En fait, on a juste une partie de terrain en ancien synthétique et les joueurs commencent déjà à se plaindre des adducteurs. Mais le club et le président ont envie de progresser et cela changera. L'objectif de la saison est-il la montée en D2?L'avenir est dans les pieds des joueurs. De mon côté, je pose l'objectif de semaine en semaine. Les commentaires vis-à-vis de notre équipe sont peut-être trop positifs. Les joueurs ne doivent pas planer. En janvier, on va rencontrer tous les ténors de la série et après cela, on verra. Des tas de choses en plus de TubizeTout va très bien. C'est très agréable de travailler avec lui. Mais ce n'est pas toujours facile de gérer mon temps. Je fais également du scouting pour l'équipe Espoirs mais aussi pour les A d'Aimé Antheunis. De temps en temps, des personnes me remplacent lorsque mon horaire est trop chargé, mais mon boulot me plaît vraiment. On possède vraiment une génération montante avec des gamins comme Van Damme, Blondel, Daerden, Buffel et j'en passe. Le potentiel est là, mais la formation est trop souvent négligée.Quelle était encore la cause de votre dispute à Mouscron alors que vous dirigiez le Futurosport?J'avais exprimé le souhait qu'un jour, je reprenne l'équipe Première. Hugo Broos l'a pris pour une menace alors que ce n'était pas du tout mon intention. Par méfiance, il a gâché le projet. C'est dommage car le Futurosport fonctionnait très bien et tout était bien en place. On voit maintenant certains de ses anciens éléments qui évoluent en équipe fanion. A long terme, on aurait pu collaborer avec les autres centres de formation comme celui du Standard, par exemple. La direction a été très honnête avec moi. Elle m'a rapidement prévenu de la situation. Broos et moi n'avions, en plus, pas les mêmes visions sur la formation des jeunes. Un jour, j'ai voulu montrer aux jeunes un dribble que Dejan Mitrovic avait réalisé en match et il n'a pas apprécié. Il voulait m'empêcher d'enseigner le dribble en prétextant qu'il avait été international 90 fois sans savoir dribbler! N'aviez-vous pas tout plaqué professionnellement pour ce projet? Avant, j'avais travaillé pendant 20 ans comme agent de change. Et ma famille et moi avions déménagé à Mouscron. Le comble, c'est que maintenant ma maison d'origine se situe seulement à 20 kilomètres de Tubize. Nous avons finalement décidé de rester à Mouscron car mes enfants y étudient. Ce n'est pas grave, mais j'ai surtout été privé de quelque chose d'intéressant. C'est malheureux. Comment voyez-vous votre avenir?Dans le football évidemment. Je veux réaliser quelque chose de bien à Tubize et je sais que le président m'en donnera les moyens. Je continue aussi à être consultant sur Canal+ une fois par mois. Ce qui est dommage, c'est qu'on m'a un peu trop vite collé l'étiquette d'entraîneur de jeunes. Le métier de coach est mal connu en Belgique. En France, ça fait longtemps qu'on respecte le métier tel quel. En général, ici, les entraîneurs sont choisis suivant leur carte de visite. Jamais un dirigeant ne viendrait voir la manière dont l'entraîneur donne ses entraînements. Mais les présidents gèrent trop les clubs comme des entreprises et ne connaissent rien au football. On fait encore trop primer le vedettariat. Personnellement, je souhaite rester entraîneur mais je ne veux pas me retrouver dans des situations telles qu'a vécues Emilio Ferrera à Beveren et au RWDM. Heureusement, au Lierse, il a enfin trouvé un club à sa mesure. Tim Baete"L'avenir en D2 est dans les pieds des joueurs"