Glen De Boeck (46 ans), international à 36 reprises de 1993 à 2002, est un spectateur assidu des Diables Rouges. Il était aussi dans la tribune pour le match contre Chypre. Son analyse de la campagne de qualification ? " J'aime voir l'empreinte d'un entraîneur quand je suis un match et elle est claire. L'équipe joue manifestement à partir d'une idée. Ce qui me tracasse, comme Roberto Martinez sans doute, c'est qu'elle a du mal à préserver ses filets. Il faut retenir les bonnes choses vues en Bosnie car il n'était pas évident de gagner 3-4 sur un mauvais terrain mais il est impossible de redresser ...

Glen De Boeck (46 ans), international à 36 reprises de 1993 à 2002, est un spectateur assidu des Diables Rouges. Il était aussi dans la tribune pour le match contre Chypre. Son analyse de la campagne de qualification ? " J'aime voir l'empreinte d'un entraîneur quand je suis un match et elle est claire. L'équipe joue manifestement à partir d'une idée. Ce qui me tracasse, comme Roberto Martinez sans doute, c'est qu'elle a du mal à préserver ses filets. Il faut retenir les bonnes choses vues en Bosnie car il n'était pas évident de gagner 3-4 sur un mauvais terrain mais il est impossible de redresser la barre si on encaisse trois buts contre l'Espagne ou l'Allemagne dans un tournoi. A ce niveau, il faut pouvoir jouer le nul. " Selon lui, ce problème est partiellement lié au fait que les éléments offensifs ne pensent pas aux limites des défenseurs. De Boeck : " Si la transition n'est pas assez rapide, même si on a un des meilleurs gardiens du monde et de bons défenseurs comme Alderweireld et Vertonghen, on s'expose si on étire les lignes à 50 ou 60 mètres. La transition représente un chantier de plusieurs mois. Quand on domine, on doit l'opérer encore plus vite, ce qui suppose de courir moins loin. La qualité des adversaires n'est pas importante pendant les qualifications : exercer cet aspect face à des concurrents moins relevés permet d'être meilleur contre une bonne équipe. " De Boeck attend patiemment une nouvelle chance d'entraîner. Il a travaillé à Mouscron l'année passée. Maintenant, il suit attentivement la 1A comme la 1B. Est-il surpris par la vitesse à laquelle les têtes tombent ? Il éclate de rire. " Plus rien ne m'étonne. Mais je vais répondre par un cliché qui recèle une grande vérité : il faut pouvoir conserver un entraîneur dont l'équipe est dernière mais aussi oser le renvoyer quand il est premier. On ne garde pas ce qui n'est pas conservable. La position de Weiler était devenue intenable, je m'en suis rendu compte à Courtrai. J'ai vécu la même chose à Mouscron quand des supporters s'en sont pris à ma voiture après un match. Ce n'est pas réjouissant. Un renvoi est-il toujours justifié ? Je ne trancherai pas car je ne suis pas présent à tous les entraînements et je ne sais rien de la cuisine intérieure. L'ode des supporters de La Gantoise à Vanhaezebrouck, qui leur avait fait découvrir un autre monde, alors qu'il était dernier, m'a plu. De tels gestes manquent en football. Un entraîneur n'est pas un magicien. On ne transforme pas un âne en cheval de course. Il faut déceler la main de l'entraîneur, sa situation doit être gérable mais n'exigez pas trop de lui... Je déplore cette politique du marquoir qui règne en Belgique, cette façon de tout mettre sur le dos de l'entraîneur. Nous devrions peut-être mener ce débat. Ni la fédération ni la Pro League ne bougent et l'association des entraîneurs agonise. Il faudrait mieux protéger le produit entraîneur. Il y en a de bons en Belgique mais leurs conditions de travail ne sont pas toujours évidentes. " Peter T'Kint