Il fait presque noir quand Ronaldinho quitte le vestiaire et remonte le petit sentier menant au clubhouse de Milanello, le centre d'entraînement du Milan. Sa s£ur Deisi le suit tendrement du regard tandis que le chauffeur Sergio (qui est aussi le fiancé de la s£ur) lui lance un cri. Dinho sourit mais cela n'est pas une information : il sourit toujours. Même quand il prend une boisson au bar avant de s'asseoir pour discuter et qu'il croise Carlo Ancelotti qui, en blaguant, le met en garde : " Tu accordes une interview ? Fais gaffe... ".
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Il fait presque noir quand Ronaldinho quitte le vestiaire et remonte le petit sentier menant au clubhouse de Milanello, le centre d'entraînement du Milan. Sa s£ur Deisi le suit tendrement du regard tandis que le chauffeur Sergio (qui est aussi le fiancé de la s£ur) lui lance un cri. Dinho sourit mais cela n'est pas une information : il sourit toujours. Même quand il prend une boisson au bar avant de s'asseoir pour discuter et qu'il croise Carlo Ancelotti qui, en blaguant, le met en garde : " Tu accordes une interview ? Fais gaffe... ". Le centre est désert. Mis à part le directeur Antore Peloso, quelques serveurs et Giuseppe Sapienza, l'attaché de presse, il n'y a plus personne. Dinho prend place dans un divan et anticipe : " De quoi allons-nous parler ?". Ronaldinho : Cela a été un des plus beaux et importants buts de ma carrière. J'espère avant tout qu'il s'agissait du premier d'une longue série avec le maillot de Milan. Après le match, j'ai repensé aux grands défis auxquels j'ai pris part : Gremio-Internacional, PSG-OM, Barcelone-Real Madrid. Et puis je ne vais pas cacher qu'être celui qui a fait pencher la balance du bon côté procure une émotion intense. J'ai aussi repensé au slalom et au goal marqué au stade Santiago Bernabeu avec le Barça. Différent de celui de la Liga : C'est un football très tactique. Pas particulièrement, il n'est pas plus violent. Le football italien est dur mais loyal. Et puis, il est très compétitif. J'espère dans très peu de temps redevenir le numéro un dans le monde. Je travaille intensément pour cela. Je vis une période d'adaptation à une nouvelle réalité. Difficile d'évaluer parce que mon rendement est assez irrégulier : un jour je joue bien et la fois suivante moins bien. Je dois retrouver la continuité et pour y parvenir, je travaille mon physique. Dans une dizaine de jours, on devrait apercevoir les premiers signes de ma montée en puissance. Quand je serai en forme, il n'y aura plus de problème de position : je pourrai jouer partout. Ma seule préoccupation est d'améliorer ma condition. Je suis content de ce que j'ai apporté à Milan jusqu'à présent : j'ai même déjà joué trois matches en une semaine et c'est très important. Notre rapport est bon. Le coach m'aide beaucoup. Il m'explique ce qu'il attend de moi et me fait sentir important. Je connais Ricky depuis tant d'années et Clarence est un des meilleurs joueurs au monde. L'envie de gagner une médaille, celle en or : c'était mon rêve. Non mais je suis son supporter. J'aimerais tant qu'il recommence à jouer et, pourquoi pas à Milan. Le football a besoin de champions comme lui. C'est un des plus forts entraîneurs du monde. Je le respecte et je l'admire. C'est le champion en titre et il est donc logique qu'on le retienne comme premier candidat au sacre même si je pense que Milan peut le devancer. Cela promet un beau duel. Qu'elle passera. Les crises font partie du foot mais peu d'équipes possèdent le potentiel technique et athlétique de la Juventus. J'apprécie plusieurs joueurs. Toutefois, mes préférés restent ceux que je connaissais déjà : Zlatan Ibrahimovic et Alessandro Del Piero m'enchantent. Tout comme Adriano. Un de ces trois joueurs : Lionel Messi, Kakà et Cristiano Ronaldo. Je suis supporter de Kakà, qui est mon équipier, et de Messi, qui l'a été. Cette année j'ai peu joué et je n'ai rien gagné. Mais en 2009 je figurerai parmi les favoris. C'était simplement la fin d'un cycle. J'avais tout gagné et puis ce qui est arrivé fait partie de la vie. Enormément, c'est la plus belle compétition. Je ne suis supporter que de Milan mais je suis heureux quand mes amis gagnent. Je suis content parce que j'ai toujours été bien traité depuis mon arrivée. Moi-même je ne m'explique pas pour quelle raison les supporters adverses ne m'insultent pas. Il faut croire que je leur suis sympathique... par g.b. oubero (esm) - photos: reporters