21 août 2010, la Juventus annonce qu'elle a transféré Milos Krasic (26 ans) à titre définitif et ses supporters sautent de joie. Primo, parce que les négociations avec le CSKA Moscou ont été extrêmement longues. Dès juin, le club russe avait marqué son accord mais a fait traîner les choses jusqu'à la fin du Mondial car, sait-on jamais, la cote de l'ailier aurait pu exploser en Af-Sud. Et puis, il a fallu longtemps pour qu'on arrive au chiffre de la transaction : 15 millions. La Juve proposait 8 millions et Moscou en réclamait 20. Enfin, pendant cette période, Krasic n'a cessé de prétendre qu'il n'avait qu'un seul club en vue : la Juventus. Et selon le manager du club turinois, Giuseppe Marotta, ce n'étaient pas des déclarations hypocrites... De plus, Krasic a frappé les esprits des fans bianconeri. Comme le consulat d'Italie à Belgrade était fermé et que, sans visa, il ne pouvait pas prendre le vol réservé par le ...

21 août 2010, la Juventus annonce qu'elle a transféré Milos Krasic (26 ans) à titre définitif et ses supporters sautent de joie. Primo, parce que les négociations avec le CSKA Moscou ont été extrêmement longues. Dès juin, le club russe avait marqué son accord mais a fait traîner les choses jusqu'à la fin du Mondial car, sait-on jamais, la cote de l'ailier aurait pu exploser en Af-Sud. Et puis, il a fallu longtemps pour qu'on arrive au chiffre de la transaction : 15 millions. La Juve proposait 8 millions et Moscou en réclamait 20. Enfin, pendant cette période, Krasic n'a cessé de prétendre qu'il n'avait qu'un seul club en vue : la Juventus. Et selon le manager du club turinois, Giuseppe Marotta, ce n'étaient pas des déclarations hypocrites... De plus, Krasic a frappé les esprits des fans bianconeri. Comme le consulat d'Italie à Belgrade était fermé et que, sans visa, il ne pouvait pas prendre le vol réservé par le club, il a payé de sa poche un jet privé pour être présent à la reprise à Villar Perosa ! Symboliquement, il est vrai, la Juventus était dans le destin du Serbe : ils sont nés un 1er novembre... Lors de la présentation, la direction a dressé le portrait du joueur (1m85, 70kg) : " un ailier doté d'une grande facilité de course, d'une bonne habileté technique, d'une capacité de passer l'adversaire et d'une grande précision dans le centre. Des qualités qui lui ont valu le titre de Joueur serbe de l'année 2009. " Un identity-kit positif comme il se doit mais Krasic surprendra tout le monde par la rapidité de son intégration. Dès la première journée, il apporte qualité et quantité au jeu offensif de la Juve. A la 3e, il distille deux assists et à la 5e, il réussit un hat-trick. Sa manière de jouer rend fous les supporters qui l'ont surnommé Red Bull, parce qu'il met les ailes sur son flanc. Pas étonnant que les lecteurs de Juvemania.it le désignent Juventino del 2010 avec 29 % des suffrages pour 21 % au président Andrea Agnelli et 17 % à Alessandro Del Piero alors que Gigi Buffon ne décroche pas une seule voix de préférence. Une cote d'enfer pour le Serbe qui, trois mois après son arrivée, confie que quand il était plus jeune, il était supporter de la Juventus. Il raconte qu'en 1996, alors qu'il habitait au Kosovo, il voulait voir la finale de la LC mais comme le signal était faible, c'était râpé jusqu'au moment où accompagné d'amis il décida de fabriquer une antenne artisanale. Déjà l'amour bianconero. Depuis son arrivée, Krasic a plus d'une fois été comparé à Pavel Nedvìd pour son aspect physique et son jeu. Reste à voir sur le long terme car en huit saisons, le Tchèque n'a jamais réussi un hat-trick. Le Serbe a cependant été au centre d'une polémique. Le 24 octobre, à la 34e contre Bologne, il fonce vers le but adverse, DanielePortanova le contre sans lui tomber dessus mais Krasic vole en l'air et implore un arbitre qui siffle penalty (non transformé par Vincenzo Iaquinta). Mais les images sont nettes : il y a simulation et le joueur est logiquement suspendu pour deux rencontres. La Juventus n'avale pas la sanction et trois semaines plus tard, elle accuse le comité sportif de parti-pris parce qu'il ne suspend pas MassimoAmbrosini, doublement antisportif contre Palerme (après avoir contrôlé le ballon du bras, le milieu de Milan tombe alors que c'est ce dernier qui a touché du pied le gardien adverse, recevant un penalty inexistant). Des péripéties qui vaudront à Krasic une campagne de presse excessive orchestrée, entre autres, par Mediaset. Le groupe de presse, propriété de Silvio Berlusconi, n'hésitera pas à jouer l'amalgame, allant jusqu'à mettre en cause la nationalité du joueur : à ce moment-là, les incidents du match Italie-Serbie (12 octobre) sont encore frais dans toutes les mémoires. A son arrivée, Krasic n'était pas un inconnu en Italie. Le 9 décembre 2001, alors qu'il était déjà titulaire à Vojvodina, il effectue un stage à Milan en compagnie de son équipier Milan Stepanov. A Milanello, il joue avec la Primavera dirigée par Mauro Tassotti, qui remet un rapport favorable. Mais quand Franco Baresi, responsable de l'école des jeunes, prend contact avec Vojvodina, la direction lui réclame 400.000 euros pour les deux garçons et l'affaire échoue. Formé au Rudar Kosovska Mitrovica, Krasic rejoint Vojvodina Novi Sad en 1999. C'est là qu'il rencontrera Milan Jovanovic, qu'il considère comme son grand frère. En janvier 2004, il émigre au CSKA Moscou avec lequel il réussit deux doublés championnat-Coupe (2005, 2006) et enlève 2 Coupes (2008,2009), trois Supercoupes (2004, 2006, 2007) et la Coupe UEFA 2005. Entre-temps, il devient un incontournable chez les U21 avec lesquels il perd la finale de l'Euro 2004 face à l'Italie, atteint les demi-finales en 2006 avant de connaître une nouvelle déception en finale l'année suivante contre les Pays-Bas. En 2008, il décroche la première de ses 34 sélections en équipe A et lors de la seule victoire au Mondial contre l'Allemagne, il a ridiculisé 12 fois HolgerBadstuber, obligeant Joachim Löw à le sortir. PAR NICOLAS RIBAUDOLors de la seule victoire de la Serbie au Mondial, il a ridiculisé 12 fois Badstuber, obligeant Löw à le sortir.