En septembre dernier, Marc De Hous (40 ans) a mis fin à trois ans parmi l'élite du tennis mondial. Il a pris congé de Kim Clijsters pour préparer Kirsten Flipkens (ancienne championne du monde des Juniores) aux Jeux de Pékin, tout en s'occupant des élites flamandes de plus de 16 ans. Autrefois placé au premier rang de l'US Open pour admirer Kim à l'£uvre, le voilà dans l'anonymat des tribunes du circuit ITF, même si le tournoi de Roland Garros lui offre l'occasion de humer encore le parfum d'un Grand Chelem - d'un court annexe, certes. Son contrat au BLOSO, l'équivalent flamand de l'ADEPS, constitue un retour au bercail pour l'entraîneur anversois.
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En septembre dernier, Marc De Hous (40 ans) a mis fin à trois ans parmi l'élite du tennis mondial. Il a pris congé de Kim Clijsters pour préparer Kirsten Flipkens (ancienne championne du monde des Juniores) aux Jeux de Pékin, tout en s'occupant des élites flamandes de plus de 16 ans. Autrefois placé au premier rang de l'US Open pour admirer Kim à l'£uvre, le voilà dans l'anonymat des tribunes du circuit ITF, même si le tournoi de Roland Garros lui offre l'occasion de humer encore le parfum d'un Grand Chelem - d'un court annexe, certes. Son contrat au BLOSO, l'équivalent flamand de l'ADEPS, constitue un retour au bercail pour l'entraîneur anversois. Ce changement de cap, amorcé en concertation avec sa femme, lui permet cependant de rester dans le milieu du tennis de haut niveau. " Les tournois ITF sont bien organisés. Certes, nous ne vivons pas dans des hôtels luxueux et nous nous entassons à six dans une voiture mais le glamour de la WTA ne me manque pas du tout. Je reste dans le sport de haut niveau, à un échelon moindre, tout en passant plus de temps à la maison ". De Hous relève un fameux défi. Sa nouvelle pupille a chuté au classement. Elle en occupe le 150e rang suite à des blessures. Elle espère regagner 20 à 30 places d'ici la fin de l'année mais surtout être épargnée par les pépins physiques. " Suite à ses problèmes au poignet et au dos, sa condition physique est devenue prioritaire. Les résultats suivront si elle peut s'entraîner un an sans coupure. La gravité de sa blessure au dos lui a donné un coup au moral ". Le coach a l'habitude des joueuses blessées mais la nature de son travail actuel est bien différente. Contrairement à Kim, Kirsten est plutôt frêle (1m65, 55 kg). " Elle peut opposer son habileté à ces armoires à glace. C'est ce qui fait la beauté du tennis : il y a moyen de compenser certains handicaps par sa technique. Cependant, nous devons travailler prudemment. Elle ne rechigne pas à l'ouvrage mais il n'est pas question de brûler les étapes et de provoquer une rechute. Nous voulons optimiser ses qualités, pas la forcer ". Le BLOSO a fixé un objectif concret à De Hous et à sa nouvelle élève : les prochains JO. Ils jouissent de la possibilité de travailler à moyen terme. Mais De Hous connaît trop bien le milieu pour se reposer sur ce crédit de temps. " Imaginez qu'elle occupe toujours le 150e rang à la fin de cette saison. Elle commencerait à douter. Il n'y a rien de pire pour un sportif. Nous devons aussi chercher des tournois ITF, dotés de 25.000 à 75.000 dollars, car on gagne peu de points dans les qualifications pour les tournois WTA ". La jeune Belge a disputé deux tournois aux Canaries. Elle a fait l'impasse sur le troisième, sur les conseils de De Hous, qui la trouvait fatiguée. Celui-ci insiste sur l'aspect psychologique. Il y a trois ans, Kirsten avait battu Michaëlla Krajicek en finale de l'US Open Junior. Sa rivale d'alors est désormais numéro 50. " Cela trotte dans la tête, évidemment. J'insiste sur le fait qu'elle doit s'accorder du temps, ne pas oublier qu'elle en a perdu suite à sa blessure, que cela n'a rien à voir avec son talent ". Aux yeux du public, Kirsten constitue la relève de Justine Henin et de Clijsters. La jeune fille, réaliste, cultive des objectifs plus modestes. " Un jour, elle a affirmé qu'elle signerait des deux mains pour réussir la même carrière qu' ElsCallens et qu'elle serait très heureuse de figurer dans le Top 70. Ce ne serait pas réaliste d'espérer qu'elle signe une carrière similaire à celle de Kim et Justine ". Si De Hous a pris un peu de recul, il suit avec intérêt les performances de son ancienne protégée, Kim, qu'il a quittée en septembre dernier. Il s'insurge quand on affirme que Kim ne sait pas jouer sur terre battue. " Elle s'est inclinée de justesse face à Jennifer Capriati en finale de Roland Garros en 2001. Elle semble en forme, si j'en juge par sa victoire à Varsovie, sur un court très pénible. Kim peut évoluer avec succès sur toutes les surfaces. Elle a la puissance, la vitesse, elle sait défendre et attaquer ". Quant à Justine... " Dans le circuit, on la surnomme The Comeback Kid. Elle a l'art de redresser des situations perdues ". L'employé du BLOSO s'intéresse aussi aux performances des hommes belges, relégués dans l'ombre des femmes. Il rigole : " Il y aura bien un numéro 1 mondial belge un jour ? Les hommes ne peuvent quand même pas rester à la traîne ? Bon, sérieusement, je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas émergé plus tôt ". FILIP DE WULF