Dans la famille Verheyen, on aime la Coupe de Belgique. Jan Verheyen, le père de Gert (33 ans), en a remporté quatre. L'attaquant brugeois l'a dépassé dimanche, en en accrochant une cinquième à son palmarès, après celles de 1989 avec Anderlecht (2-0 contre le Standard), 1995 (3-1 contre le Germinal Ekeren), 1996 (2-1 contre le Cercle Bruges) et 2002 (3-1 contre Mouscron). Il égale ainsi, avec Dany Verlinden, le record de Robby Rensenbrink et Hugo Broos. Il a aussi perdu deux finales : 1994 (0-2 contre Anderlecht) et 1998 (0-4 contre Genk).
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Dans la famille Verheyen, on aime la Coupe de Belgique. Jan Verheyen, le père de Gert (33 ans), en a remporté quatre. L'attaquant brugeois l'a dépassé dimanche, en en accrochant une cinquième à son palmarès, après celles de 1989 avec Anderlecht (2-0 contre le Standard), 1995 (3-1 contre le Germinal Ekeren), 1996 (2-1 contre le Cercle Bruges) et 2002 (3-1 contre Mouscron). Il égale ainsi, avec Dany Verlinden, le record de Robby Rensenbrink et Hugo Broos. Il a aussi perdu deux finales : 1994 (0-2 contre Anderlecht) et 1998 (0-4 contre Genk). GertVerheyen : Toutes les victoires en Coupe de Belgique sont belles, peu importe le contexte et l'adversaire. Certains joueurs retiennent plus facilement leur premier succès. Dans mon cas, ce serait le trophée conquis avec Anderlecht. Mais je n'y avais pas participé pleinement : j'étais monté au jeu en fin de match. La finale contre le Cercle fut spéciale : un derby brugeois au stade Roi Baudouin. Par contre, la finale contre le Germinal s'était disputée au stade Constant Vanden Stock, et celle perdue contre Anderlecht, à Sclessin. C'est différent, et à mes yeux, moins exaltant : une finale de Coupe de Belgique doit se jouer dans le stade national pour avoir toute sa saveur. La plus pénible fut sans conteste celle contre Genk. Ce n'est jamais agréable de perdre, et encore moins sur un score de 0-4. Une finale de Coupe n'est belle que lorsqu'elle est gagnée. Sinon, elle laisse de mauvais souvenirs. A la limite, je dirais même que c'est plus dur de s'incliner en finale qu'en demi ou en quarts de finale. Je suis fier, évidemment, d'en avoir disputé autant. Et d'en avoir gagné cinq. Ce n'est pas donné à tout le monde de connaître cela au cours d'une carrière. Et je prends toujours autant de plaisir à monter sur la pelouse. Pas du tout. D'abord, parce que je ne parviens jamais à inscrire un but contre les Bruxellois... ( il rit) Plus sérieusement, nos chances de victoire étaient tout de même plus grandes contre Beveren. Même si, pour l'amateur de football en général, un affrontement entre les deux premiers du championnat aurait sans doute était plus prestigieux. Beveren ne devait pas attendre de cadeau de notre part. Le cadeau, le club l'avait déjà reçu précédemment, puisque grâce à notre qualification pour la Ligue des Champions, il était assuré de participer à la Coupe de l'UEFA avant le coup d'envoi. Une grande importance, car avec une deuxième place en championnat et une victoire en Coupe de Belgique, on pourra en fin de compte considérer la saison 2003-2004 comme réussie. En cas contraire, on aurait gardé un goût de trop peu. Je signerais d'ores et déjà des deux mains pour un tel résultat la saison prochaine. Même si un titre, ce serait encore mieux. Nous avons effectivement perdu beaucoup de points lors du premier tour, mais nous avons réalisé de très belles performances sur la scène européenne. Au deuxième tour, ce fut l'inverse : nos rencontres internationales furent moins brillantes, mais nous avons effectué une remontée spectaculaire au classement du championnat de Belgique. Les blessures de certains joueurs importants nous ont certainement handicapé en début de saison. Mais, d'un autre côté, notre noyau est très étoffé et nous aurions dû être capables de compenser les indisponibilités. Compte tenu du retard que nous accusions à la mi-championnat, la Coupe de Belgique est très rapidement devenu un objectif majeur. Le Sporting West, Gand, La Louvière et Mouscron furent autant d'obstacles franchis sur la route menant à la finale. Ce ne furent pas des formalités. Les transferts réalisés durant le mercato ont sans aucun doute été bénéfiques, mais je ne pense pas que ce soit l'unique explication à notre forme ascendante durant le deuxième tour. Une petite touche technique ? Je crois que les qualités techniques de Bruges ont toujours été sous-estimées. A mes yeux, notre équipe joue très bien au football. Ce n'est pas parce qu'on propose parfois un défi physique à l'adversaire qu'on ne possède pas de technique. La puissance physique est simplement une corde supplémentaire qu'on a ajoutée à notre arc. Pour qu'un joueur puisse être engagé par Bruges, il doit nécessairement posséder une bonne base technique. Encore faut-il définir que ce que l'on entend par " technique ". Pour moi, avoir de la technique, c'est être capable de contrôler un ballon, d'adresser une bonne passe et de jouer rapidement. Et cela, tous les joueurs brugeois en sont capables, même s'il n'y a pas de Diego Maradona en nos rangs. Jusqu'à preuve du contraire, le football demeure un sport collectif, et c'est cet aspect-là qui prime. Mon style de jeu, forcément, ne peut pas être considéré comme purement technique, mais je possède suffisamment de technique pour évoluer dans une équipe de pointe du championnat de Belgique, comme Bruges, et également en... équipe nationale belge. 50 capes, deux Coupes du Monde : c'est impossible à réussir si l'on ne possède pas un minimum de technique. Probablement Jonathan Blondel. Mais, plutôt que du joueur le plus technique, je parlerais du footballeur le plus complet : il allie la technique, la force de travail, l'engagement dans les duels. Il est présent à chaque instant de la partie, et ne se contente pas de briller offensivement. Il effectue aussi un énorme boulot dans la récupération du ballon. Sa technique est simplement un atout supplémentaire qu'il ajoute à son travail. Il maîtrise toutes les facettes du footballeur moderne. S'il a été très rapidement adopté par l'ensemble du groupe, c'est parce que chacun s'est rendu compte qu'il s'agissait d'un excellent footballeur, qui apportait une plus-value à l'équipe et qu'il témoignait de beaucoup de bonne volonté à l'entraînement. Pas parce qu'il se montrait gentil avec tout le monde dans le vestiaire. Effectivement, on peut voir les choses de cette façon. Il a permis de remporter des points importants, comme lors du match à La Louvière, où son entrée au jeu fut déterminante. Gaëtan est un joueur très important pour le Club. Son association avec Jonathan Blondel dans l'entrejeu, ou avec Nastja Ceh comme ce fut le cas dimanche dernier, vaudra encore beaucoup de satisfactions à Bruges. Ajoutez-y Philippe Clement ou Timmy Simons, selon que l'un joue en défense et l'autre en milieu de terrain, et l'on sera paré dans ce secteur de jeu. Personnellement, je n'ai pas d'avis à donner concernant la meilleure position de ces deux joueurs. C'est un choix de l'entraîneur, et il s'opère généralement en fonction du type de joueurs qui évoluent dans l'équipe adverse. Si l'opposant aligne un attaquant redoutable dans le jeu de tête, c'est peut-être préférable d'aligner Philippe à l'arrière. Et Timmy, dans le cas où l'attaquant adverse est très rapide. Si cela ne tenait qu'à moi, il aurait encore pu continuer. Car je trouve qu'il est encore très bon. Le fait qu'il soit parvenu à reléguer un international croate comme Tomislav Butina sur le banc démontre sa valeur. Mais les meilleures choses ont une fin. On le regrettera. Chacun, dans l'équipe, avait en tout cas à c£ur de lui offrir la victoire pour son dernier match. C'est toujours mieux de prendre congé en gagnant. La longévité de Dany Verlinden démontre tout son talent. Il s'est toujours très bien soigné et a conservé tous ses réflexes. S'il n'a pas réalisé une grande carrière internationale, et a souvent dû se contenter d'une place de troisième gardien dans les grands tournois, c'est dû au fait qu'il avait affaire à forte concurrence : il est de la génération de Michel Preud'homme, Gilbert Bodart et Filip De Wilde. Il a peut-être souffert, aussi, d'un manque de charisme, mais sur base de ses prestations, il figure à mes yeux dans la lignée des tout grands. J'ai l'impression, d'ailleurs, qu'il est davantage apprécié aujourd'hui qu'il y a dix ans. Il nous manquera. Mais j'ai confiance en Tomislav Butina : lui aussi démontrera ses qualités. Il exerçait, effectivement, une influence très importante dans le vestiaire également. Et la hiérarchie se trouvera un peu modifiée, la saison prochaine. Fondamentalement, rien n'a vraiment changé. La différence, c'est qu'autrefois il y avait 15 joueurs dans le noyau et qu'il y en a 30 aujourd'hui. Il y a aussi plus d'étrangers. Jadis, la règle était d'avoir trois étrangers dans une équipe. Leur nombre s'est multiplié. Mais les caractéristiques propres à Bruges sont demeurées identiques. Il y a toujours eu une bonne base de joueurs belges, qui assurent une certaine continuité. Ici aussi, je voudrais nuancer ces clichés un peu gratuits. Affirmer que Bruges joue sans pression est faux. C'est une équipe ambitieuse et l'obligation d'obtenir des résultats est réelle. A Bruges aussi, on aborde chaque saison avec l'ambition de remporter le titre. Et, lorsqu'on le loupe, ce serait trop facile de dire : - Cen'estpasgrave, onferamieuxl'annéeprochaine !Compte tenu de la situation dans laquelle nous nous trouvions à mi-championnat, c'est un succès. Mais on ne se contentera pas chaque saison de la deuxième place. C'est une équipe très particulière, avec tous ces Ivoiriens, et rien que pour cela, la finale de dimanche constituait un événement. Il n'y avait pas de raison de faire la fine bouche : si les Waeslandiens ont réussi l'exploit d'éliminer Anderlecht, ils méritaient leur place au stade ultime de l'épreuve. Ce sont tous de très bons footballeurs, très doués techniquement. Leur talon d'Achille, ce sont les erreurs qu'ils commettent fréquemment sur le plan tactique. Ils ont tendance à prendre trop de risques, et tôt ou tard, ils le paient cash. C'est à l'adversaire d'en profiter, en attendant le bon moment. En championnat, nous avons battu Beveren à deux reprises, mais en ayant souffert lors de la première mi-temps. Au Freethiel, nous étions menés 1-0 à la pause, mais tout est devenu plus facile par la suite. C'est typique de Beveren : ils commencent très fort, pratiquent un très bon football pendant une demi-heure, puis s'effondrent. Physiquement, mais aussi mentalement. Bruges a l'avantage de pouvoir jouer au même rythme durant 90 minutes et d'être aussi dangereux en début qu'en fin de match. Je ne sais pas si l'avènement d'une équipe comme Beveren est positive pour le football belge. Mais cela, c'est un autre débat. Daniel Devos" Une finale de COUPE n'est belle que LORSQU'ON LA GAGNE "