Alexandros Kaklamanos (29 ans) garde le sourire et martèle que tout va bien, mais on sent qu'il force sa nature. Le colosse grec de Sclessin ne peut pas être totalement heureux. Quatre matches complets et six petits buts (voir encadré) après 30 journées de championnat, c'est largement insuffisant pour l'un des principaux transferts de l'été dernier. Pour un attaquant qui avait claqué près de 40 goals lors de ses trois saisons à Gand.
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Alexandros Kaklamanos (29 ans) garde le sourire et martèle que tout va bien, mais on sent qu'il force sa nature. Le colosse grec de Sclessin ne peut pas être totalement heureux. Quatre matches complets et six petits buts (voir encadré) après 30 journées de championnat, c'est largement insuffisant pour l'un des principaux transferts de l'été dernier. Pour un attaquant qui avait claqué près de 40 goals lors de ses trois saisons à Gand. Alexandros Kaklamanos-Sambegou Bangoura, ce devait être le duo offensif choc de cette campagne. Les avis étaient unanimes, il y a 10 mois : le Standard avait fait très fort sur le marché des transferts. Mais une autre réalité s'est dégagée entre-temps : le trio qui fait parler la poudre pour les Rouches est composé d'Emile Mpenza, Jonathan Walasiak et Aliyu Datti. Les deux stars d'hier ne sont plus guère considérées que comme de simples sans-grade aujourd'hui. Les règles du jeu ont changé en cours de match... Alexandros Kaklamanos : Quand nous avons commencé la campagne de préparation, il n'était pas encore question du retour d'Emile Mpenza. Bien sûr, cela a immédiatement tout compliqué pour moi. Personne n'était quand même idiot au point de penser qu'un joueur pareil revenait ici pour s'installer sur le banc. Et l'éclosion d'un Aliyu Datti qu'on ne connaissait pas n'a fait que corser la difficulté. Oui. Je ne peux pas être entièrement satisfait. Evidemment. Mais à partir du moment où j'ai aussi rarement l'occasion de disputer des matches complets... Si je le savais... Non. Il sait ce qu'il fait. Ce n'est pas mon genre d'aller pleurnicher dans le bureau de l'entraîneur. Je respecte toutes ses décisions. S'il a quelque chose d'important à m'expliquer, il peut prendre l'initiative. Je suis frustré. En fait, je suis déjà frustré au moment où le match commence parce que je sais que je n'irai pas au bout. Que je sois très bon ou très mauvais. J'y pense sans arrêt. Dès que la deuxième mi-temps débute, je me mets à fixer régulièrement le marquoir en sachant que je vis mes dernières minutes sur la pelouse. Je ne dois même pas regarder qui s'échauffe : je sais que ce sera pour ma pomme ! (Il réfléchit). C'est une façon de voir les choses. Mais c'est quand même plus facile de marquer des buts face à des défenseurs fatigués par une heure de jeu que contre des adversaires à 100 %. Ils débordent d'énergie quand je les affronte, puis ils sont sur les rotules quand Datti monte au jeu. Je sais de quoi je parle : à l'Olympiakos, j'étais aussi un joker attitré et je marquais presque systématiquement alors que je jouais relativement peu. Non. Je préférerais commencer les matches... et les terminer. Moi, quand je monte en cours de rencontre, c'est pour quelques minutes seulement. Trop peu pour montrer quelque chose de valable. Quand vous ne restez que deux minutes sur le terrain, vous n'espérez même pas marquer : vous essayez seulement de toucher ne fût-ce qu'une fois le ballon ! Datti, lui, a presque automatiquement une demi-heure pour se faire remarquer. Oui, il a marqué dans ce match. Pas moi. Mais cela suffit-il à dire que j'ai été mauvais ? En première mi-temps, le Standard a eu une occasion et demie. Une reprise de la tête que j'ai faite sur un corner, et un but chanceux d'Emile. Pour le reste : rien du tout. Les centres ont commencé à arriver après ma sortie. Non. Simplement, on est arrivé à un stade du match où chaque équipe a pris conscience que la victoire était impérative, dans la course à un bon classement final. Le jeu s'est ouvert parce que le Standard et Westerlo se sont découverts. Il y a eu soudainement beaucoup plus d'espaces et Datti en a profité. Quand on se sent bien et qu'on est systématiquement titulaire dans une équipe qui tourne, tout devient beaucoup plus facile. C'est normal. Il était déjà très populaire ici avant de revenir. Je ne m'en fais pas, je n'ai pas besoin de ça. Je confirme. Malheureusement pour moi, je n'en fais pas partie. Et j'ai du mal à accepter que certains restent systématiquement sur la pelouse de la première à la dernière minute même quand ils ne touchent pas un ballon. C'est vrai. Il me le dit depuis le début de la saison. Je ne veux pas faire de commentaire. Que veut-on ? Que je me fasse exclure cinq fois sur la saison pour prouver que je sais m'engager ? C'est ridicule. Si je jouais une heure et demie chaque semaine, je serais peut-être un des tops aujourd'hui ! La grande différence entre Pieroni et moi, c'est qu'on lui fait confiance chaque semaine. C'est comme ça qu'on s'affirme devant le but. A Gand, ça marchait très bien pour moi parce que je savais qu'on croyait en moi. Non. Au moment où j'ai signé mon contrat, je savais à quoi je devais m'attendre. Aucun. Je voulais venir au Standard, j'y suis. Et s'il y a bien une chose dont je suis sûr, c'est que je resterai ici jusqu'à la fin de mon contrat, en 2006. Certaines parties de matches étaient à la limite trop folles pour qu'on puisse trouver une explication cohérente. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment nous avons pu laisser filer autant de points qui nous étaient promis : contre Mouscron, St-Trond, le Lierse, etc. C'est incompréhensible de se déconcentrer comme nous l'avons fait plus d'une fois. Il ne fallait même plus penser à Anderlecht : pour le titre, il était trop tard. C'est derrière nous que nous devions regarder attentivement. Nous ne l'avons pas fait et Bruges est revenu en boulet de canon. Quand vous ne faites que des nuls pendant deux mois, vos adversaires ne demandent pas votre autorisation pour gagner leurs matches et recoller au classement. Ce n'est pas normal, mais c'est malheureusement comme ça. Je préférerais que ce soit le match du stress. Parce que, du stress positif, c'est justement ce qui nous a manqué depuis janvier. Le stress est synonyme de concentration, et si nous avions été plus appliqués sur notre sujet, nous n'en serions pas à envisager aujourd'hui les conséquences d'un mauvais résultat à Bruges. Aucune idée. Je constate seulement que Bruges a été capable de prendre les trois points contre la plupart des petits clubs alors que nous avons accumulé les nuls. C'est ça, l'explication de l'évolution du classement général. On ne peut pas parler de clé à partir du moment où les deux équipes se connaissent parfaitement. Celui qui sera à 100 % gagnera le combat. Je ne serais pas aussi sévère. Une troisième place serait aussi un bon résultat d'ensemble. Mais bon, je me dis d'un autre côté que nous aurions aussi pu jouer le titre. Si nous avions été solidaires dans 30 matches plutôt que dans 20, nous n'aurions jamais été largués par Anderlecht. Là, ce serait la honte. Pas de commentaire. Ce n'est pas mon problème. Je fais mes entraînements et je n'écoute pas ce qui se dit autour de moi. Depuis le jour où j'ai signé mon contrat au Standard, on parle de mon retour à Gand (il rit). Je ne sais pas d'où viennent ces rumeurs. Il n'en a jamais été question. Je laisse parler les gens. Sachez seulement que, dès le départ, j'ai considéré le Standard comme un tremplin vers un club encore plus prestigieux, pas comme une équipe au-dessus de mes moyens. Presque partout où je suis passé, c'est pendant ma deuxième saison que j'ai explosé. Ce sera le cas ici aussi. Pas plus de 50 ou 60 %. Vu mon temps de jeu, il était peut-être difficile de faire mieux. Pierre Danvoye" Partout, c'est pendant ma DEUXIèME SAISON que j'ai explosé "