Du mythique Maracana de Rio de Janeiro au bouillonnant Sclessin : douze jours après la finale de la Coupe du Monde, ce vendredi, le Standard et Charleroi donnent le coup d'envoi de la saison 2014-2015. La préparation du championnat a été d'un calme plat. Les matches amicaux ont attiré fort peu de fans, au grand dam des trésoriers des clubs de province qui ont affronté les clubs de D1 : la Coupe du Monde a focalisé toute l'attention, même après l'élimination des Diables Rouges.
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Du mythique Maracana de Rio de Janeiro au bouillonnant Sclessin : douze jours après la finale de la Coupe du Monde, ce vendredi, le Standard et Charleroi donnent le coup d'envoi de la saison 2014-2015. La préparation du championnat a été d'un calme plat. Les matches amicaux ont attiré fort peu de fans, au grand dam des trésoriers des clubs de province qui ont affronté les clubs de D1 : la Coupe du Monde a focalisé toute l'attention, même après l'élimination des Diables Rouges. Initialement, le peu d'activité sur le marché des transferts semblait dû au Mondial. On a surtout enregistré des départs. Les grands clubs ont perdu des talents et la Belgique devient de plus en plus un pays d'export. Les clubs affirment vouloir étoffer leurs noyaux avec des jeunes issus de leur patrimoine mais ils ont encore trouvé une flopée d'étrangers de deuxième main. Même en ces temps de crise, l'opportunisme et la myopie empêchent beaucoup de clubs de mener une gestion qui s'appuie sur des bases solides. On ne peut que réitérer ce constat saison après saison. Il ne faut pas s'attendre à beaucoup de bouleversements cette saison. Anderlecht doit encore combler une série de brèches d'ici le début du mois de septembre mais il reste au top belge en matière de qualité. Des jeunes comme Dennis Praet et, surtout, Youri Tielemans vont poursuivre leur développement, Aleksandar Mitrovic doit éclater et le champion en titre possède en Besnik Hasi un entraîneur intelligent. Reste à voir comment ce coach exigeant, qui peut parfois exploser, va gérer l'indolence qui s'empare parfois du groupe et qui semble faire partie de la culture du club. En Ligue des Champions, Anderlecht ne doit pas nourrir trop d'illusions. Le temps où les Mauves avaient l'ambition de se placer sur la carte européenne est révolu. Après dix ans, le Club Bruges veut enfin enlever le titre. Sa quête prend la forme d'une telle obsession que la tension risque d'être forte dans les prochains mois. Les joueurs qui pouvaient ou voulaient partir (Vadis Odjidja, Thomas Meunier, Maxime Lestienne) sont toujours là et, en pointe, le Club manque d'efficacité. Michel Preud'homme, enrôlé comme un gourou, insiste pour obtenir des renforts mais il faut voir si le Club, qui a réalisé un nombre impressionnant de transferts ces dernières années - 46 nouveaux joueurs ces trois dernières saisons - va continuer à investir. Le Standard a perdu deux charnières, Michy Batshuayi et William Vainqueur, sans avoir encore trouvé d'alternatives valables, même s'il aurait l'intention de recruter cinq joueurs. Toutefois, cette formule de championnat contestée ne constitue qu'un long préliminaire. Ce n'est que dans huit mois, le 4 avril, que le championnat commencera vraiment, avec les play-offs. Faire et refaire, le football est un éternel recommencement. Lokeren, le premier à avoir fait ses devoirs, est aussi le seul à avoir misé sur la force de la continuité. C'est très différent à Gand où Hein Vanhaezebrouck, un entraîneur qui a un plan très clair, a ouvert une nouvelle voie et dispose de nombreux joueurs au grand potentiel. Toutefois, fondre ce groupe en équipe qui pense en termes collectifs constitue un fameux défi. Le Genk d'Emilio Ferrera doit également trouver son organisation tandis que Zulte Waregem, affaibli, cherche toujours de nouveaux joueurs. Il faudra toute la science de Francky Dury pour lui conserver son statut. Enfin, que peut-on espérer d'Ostende, qui s'est renforcé de manière ciblée mais sans souci de l'avenir, et du retour de la D1 à Mouscron ? Plus que jamais, on peut s'attendre à de nombreux transferts dans les semaines à venir. Ce numéro spécial championnat, clôturé vendredi, n'en donne pas moins un reflet clair des seize formations de D1. Les tendances se dessinent déjà. Plus on attend pour renforcer son noyau, moins on a d'opportunités. Ça revient à chercher la perle rare. PAR JACQUES SYSLa Belgique est plus que jamais un pays d'export.