H einVanhaezebrouck est un beau parleur. Dans la semaine qui a précédé le match de Supercoupe au Standard, il s'était déjà épanché dans la presse en utilisant certaines de ses expressions qui font les délices des journalistes. Du style : " L'Union belge est un château du Moyen Age ". Pour son franc-parler, l'ancien défenseur central de Harelbeke et de Lokeren était un consultant apprécié en Flandre. Est-il un bon entraîneur ? Il faut reconnaître qu'il a sauvé Lauwe de la relégation en Promotion, qu'il a propulsé Courtrai en D1 et qu'il l'a maintenu parmi l'élite en proposant un football attractif et sans réclamer des renforts à cor et à cris comme le fait son successeur au stade des Eperons d'Or, GeorgesLeekens. Mais Courtrai, que l'on croyait à l'abri à mi-parcours, a quand même dû cravacher pour s'en sortir, a même un moment paniqué au point de voir dans un éventuel refus de licence à Mouscron son unique planche de salut, avant de ...

H einVanhaezebrouck est un beau parleur. Dans la semaine qui a précédé le match de Supercoupe au Standard, il s'était déjà épanché dans la presse en utilisant certaines de ses expressions qui font les délices des journalistes. Du style : " L'Union belge est un château du Moyen Age ". Pour son franc-parler, l'ancien défenseur central de Harelbeke et de Lokeren était un consultant apprécié en Flandre. Est-il un bon entraîneur ? Il faut reconnaître qu'il a sauvé Lauwe de la relégation en Promotion, qu'il a propulsé Courtrai en D1 et qu'il l'a maintenu parmi l'élite en proposant un football attractif et sans réclamer des renforts à cor et à cris comme le fait son successeur au stade des Eperons d'Or, GeorgesLeekens. Mais Courtrai, que l'on croyait à l'abri à mi-parcours, a quand même dû cravacher pour s'en sortir, a même un moment paniqué au point de voir dans un éventuel refus de licence à Mouscron son unique planche de salut, avant de finalement se sauver sur le terrain en s'imposant à Westerlo lors de la dernière journée. " Le déclin de Courtrai s'est amorcé lorsque Vanhaezebrouck a annoncé son départ ", clament ses défenseurs. Mais, malgré toutes les louanges dont on l'a gratifié, Vanhaezebrouck n'a obtenu que très peu de points au référendum de l'Entraîneur de l'Année. Ce genre de vote vaut ce qu'il vaut, mais lorsqu'on sait que ce sont les footballeurs eux-mêmes qui sont appelés à exprimer leur avis, on peut déduire que ses propres joueurs ont oublié de cocher la case correspondant à son nom. Jusqu'à présent, Vanhaezebrouck a bâti sa renommée dans des clubs modestes. Genk, c'est un autre défi, et il le reconnaît lui-même : " La première chose qui m'a sauté aux yeux, c'est que je suis entré dans un autre monde. Les infrastructures, l'organisation, la grandeur du club : cela n'a rien à voir avec Courtrai. "Sa marque de fabrique, c'est son fameux 3-4-3. " Mes principes resteront les mêmes : produire du beau jeu, en essayant d'être dominant dans le jeu. " Dominant, Genk l'a été samedi, mais pas efficace. Et c'est le grand regret de son coach. " Lorsque je compulse le classement, avec Malines en tête après sa victoire 4-1 contre Westerlo, je me dis que c'est Genk qui aurait dû occuper cette place. 4-1, c'eut été le résultat logique. On a dominé tant que faire se peut, on s'est créé d'innombrables occasions mais on ne les a pas concrétisées. Mes joueurs ont fait tout ce qu'il fallait... sauf marquer. C'est le seul point négatif. Même défensivement, ils n'ont concédé que deux occasions à l'adversaire. C'est très peu... mais cela a résulté en autant de buts. En volley, l'équipe qui domine gagne toujours. Pas en football. "On conseillera donc à Vanhaezebrouck de devenir entraîneur de volley. Car les murmures du public lors de certaines passes approximatives, ou les remarques dépitées des suiveurs réguliers de Genk, attestent que tout n'était pas aussi parfait. " Bon, d'accord, certains joueurs étaient un peu nerveux. Mais c'est normal : c'était le premier match de championnat, la première apparition officielle devant le public local... et la première fois qu'on était mené aussi tôt. "Le plus curieux, c'est que Vanhaezebrouck songe déjà à... sa succession ! " Je veux laisser une bonne base à mon successeur, le jour où je quitterai le club. Celle dont j'ai hérité moi-même n'était pas mauvaise, même s'il y avait encore quelques points à améliorer. "Vanhaezebrouck a aussi découvert qu'il y avait quelques bons jeunes à Genk. " C'est une tradition dans le club et je ne les oublierai pas. " Il a effectivement donné une chance à beaucoup d'entre eux. Contre le PSV, on a admiré le beau pied gauche de StefPeeters. Contre Leverkusen c'est KevinDeBruyne qui a inscrit l'unique but de ses couleurs et qui en a été récompensé par une titularisation en Supercoupe. " Seulement voilà : il a été impressionné par l'ambiance de Sclessin, par ce grand stade. Il a pu mesurer le chemin qui lui reste à parcourir pour devenir un vrai joueur de D1. " Lorsque les trois coups du championnat ont retenti, fini de jouer : De Bruyne était sur le banc et Peeters dans la tribune. L'inefficacité en zone de conclusion, ce n'est pas nouveau. En Supercoupe, Vanhaezebrouck avait surtout pointé les phases arrêtées du doigt. " On a hérité de nombreux coups francs aux abords des 16 mètres. Dans mon équipe, plusieurs joueurs se proclament spécialistes de ce genre de tir. Pour moi, un spécialiste est quelqu'un qui, sur trois envois, en envoie un dans le but, un autre sur le poteau et un troisième juste à côté. Or, j'ai constaté que la plupart des envois ont échoué dans la tribune. " Contre Mouscron, Genk n'a hérité que d'un seul coup franc aux abords des 16 mètres. C'est FabienCamus qui s'en est chargé. Il s'est rapproché de la cible : le ballon a léché la transversale. Mais l'envoi n'était toujours pas cadré. par daniel devos"Plusieurs joueurs se proclament spécialistes des coups francs..."