Il suffit de se promener aux alentours des stades et d'ouvrir les yeux pour constater à quel point le public et tous les intervenants dans l'organisation des matches en Belgique sont à mille lieues des préoccupations climatologiques. Des économies d'énergie non négligeables pourraient pourtant être facilement réalisées.
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Il suffit de se promener aux alentours des stades et d'ouvrir les yeux pour constater à quel point le public et tous les intervenants dans l'organisation des matches en Belgique sont à mille lieues des préoccupations climatologiques. Des économies d'énergie non négligeables pourraient pourtant être facilement réalisées. Par exemple en s'interrogeant sur la prétendue nécessité de disputer la plupart des rencontres en soirée ? Hormis en début et en fin de championnat, quand les longues journées ne nécessitent pas d'éclairage, la consommation de centaines de puissants projecteurs d'octobre à avril n'a rien d'anodin. Il y a une vingtaine d'années, presque tous les matches se déroulaient le dimanche après-midi. La donne a changé avec l'apparition des loges et des business seats, le monde des affaires prétendant que les relations commerciales sont meilleures et plus faciles en soirée. Or, les championnats allemand et anglais se déroulent majoritairement le samedi après-midi et les affaires des parraineurs n'y sont pas moins fructueuses que chez nous ! Quant à tous ceux n'ayant pas le privilège d'être au chaud au sein des loges en hiver, il serait tout de même plus agréable de se rendre au stade en journée, à une heure où la température est moins froide. Les enjeux commerciaux sont aussi à l'origine de l'énorme gaspillage qui voit des centaines de milliers de gobelets en plastique envoyés chaque saison à l'incinérateur. Autour des enceintes, ce sont de véritables montagnes de déchets non recyclables qui partent en fumée alors qu'en Allemagne, il y a plus de dix ans que toutes les manifestations sportives (mais aussi culturelles) pratiquent le système des gobelets consignés à 1 euro. La plupart des organisateurs se retranchent derrière l'investissement nécessaire à l'achat de gobelets plus solides, capables de résister à plusieurs lavages et à de nombreuses manipulations, ainsi que la complication de la mise en place de main- d'£uvre pour le nettoyage. Les Allemands y arrivent depuis longtemps. De plus, il existe une alternative relativement récente : les contenants biodégradables à base de maïs ! Il y a peu, à un quart d'heure de la fin d'une rencontre importante, nous traversons un parking où des dizaines d'autocars de supporters attendent la fin de la rencontre et le retour de leurs passagers. Il y règne une atmosphère irrespirable, la plupart des chauffeurs laissant tourner le moteur de leurs véhicules durant presque tout le match, chacun dans leur véhicule. Et il en allait de même pour tous les combis de police... Toujours chez nos voisins allemands, nous avons vu des autocaristes se faire verbalement agresser par des supporters pour avoir adopté une attitude similaire. La ville de Fribourg, connue et reconnue internationalement depuis quelques années comme la ville de l'énergie solaire et propre, fut aussi la toute première, en 1995, à marier sport et cause environnementale. Le Dreisamstadion, le repère du FC local, est pourvu d'un toit recouvert de modules photovoltaïques et de capteurs thermiques. L'originalité de l'action ne s'est pas arrêtée là puisque l'investissement (un million d'euros) fut non seulement réalisé conjointement par la ville et le club, mais aussi par des supporters éco-responsables ayant acheté des titres au prix de 5.000 euros. La rénovation des arènes pour la Coupe du Monde 2006 intégrait également un volet consacré à l'environnement. Les eaux de pluie sont désormais récupérées pour arroser les pelouses et pour les toilettes publiques, des panneaux capteurs alimentent les stades en électricité (la totalité de la consommation électrique, soit 13 millions de kilowattheures, provient des énergies renouvelables) et les stades ont été équipés de systèmes de tri sélectif. Même la bière y est servie dans des gobelets recyclés et les saucisses dans des petits pains et non plus du papier. Quelques clubs aux moyens plus modestes s'y sont mis également, comme le SSV Reutlingen ( Régionalliga Süd), qui s'est doté d'une superbe tribune couverte de capteurs. Le toit du Stade de Suisse à Berne accueille la plus grande centrale solaire jamais construite sur un édifice sportif et 25 kilomètres de câbles puisent la chaleur destinée à la pelouse dans le sous-sol. Paris aura bientôt sa première construction sportive réellement écologique puisque la couverture du futur édifice de l'équipe de rugby du Stade Français sera en résille béton fibre posée sur des cellules photovoltaïques. Et chez nous ? Genk a prévu la récupération des eaux de pluie pour l'arrosage, mais c'est totalement insuffisant. La Belgique, comme souvent à la traîne dans ce domaine, va enfin avoir son bon exemple à suivre avec le futur Arteveldestadion de Gand. Les premiers plans lui prévoyaient une couverture extérieure en verre, esthétique mais peu performante au niveau calorifique. L'architecte John Bontinck et les responsables ont néanmoins eu le courage de repenser entre-temps fondamentalement toute la conception du projet. Le futur repère des Buffalos sera donc emballé d'une toile constituée de matériaux qui isoleront du chaud l'été et du froid l'hiver. Et ici aussi, 13.000 mètres carrés de panneaux capteurs de lumière sont prévus ainsi que la récupération des eaux de pluie. A l'heure où Alain Courtois défend la candidature belgo-néerlandaise pour la Coupe du Monde 2018, il est plus que temps que les problèmes environnementaux s'invitent à la table de toutes les réunions. par rudi katusic