Les grands clubs ne sont pas à l'abri des petites turpitudes. Témoin l'anecdote concernant Pedro Munitis, passé cette saison du Real à Santander. Munitis est resté deux ans à Madrid, bouffé par une concurrence n'épargnant que les demi-dieux du noyau: son compte en banque s'arrondissait, mais à mesure que son fond de culotte s'usait sur le banc. Toutefois, il semble que Munitis aime davantage jouer au foot qu'un p'tit gars comme Guti, lequel effectue plein d'entrain sa sixième saison comme cinquième roue de charrette dans le club de son coeur. Ou peut-être est-ce le Real qui a flairé la goutte avant que le vase déborde, trouvant que Munitis commençait à trop tirer sa tronche: avec en corollaire le risque de n'être même plus performant, les rares fois où il aur...

Les grands clubs ne sont pas à l'abri des petites turpitudes. Témoin l'anecdote concernant Pedro Munitis, passé cette saison du Real à Santander. Munitis est resté deux ans à Madrid, bouffé par une concurrence n'épargnant que les demi-dieux du noyau: son compte en banque s'arrondissait, mais à mesure que son fond de culotte s'usait sur le banc. Toutefois, il semble que Munitis aime davantage jouer au foot qu'un p'tit gars comme Guti, lequel effectue plein d'entrain sa sixième saison comme cinquième roue de charrette dans le club de son coeur. Ou peut-être est-ce le Real qui a flairé la goutte avant que le vase déborde, trouvant que Munitis commençait à trop tirer sa tronche: avec en corollaire le risque de n'être même plus performant, les rares fois où il aurait sa chance. Toujours est-il que le Real a engagé un gars intitulé Tote, pour garder sur son banc cette dose de candeur et d'illusions qu'avait perdue Pedro; et qu'il a prêté Munitis à Santander. Cela s'appelle la gestion des ressources humaines, le Real est une boîte branchée. Il s'agit d'un prêt, Munitis étant toujours sous contrat au Real. Et le Real continue de verser la moitié du salaire, vu que le Munitis de l'argus n'était pas dans les joujoux que pouvait s'offrir Santander. Cela aurait pu en rester là, la pratique est devenue de bonne guerre: le petit club économe acquiert un bon joueur à mi-tarif, le grand club dispendieux se débarrasse d'un bon à rien (ou plutôt d'un gars qu'il a lui-même transformé en bon à rien) en récupérant une partie de sa mise. Seulement voilà, il y a eu un addendum minable. Le Real avait imposé que Munitis ne soit pas aligné lors des deux rencontres entre Santander et lui: le raisonnement, petit, du plus grand club du monde était qu'il n'allait quand même pas rémunérer un joueur pour que ce dernier lui mette des goals au fond! Mouais. Avec pareille moralité jolie, tu achètes tout ce qui bouge si tu es friqué, tu sous-loues 90% de tes achats en incluant cette clause puante, et tu es champion les doigts dans le nez en ayant laminé tes adversaires hors du terrain.C'est bien connu, le foot mérite d'exister pour les immenses valeurs éthiques qu'il véhicule.Seulement voilà, bis! Valdano, le directeur sportif du Real, qui a été un très grand joueur de football avec ses pieds, est très nul en dactylographie avec ses doigts: et il a oublié d'inclure, dans le contrat de location écrit, l'accord verbal conclu avec Santander! Tant et si bien que fin octobre, Munitis était libre de jouer contre le Real! Et que Munitis l'a fait malgré les intimidations du grand Del Bosque, lequel lui conseillait vivement de s'abstenir s'il voulait réintégrer le bercail après son prêt! Et que Munitis l'a si bien fait qu'il a mis un but, et que le Real a été battu 2-0! Belle histoire de galopin qui fait la nique aux grands. Mais spleen quand même, les grands clubs sont trop grands de partout: dans leurs rêves de d ream teamautant que dans leurs magouilles, dans leurs recettes autant que dans leur endettement. Un jour on a des milliards de dettes selon la gazette, le lendemain on achète Figo, Zidane puis Ronaldo, ...alors qu'on vient de remporter sans eux deux Ligues des Champions. Ronaldo est programmé pour remporter le Mondial 2006 et pour faire vendre des vareuses mais, depuis 1998, il a joué autant de matches complets en club que Iachtchouk, Genaux et Oyen réunis! Figo, je viens de lire qu'on envisageait de l'échanger avec Shevchenko: car le Portugais serait cher à l'entretien, tandis que le Real aurait des difficultés pour acquitter le transfert du Brésilien! Pendant ce temps, Guti et McManaman font partie des meubles même si le meuble est souvent le placard, et Morientes pourrait rapidement les y bousculer. Tout ça pour un dream quatuor offensif qui n'existe le plus souvent que sur papier, pour deux victoires en 6 matches de Ligue des Champions, et pour une actuelle 5ème place en Liga. Abondance de biens nuit? Si ce n'était que cela! Au Real et ailleurs, abondance de biens dégoûte du foot.