Ligue des Champions, demi-finales-aller. Quatre élus, tous qualifiés 3-2 au bout de 2 x 90'en quarts : score étriqué commun confirmant qu'au foot, qualif pour l'un et couac pour l'autre relèvent davantage du vogelpik que d'une supériorité objective du vainqueur... quoique décortiquent les analyses a posteriori ! Deux clubs espagnols, mais faut-il en déduire une supériorité des footballeurs ibères ?
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Ligue des Champions, demi-finales-aller. Quatre élus, tous qualifiés 3-2 au bout de 2 x 90'en quarts : score étriqué commun confirmant qu'au foot, qualif pour l'un et couac pour l'autre relèvent davantage du vogelpik que d'une supériorité objective du vainqueur... quoique décortiquent les analyses a posteriori ! Deux clubs espagnols, mais faut-il en déduire une supériorité des footballeurs ibères ? Mini-sondage : sur 44 joueurs au départ des quarts-retour, ils étaient 11 Espagnols : davantage que les 7 Français et 6 Brésiliens, mais seulement 2 au Réal et 4 à l'Atletico,... pour 2 à City et 3 au Bayern ! En fait, cette petite stat révèle que les top-clubs d'Europe occidentale se satisfont TOUS d'une minorité de nationaux : 6 Espagnols sur 22 en Espagne (27 %), 4 Allemands au Bayern (36 %), 1 Anglais à City (9 %)... thanks Joe Hart ! Européanisation donc, mondialisation pas encore : 33 de ces 44 gars étaient Européens, mais 2 seulement venaient de l'Est (Jan Oblak et Luka Modric). Surprise aussi, les 11 autres étaient tous originaires d'Amérique latine, j'aurais cru l'Afrique plus présente au top : elle ne l'était que via les origines de Bakary Sagna et Eliaquim Mangala, et Yaya Touré cirait le banc. Hier soir, Touré a-t-il joué, Sagna a-t-il contenu Cristiano Ronaldo, Mangala a-t-il résilié son abonnement aux gaffes ? Je l'ignore en l'espérant. D'abord en raison de mon petit fond supportariste belge : il me plairait quand même de voir Kevin De Bruyne et Vincent Kompany brandir la coupe aux grandes oreilles. Mais aussi parce que je trouverais prématuré que Zinédine Zidane la brandisse, au bout de son premier bout de saison. Ça porterait au paroxysme le mythe du magicien, multipliant la beauté offensive comme Jésus les p'tits pains, alors que l'apport essentiel de Zizou/coach ne fut que pragmatique : ajouter Casemiro l'arracheur devant sa défense, au détriment fréquent de James Rodriguez l'esthète...et je n'ai sûrement rien contre : mais c'était, moins que Rafael Benitez, privilégier le jeu offensif ... le poète n'est pas toujours celui qu'on veut croire ! Bref, rapport à un curriculum de top-coach, Manuel Pellegrini mérite plus que Zidane de rafler le trophée : ce qui, incidemment, ferait rire jaune Pep Guardiola : comme hier au Bayern, il débarquerait à City dans un club roi d'Europe sans lui ! Ce ne sera pas le cas, m'a dit un copain, le Bayern est favori, faut juste que Pep ne fasse pas le con comme à Benfica, et qu'il aligne Robert Lewandowski ! Mouais. Outre le fait que le noyau munichois est pléthorique et que Pep l'a habitué à tourner, se priver du Polonais ne me choque pas : car Thomas Muller sait tout faire y compris marquer beaucoup de buts, tandis que Lewandowski ne sait que marquer beaucoup de buts ! Première réponse ce soir face à l'Atletico, match alléchant tant il oppose des extrêmes. Le Bayern de Pep est moderne, il aime la possession,... les guerriers de Diego Simeone jouent à l'ancienne, archi-bas autour de Diego Godin leur chef, qui n'a pas pour lui que sa filouterie : c'est un obsédé de l'arrachage comme il en reste peu parmi les défenseurs ! Les Colchoneros aèrent à grands coups de botte n'importe où comme en provinciale, ils se sont débarrassés du Barça avec 28 % de possession/ballon (record rigolo), ils n'ont pas mis une seule fois hors-jeu les stars de Luis Enrique ! A la télé, j'ai entendu qu'ils étaient très organisés mais pas vraiment défensifs, couillonnade : ils sont organisés et extrêmement défensifs ! En sachant ressortir évidemment : à ce propos, quand Filipe Luis joue comme ça, défend comme une teigne et contre-attaque comme une anguille lucide, je me torture pour comprendre ce que José Mourinho, la saison dernière à Chelsea, trouvait de supérieur, comme back gauche, à César Azpilicueta... Gaffe donc, Bayern ! Le discours contemporain, c'est proclamer que pour être les plus forts, il faut avoir la possession/ballon... et peut-être que même Simeone ne le conteste pas. Mais ce que se dit d'abord le réalisme de l'électrique Argentin, c'est que pour avoir une chance de battre plus fort que soi, il ne faut pas rêver de rivaliser quant à la possession/ballon ! Médite, Pep, toi qui as la chance de toujours coacher les plus fortiches... PAR BERNARD JEUNEJEAN