Que pensez-vous de la finale de la Coupe de Belgique de ce dimanche ?

GeorgesHeylens : C'est une finale inédite, qui réunit deux équipes qui ont réalisé un bon parcours en championnat, surtout dans le chef de St-Trond. C'est à l'image de ce que l'on voit parfois en France : une finale d'outsiders. Leur accession au stade ultime de l'épreuve est méritée dans la philosophie de ce que représente la coupe. Dans cette épreuve, la forme d'un jour est prépondérante, et cette formule permet à des petits de se retrouver sous les feux des projecteurs. Malheureusement, en Belgique, on n'a pas assez cet esprit-là.
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GeorgesHeylens : C'est une finale inédite, qui réunit deux équipes qui ont réalisé un bon parcours en championnat, surtout dans le chef de St-Trond. C'est à l'image de ce que l'on voit parfois en France : une finale d'outsiders. Leur accession au stade ultime de l'épreuve est méritée dans la philosophie de ce que représente la coupe. Dans cette épreuve, la forme d'un jour est prépondérante, et cette formule permet à des petits de se retrouver sous les feux des projecteurs. Malheureusement, en Belgique, on n'a pas assez cet esprit-là. Ces bruits de fusion n'ont pas placé les joueurs louviérois dans les meilleures conditions. Lorsqu'on entend tout ce que l'on raconte et que l'on fait partie de ces 40 joueurs qui, demain, seront peut-être rassemblés dans un seul club en sachant que 20 d'entre eux se retrouveront sur le carreau, on peut comprendre que l'on n'ait pas trop l'esprit accaparé par le football. Cela pourrait avoir une influence néfaste sur la concentration, dimanche. D'un autre côté, les joueurs dont l'avenir est incertain doivent se dire qu'il n'existe pas de meilleure vitrine qu'une finale pour se mettre en évidence. Si l'on se bat dans des circonstances difficiles, on en sortira toujours grandi. La preuve : Malines. Il me plaît à souligner que le journaliste flamand Marc Uytterhoven est parvenu à réinstaurer l'esprit qui avait régné à une certaine époque. Ces dernières années, on avait plutôt tendance à retrouver des supporters malinois critiques et vindicatifs. Depuis quelques mois, ils se sont soudés dans la difficulté et sont redevenus de vrais supporters, sachant même admettre la défaite. Le groupe qui a repris le club est méritant. La descente en D3 est peut-être une bonne chose. Ces gens pourront créer une base solide et repartir avec un nouvel effectif, avec une situation financière assainie. Je suis certain qu'un FC Malinois jouant le titre en D3 attirera encore 7 ou 8.000 spectateurs. La seule bonne nouvelle, pour ce club, est que le championnat est désormais terminé. Aux dirigeants en place de faire l'analyse de la situation et de se demander ce qui s'est passé pour avoir une saison aussi catastrophique. Je ne connais aucun club, mais alors aucun, qui aurait continué à faire confiance à un staff technique embarqué dans une telle galère. Cédric Roussel a réalisé la saison que l'on n'attendait pas nécessairement, mais que l'on espérait de lui. Elle fut rendue possible par le bon collectif que Marc Grosjean a réussi à mettre en place. Wesley Sonck a confirmé dans son rôle de buteur, mais sa saison fut moyenne, à l'image de celle de son club. Il a parfois eu des sautes d'humeur également. Nenad Jestrovic a réussi un sprint final impressionnant. J'ai parfois été critique à son égard, mais je reconnais qu'il a du talent. Samedi dernier, j'ai participé à un tournoi de pétanque à Spa. J'y ai retrouvé, notamment, Robert Waseige et Henri Depireux. De quoi a-t-on parlé ? Du Standard, pardi ! Depuis 20 ans, ce club n'est plus aussi serein qu'au temps de Roger Petit et de Willy Gillard. Raymond Goethals, lui, demeure un personnage emblématique du football belge. Lorsqu'on se rend en France et qu'on parle de football, c'est lui qu'on évoque. J'ai énormément de respect pour lui et je n'ai qu'un souhait : qu'il reste encore avec nous pendant de longues années ! J'ai eu l'occasion de discuter avec certains dirigeants de ce club. Ils m'ont confié que, s'ils avaient la chance de monter, ils ne feraient aucune folie. Les germanophones sont lucides, et cette région de Belgique est encore relativement peu touchée par le chômage et les problèmes sociaux. Ils continuent à travailler, sans faire de bruit. S'ils méritent une promotion, pourquoi pas ?