Le Groupe D était considéré, dès le départ, comme le " groupe de la mort ". Avec trois équipes qui pouvaient briguer des ambitions légitimes de conquérir le titre suprême (l'Allemagne, les Pays-Bas et la République Tchèque) et un nouveau venu, la Lettonie, qui devait jouer le rôle d'arbitre. Pour beaucoup, à partir du moment où les trois grands se neutralisaient, les points perdus contre le petit pays balte allaient se révéler déterminants. La République Tchèque a bien failli l'apprendre à ses dépens. Menée 0-1, elle a renversé la situation en sa faveur, in extremis.

En quête de réhabilitation

Un peu plus tard, le premier grand choc a opposé l'Allemagne aux Pays-Bas. Il s'est soldé par un partage équitable. " Je pense effectivement que le résultat nul est logique ", reconnaît Michaël Ballack. " Nous avons pris la première mi-temps à notre compte, alors que les Néerlandais se sont adjugé la seconde. Certes, dans le vestiaire, la déception était présente car on a longtemps mené à la marque. Concéder l'égalisation, alors qu'on a humé le parfum de la victoire, n'est pas agréable, mais je veux tout de même retenir des points positifs. Le principal est que l'Allemagne a démontré, face à une équipe redoutable comme les Pays-Bas, qu'elle pouvait tenir tête à une formation majeure. Certains étaient sceptiques, après une période de préparation jugée décevante, durant laquelle nous nous étions toujours inclinés face aux grands ". Allusion à un pénible 0-3 contre la France, et à un tout aussi pénible 5-1 en Roumanie.

L'état d'esprit était à peu près similaire chez les Néerlandais, battus deux fois 0-1 par la Belgique, puis par l'Irlande, avant le départ pour le Portugal. " Avant le début de l'Euro 2004, tant les Pays-Bas que l'Allemagne avaient le moral très bas ", poursuit Michaël Ballack. " Leurs matches amicaux respectifs n'avaient pas incité à l'enthousiasme. Dans ce contexte, je pense que les deux équipes peuvent se montrer satisfaites après la grande première de mardi dernier. Elles ont démontré qu'elles avaient retrouvé un très bon niveau en temps utile. En ce qui me concerne, je n'en avais jamais réellement douté. Mais, alors que l'Allemagne était versée au sein d'un groupe très relevé, le scepticisme était de mise chez beaucoup de personnes ".

Une bonne impression d'entrée qu'il fallait confirmer samedi contre la Lettonie. " Pour ce match-là, la donne avait changé ", analyse Michaël Ballack. " Nous partions avec l'étiquette de super favori, alors que nous étions plutôt dans la peau de l' underdog contre les Pays-Bas. Or, la Lettonie avait démontré face à la République Tchèque qu'elle était davantage qu'un faire-valoir. C'est une formation difficile à man£uvrer ".

Lors de chaque grand tournoi, l'Allemagne se présente avec des doutes plein la tête et en butte aux critiques, mais il n'est pas rare qu'elle émerge en vainqueur final.

" C'est un phénomène qui m'échappe également ", admet Michaël Ballack. " C'est vrai que l'Allemagne retrouve régulièrement son meilleur niveau à l'occasion des grands tournois, alors que dans les matches amicaux qui précèdent, nous sommes moins à l'aise. Mais pour quelle raison ? Je l'ignore. On ne perd jamais les matches délibérément. Comme tout le monde, l'Allemagne connaît des hauts et des bas. Nous sommes des êtres humains. Il faut plutôt considérer le fait de se retrouver dans les grandes occasions comme une force ".

L'esprit collectif de l'ex-RDA

Michaël Ballack, après une saison faite de hauts et de bas au Bayern Munich, a lui aussi retrouvé son meilleur niveau au bon moment : il a été élu homme du match face aux Pays-Bas. " Cela m'a fait plaisir, mais j'aurais préféré remporter les trois points ", a-t-il commenté.

L'Allemagne séduit rarement, mais gagne souvent. " Il y a toujours eu des équipes plus techniques, qui jouaient un football plus élégant. L'Allemagne compense cela par une grande combativité, une discipline et une bonne organisation tactique. Contre les Pays-Bas, il s'agissait de couper l'alimentation par les ailes. Les Néerlandais évoluent habituellement avec deux ailiers, et Rudi Völler avait insisté sur la nécessité de bloquer les couloirs. Cela a parfaitement fonctionné. Les Oranges ont éprouvé de grosses difficultés à trouver leurs attaquants. Jusqu'au but de Ruud van Nistelrooij ".

Dans l'équipe allemande, Michaël Ballack évolue dans une position plus avancée que dans son club. De meneur de jeu, il est passé soutien d'attaque. " Il faut se montrer flexible ", explique-t-il. " Au sein de la Mannschaft, KevinKuranyi évolue comme seul attaquant de pointe. Il a besoin de soutien de la deuxième ligne. C'est mon rôle et celui-ci me convient parfaitement. En tant que meneur de jeu, j'ai aussi une mission offensive. Cela ne change pas grand-chose, sinon que j'occupe une position un peu plus avancée sur le terrain. Mais, dans cet Euro 2004, je voudrais aussi souligner la prestation du jeune arrière gauche PhilipLahm. Lui aussi joue un rôle très important. Il récupère énormément de ballons et soulage beaucoup l'entrejeu. Pour un joueur qui découvre une compétition pareille, il s'est montré très à l'aise sur le plan tactique et a prouvé qu'il pouvait jouer 90 minutes à un très haut niveau ".

Entre Michaël Ballack et le sélectionneur Rudi Völler, le courant passe. On peut même parler d'admiration. " Pourquoi je porte le numéro 13 ?" Parce que c'était celui de Rudi Völler à Leverkusen ", explique le meneur de jeu du Bayern Munich. " Lorsque je suis arrivé là-bas, il venait de terminer sa carrière pour devenir directeur sportif ".

Depuis, la carrière de Michaël Ballack s'est accélérée. Après un transfert au Bayern Munich, il pourrait jouer au FC Barcelone la saison prochaine.

Disputer la finale de l'Euro 2004 est plus qu'un rêve pour Michaël Ballack. Plus qu'une obsession. En 2002, un tackle lors de la demi-finale de Coupe du Monde avait permis d'arrêter une offensive coréenne mais lui avait coûté un deuxième carton jaune qui l'avait privé de finale. " C'était une faute nécessaire. Je savais qu'un deuxième avertissement me priverait de finale, mais j'ai pris le risque. Dans ces conditions-là, on ne réfléchit pas. On songe à l'intérêt de l'équipe. Ce fut, après coup, une grosse désillusion ".

Michaël Ballack est originaire de l'ex-Allemagne de l'Est. Il est né à Chemnitz, l'ancienne Karl-Marx-Stadt. " Je crois que j'en ai gardé quelque chose : c'était un pays où le collectif primait ".

Daniel Devos, envoyé spécial au Portugal

De meneur de jeu, il est passé soutien d'attaque : " IL FAUT SE MONTRER FLEXIBLE "

Le Groupe D était considéré, dès le départ, comme le " groupe de la mort ". Avec trois équipes qui pouvaient briguer des ambitions légitimes de conquérir le titre suprême (l'Allemagne, les Pays-Bas et la République Tchèque) et un nouveau venu, la Lettonie, qui devait jouer le rôle d'arbitre. Pour beaucoup, à partir du moment où les trois grands se neutralisaient, les points perdus contre le petit pays balte allaient se révéler déterminants. La République Tchèque a bien failli l'apprendre à ses dépens. Menée 0-1, elle a renversé la situation en sa faveur, in extremis. Un peu plus tard, le premier grand choc a opposé l'Allemagne aux Pays-Bas. Il s'est soldé par un partage équitable. " Je pense effectivement que le résultat nul est logique ", reconnaît Michaël Ballack. " Nous avons pris la première mi-temps à notre compte, alors que les Néerlandais se sont adjugé la seconde. Certes, dans le vestiaire, la déception était présente car on a longtemps mené à la marque. Concéder l'égalisation, alors qu'on a humé le parfum de la victoire, n'est pas agréable, mais je veux tout de même retenir des points positifs. Le principal est que l'Allemagne a démontré, face à une équipe redoutable comme les Pays-Bas, qu'elle pouvait tenir tête à une formation majeure. Certains étaient sceptiques, après une période de préparation jugée décevante, durant laquelle nous nous étions toujours inclinés face aux grands ". Allusion à un pénible 0-3 contre la France, et à un tout aussi pénible 5-1 en Roumanie. L'état d'esprit était à peu près similaire chez les Néerlandais, battus deux fois 0-1 par la Belgique, puis par l'Irlande, avant le départ pour le Portugal. " Avant le début de l'Euro 2004, tant les Pays-Bas que l'Allemagne avaient le moral très bas ", poursuit Michaël Ballack. " Leurs matches amicaux respectifs n'avaient pas incité à l'enthousiasme. Dans ce contexte, je pense que les deux équipes peuvent se montrer satisfaites après la grande première de mardi dernier. Elles ont démontré qu'elles avaient retrouvé un très bon niveau en temps utile. En ce qui me concerne, je n'en avais jamais réellement douté. Mais, alors que l'Allemagne était versée au sein d'un groupe très relevé, le scepticisme était de mise chez beaucoup de personnes ". Une bonne impression d'entrée qu'il fallait confirmer samedi contre la Lettonie. " Pour ce match-là, la donne avait changé ", analyse Michaël Ballack. " Nous partions avec l'étiquette de super favori, alors que nous étions plutôt dans la peau de l' underdog contre les Pays-Bas. Or, la Lettonie avait démontré face à la République Tchèque qu'elle était davantage qu'un faire-valoir. C'est une formation difficile à man£uvrer ". Lors de chaque grand tournoi, l'Allemagne se présente avec des doutes plein la tête et en butte aux critiques, mais il n'est pas rare qu'elle émerge en vainqueur final. " C'est un phénomène qui m'échappe également ", admet Michaël Ballack. " C'est vrai que l'Allemagne retrouve régulièrement son meilleur niveau à l'occasion des grands tournois, alors que dans les matches amicaux qui précèdent, nous sommes moins à l'aise. Mais pour quelle raison ? Je l'ignore. On ne perd jamais les matches délibérément. Comme tout le monde, l'Allemagne connaît des hauts et des bas. Nous sommes des êtres humains. Il faut plutôt considérer le fait de se retrouver dans les grandes occasions comme une force ". Michaël Ballack, après une saison faite de hauts et de bas au Bayern Munich, a lui aussi retrouvé son meilleur niveau au bon moment : il a été élu homme du match face aux Pays-Bas. " Cela m'a fait plaisir, mais j'aurais préféré remporter les trois points ", a-t-il commenté. L'Allemagne séduit rarement, mais gagne souvent. " Il y a toujours eu des équipes plus techniques, qui jouaient un football plus élégant. L'Allemagne compense cela par une grande combativité, une discipline et une bonne organisation tactique. Contre les Pays-Bas, il s'agissait de couper l'alimentation par les ailes. Les Néerlandais évoluent habituellement avec deux ailiers, et Rudi Völler avait insisté sur la nécessité de bloquer les couloirs. Cela a parfaitement fonctionné. Les Oranges ont éprouvé de grosses difficultés à trouver leurs attaquants. Jusqu'au but de Ruud van Nistelrooij ". Dans l'équipe allemande, Michaël Ballack évolue dans une position plus avancée que dans son club. De meneur de jeu, il est passé soutien d'attaque. " Il faut se montrer flexible ", explique-t-il. " Au sein de la Mannschaft, KevinKuranyi évolue comme seul attaquant de pointe. Il a besoin de soutien de la deuxième ligne. C'est mon rôle et celui-ci me convient parfaitement. En tant que meneur de jeu, j'ai aussi une mission offensive. Cela ne change pas grand-chose, sinon que j'occupe une position un peu plus avancée sur le terrain. Mais, dans cet Euro 2004, je voudrais aussi souligner la prestation du jeune arrière gauche PhilipLahm. Lui aussi joue un rôle très important. Il récupère énormément de ballons et soulage beaucoup l'entrejeu. Pour un joueur qui découvre une compétition pareille, il s'est montré très à l'aise sur le plan tactique et a prouvé qu'il pouvait jouer 90 minutes à un très haut niveau ". Entre Michaël Ballack et le sélectionneur Rudi Völler, le courant passe. On peut même parler d'admiration. " Pourquoi je porte le numéro 13 ?" Parce que c'était celui de Rudi Völler à Leverkusen ", explique le meneur de jeu du Bayern Munich. " Lorsque je suis arrivé là-bas, il venait de terminer sa carrière pour devenir directeur sportif ". Depuis, la carrière de Michaël Ballack s'est accélérée. Après un transfert au Bayern Munich, il pourrait jouer au FC Barcelone la saison prochaine. Disputer la finale de l'Euro 2004 est plus qu'un rêve pour Michaël Ballack. Plus qu'une obsession. En 2002, un tackle lors de la demi-finale de Coupe du Monde avait permis d'arrêter une offensive coréenne mais lui avait coûté un deuxième carton jaune qui l'avait privé de finale. " C'était une faute nécessaire. Je savais qu'un deuxième avertissement me priverait de finale, mais j'ai pris le risque. Dans ces conditions-là, on ne réfléchit pas. On songe à l'intérêt de l'équipe. Ce fut, après coup, une grosse désillusion ". Michaël Ballack est originaire de l'ex-Allemagne de l'Est. Il est né à Chemnitz, l'ancienne Karl-Marx-Stadt. " Je crois que j'en ai gardé quelque chose : c'était un pays où le collectif primait ". Daniel Devos, envoyé spécial au PortugalDe meneur de jeu, il est passé soutien d'attaque : " IL FAUT SE MONTRER FLEXIBLE "