Une hirondelle ne fait pas le printemps, veut le dicton. D'accord, mais un héron ( garza en espagnol), surnom conféré par les férus de football argentins à Nicolas Frutos ? Il faut croire que oui tant le goleador de Santa Fe se révèle indispensable à la bonne santé sportive du RSCA. La preuve par le ratio matches/buts qu'il affiche en trois années de présence, qui le place dans le top-10 des meilleurs artificiers anderlechtois de tous les temps. Mais il y a un bémol tout de même en ce qui le concerne : sa fragilité qui lui a coûté jusqu'ici quelque 40 % des matches depuis son arrivée au stade Constant Vanden Stock durant l'hiver 2005. Il a accumulé les blessures, toujours du côté gauche...
...

Une hirondelle ne fait pas le printemps, veut le dicton. D'accord, mais un héron ( garza en espagnol), surnom conféré par les férus de football argentins à Nicolas Frutos ? Il faut croire que oui tant le goleador de Santa Fe se révèle indispensable à la bonne santé sportive du RSCA. La preuve par le ratio matches/buts qu'il affiche en trois années de présence, qui le place dans le top-10 des meilleurs artificiers anderlechtois de tous les temps. Mais il y a un bémol tout de même en ce qui le concerne : sa fragilité qui lui a coûté jusqu'ici quelque 40 % des matches depuis son arrivée au stade Constant Vanden Stock durant l'hiver 2005. Il a accumulé les blessures, toujours du côté gauche... Opération ou pas ? C'est la question que tout le monde, y compris Frutos lui-même se pose, vu son incapacité à poser le pied par terre au lendemain du récent match contre Malines. Un jour plus tard toutefois, comme par miracle, le grand Argentin répondait présent à l'entraînement, même si un programme spécial avait été concocté pour lui. Souffrant de kystes au tendon d'Achille, l'intéressé s'est donné jusqu'à la mi-novembre pour déterminer si une intervention chirurgicale était nécessaire. On peut comprendre ses réticences dans la mesure où il s'agirait de sa quatrième opération depuis son arrivée au Parc Astrid. Un aperçu. Première opération : 9 mai 2006, ménisqueA l'occasion de son onzième match pour le RSCA, le 31 mars, face à Lokeren, l'Argentin regagne les vestiaires, victime de douleurs au genou gauche. Ménagé pendant trois semaines, il remonte au jeu contre le Standard et termine cette saison comme titulaire. Quatre jours plus tard, le 9 mai, il doit tout de même subir une ablation méniscale. Deuxième opération : 5 juillet 2007, talonSouffrant du talon, le joueur fait l'impasse sur le dernier match de championnat à Mons et part se soigner en Argentine. Après un mois de vacances et trois semaines de préparation à la nouvelle saison, la douleur est insupportable et l'intéressé doit se faire opérer au talon. Il loupe de ce fait les 8 premiers matches de cette nouvelle campagne. Troisième opération : 12 janvier 2008, molletLors du mach de Coupe contre le Red Star Waasland, Frutos encourt une blessure complexe au mollet gauche qui le contraint à passer sur le billard. Nouvelle impasse sur huit journées de compétition et retour le 16 mars. Indépendamment de ces opérations, Frutos a dû déclarer forfait aussi, à d'autres moments, en raison d'une certaine fragilité musculaire. Nouvel aperçu. Adducteurs, 27 août 2006A peine rétabli de son opération au genou, Frutos se blesse aux adducteurs et doit renoncer ce jour-là au match contre le Club Bruges. Adducteurs, 6 décembre 2007L'Argentin est victime d'une déchirure aux adducteurs lors du match de Coupe de l'UEFA contre Tottenham. Il venait tout juste de disputer quatre matches après son opération au talon. Mollet, 7 septembre 2006Deux jours avant le match d'ouverture à Mouscron, Frutos se blesse au mollet à l'entraînement. Il doit renoncer au déplacement chez les Hurlus et fait ses débuts en championnat, neuf jours plus tard, face à Lokeren. Mollet, 24 janvier 2007Victime d'un coup direct lors d'un match amical contre le Borussia Mönchengladbach, il doit renoncer à la rencontre face au Germinal Beerschot Tendon d'Achille, 2 juillet 2008Deux jours après la reprise, Frutos se plaint de la cheville. Il est mis au repos durant deux semaines et rejoue pour la première fois, l'espace d'une bonne heure, contre Roda JC Kerkrade le 23 juillet. Le 28, deux jours à peine avant l'entrée en matière européenne devant le BATE Borisov, il souffre toujours autant et obtient de pouvoir se soigner en Argentine. Il y restera dix semaines, effectuant son retour sur le terrain à Zulte Waregem il y a vingt jours. Jan Mulder : " A mon époque, les buteurs semblaient tous sortis du même moule. Ils n'étaient ni grands ni petits, ni gros ni minces et étaient capables de tout faire, des pieds ou de la tête. C'étaient les Jacky Stockman, Johan De Vrindt ou Attila Ladinszky. Depuis quelques années, le profil du goal-getter anderlechtois a changé. Jan Koller a lancé la mode du pivot de taille que l'on retrouve aujourd'hui avec Frutos. Mais l'académisme en a pris un coup. Contrairement à moi, Luc Nilis et Johnny Bosman, cette nouvelle vague n'est pas belle à voir jouer. Le Tchèque n'était pas stylé du tout et que dire alors de l'Argentin ? Une véritable jeannette sur crampons, sorry. Mais il marque, c'est l'essentiel. " Paul Van Himst : " J'ai cru comprendre que le Sporting n'avait perdu en tout et pour tout que cinq rencontres en l'espace de trois ans avec Frutos comme titulaire. L'Argentin est indispensable au bon rendement de l'ensemble. Indépendamment de ses qualités de finisseur, il fait aussi mieux jouer ses partenaires. Les hommes de flancs, comme Mbark Boussoufa et Stanislav Vlcek, relativement discrets depuis le début de la saison, ont livré leur meilleure prestation contre le FC Malines, un match qui correspondait justement au retour de Frutos ! En plus, il en impose aussi à l'adversaire. Avec lui, Anderlecht met réellement la pression sur l'opposant. Personne n'enquiquine davantage l'arrière-garde adverse que lui. Et il a du répondant vis-à-vis des arbitres. Cela peut servir aussi. " Alex Czerniatynski : " C'est le Mister 60 %. Il m'épate car il sait absolument tout faire : frapper du gauche ou du droit, remiser ou placer une tête imparable, la jouer solo ou non, conserver judicieusement le ballon ou accélérer. Et ce qui me sidère, chez lui, c'est sa vitesse. Pour un grand échalas comme lui, c'est rare. Son seul point faible, évidemment, c'est sa fragilité. Ses opérations et autres bobos l'empêcheront toujours de terminer à une position enviable, en fin de saison, au classement des meilleurs buteurs. A 100 % de ses moyens, il est incontournable : le RSCA est tout tributaire de Frutos plus que de n'importe quel autre joueur. " par bruno govers