" J'ai retrouvé une photo de 1960 : le Prince Albert de Belgique (futur Roi Albert II) serre la main du capitaine des Bleus, Raymond Kopa. Un an plus tard, je jouais contre la France à l'occasion de ma deuxième présence parmi les Diables Rouges. Je me suis mesuré cinq fois aux Coqs comme on disait à l'époque et je n'ai perdu aucune de ces rencontres. En 1961, la France détenait une grosse équipe qui, avec sa troisième place, signa une magnifique Coupe du Monde...

" J'ai retrouvé une photo de 1960 : le Prince Albert de Belgique (futur Roi Albert II) serre la main du capitaine des Bleus, Raymond Kopa. Un an plus tard, je jouais contre la France à l'occasion de ma deuxième présence parmi les Diables Rouges. Je me suis mesuré cinq fois aux Coqs comme on disait à l'époque et je n'ai perdu aucune de ces rencontres. En 1961, la France détenait une grosse équipe qui, avec sa troisième place, signa une magnifique Coupe du Monde 1958 en Suède. Deux ans plus tard, elle a atteint les demi-finales de l'Euro. Même si une relève de la garde était imminente, il restait des stars : Kopa, Roger Piantoni, PierreBernard, Paul Sauvage, etc. Piantoni ouvrit la marqua dès la 3e minute et le Standardman Marcel Paeschen égalisa avant l'heure de jeu. C'était l'époque des sélectionneurs. Alex Thépot était celui de nos voisins mais le patron de l'équipe de France n'était autre que le coach, le légendaire Albert Batteux. Un autre couple faisait alors la loi à la tête des Diables : Constant Vanden Stock et Henri Dekens. Vanden Stock établissait la liste des heureux élus, confiés à Dekens qui s'occupait de l'entraînement et même du coaching. Mais le vrai boss, c'était bien sûr le brasseur bruxellois ; VDS ne quittait pas son costume mais il assistait aux entraînements, dictait la tactique, pestait sur le banc et, généreux, ajoutait de sa poche quelques billets à notre prime de match. Ancien joueur d'Anderlecht et de l'Union Saint-Gilloise, Monsieur Constant était un fin connaisseur du foot. En équipe nationale, en plus de Dekens, il a aussi travaillé avec Arthur Ceuleers et Raymond Goethals. Ce n'était pas du tout une mauvaise idée qu'il faudrait peut-être remettre au goût du jour. Il me semble que Georges Leekens est un peu seul au sommet de sa tour. Marc Wilmots est là mais cela ne suffit pas. Il faudrait un VDS au-dessus de Leekens, quelqu'un qui le déchargerait d'une partie de son travail, discuterait tactique avec lui. Philippe Collin est le président de la Commission technique qui chapeaute l'équipe nationale mais je songe plus à un vrai directeur technique des Diables Rouges, ou carrément à un sélectionneur, car il y a quand même plus dans deux têtes. Avec le recul, je ne suis pas le seul à regretter que Michel Preud'homme n'ait pas pu grimper tous les échelons menant à la présidence de l'Union belge. Quand on voit sa récolte au Standard, à Gand, à Twente et à Al-Shabab maintenant, on mesure tout ce qu'il aurait pu apporter à l'équipe nationale et à Leekens. Enfin, Paris ne s'est pas fait en un jour : Long Couteau ne cesse de le répéter. " PIERRE BILIC