Couillet, ex-pensionnaire de Promotion, vient d'être promu en D3 par l'intermédiaire du tour final. Les hommes du Polonais Casimir Jagiello se sont finalement imposés 3-1 face à Namur. Un des principaux artisans de cette montée n'est autre que Dimitri Delière (32 ans), ancien joueur de La Louvière et de l'Eendarcht Alost en D1.
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Couillet, ex-pensionnaire de Promotion, vient d'être promu en D3 par l'intermédiaire du tour final. Les hommes du Polonais Casimir Jagiello se sont finalement imposés 3-1 face à Namur. Un des principaux artisans de cette montée n'est autre que Dimitri Delière (32 ans), ancien joueur de La Louvière et de l'Eendarcht Alost en D1. Il nous parle de sa carrière qui, selon d'aucuns, aurait pu être meilleure. Il aborde également la future saison de Couillet en D3. Dimitri Delière : On est bien évidemment heureux. Notre entraîneur espérait que l'on monte depuis deux ans. L'an passé, nous avions échoué à cause d'une différence d'un but ! Cette saison, Couillet avait très mal débuté le championnat mais est parvenu à se ressaisir. Nous nous sommes battus mais sans vraiment penser et croire à une éventuelle promotion. On a même été tout près de revenir sur Verviers et Montegnée. Les dirigeants n'ont jamais exercé une quelconque pression. Cette année était donc la bonne. On aurait sans doute préféré monter immédiatement mais le résultat est là. On doit maintenant se pencher sur l'avenir. On jouera vraisemblablement nos rencontres sur le terrain de l'Olympic de Charleroi. Un accord avec la Ville a été trouvé mais il faut encore régler quelques petits détails. Il faudra faire des efforts à tous les niveaux car le club est encore un peu trop familial. On espère vivre une saison tranquille mais connaissant Jagiello, il va sûrement se fixer un objectif plus louable. Il a carte blanche et va sûrement recruter quatre à cinq joueurs expérimentés, tout en maintenant l'ossature de l'équipe. Grâce à celle-ci, Couillet a développé un des footballs les plus attractifs de la série. C'est cela qui a fait recette. Par contre, notre groupe n'était pas très soudé. Il y avait une bonne ambiance mais l'équipe ne se caractérisait pas par une véritable synergie. Il n'y avait pas de bloc sur le terrain et les automatismes faisaient souvent défaut. Sans doute à cause du fait que nous n'avions pas effectué de stage en début d'exercice. Trois ou quatre jours suffisent généralement à tisser des liens. On va donc partir aux alentours de la mi-juillet du côté de Lens pour s'entraîner et découvrir les perspectives nouvelles. On a quand même quelques bons éléments tels que Soner Yurkadul qui vont logiquement nous permettre de nous maintenir. En Promotion, il suffit d'avoir une bonne défense et un ou deux attaquants efficaces pour faire partie du top 5. Montegnée et Verviers cette année et La Calamine la saison dernière n'ont pas dérogé à la règle. A mon avis, cette dernière s'applique également en D3 mais dans une moindre mesure. Je ne pense pas qu'il existe une immense différence avec la Promotion. Et de manière générale, le niveau du football belge a incontestablement régressé. J'ai connu bien meilleure situation. Je suis allé voir Brussels-Ostende. Le niveau de jeu était pitoyable ! Et la D2 n'a plus rien à voir avec ce que j'ai connu ! Comme dans toutes les séries, la D3 ne compte que quelques équipes qui sont au-dessus du lot ! Je suis certainement un joueur défensif axial. Je peux aisément évoluer comme libéro, stopper et médian défensif. Mais je ne monte pas plus haut que le numéro 6. D'aucuns se sont souvent accordés à dire que je possédais de grandes qualités. On m'a reproché le fait que j'aurais pu facilement réaliser une meilleure carrière. Mais en réalité, je ne suis plus autant passionné que lorsque j'étais jeune. Ma passion pour le foot s'est rapidement estompée. Je me suis lié d'amitié avec Yves Vanderhaeghe et quand il a un jour de congé, il en profite pour aller courir. Ce n'est absolument pas mon cas ! Mais je suis très heureux dans ce que j'entreprends sur le plan professionnel. Je suis actuellement délégué médical, c'est-à-dire bandagiste. J'aime ce boulot. J'ai également été professeur d'éducation physique. En fait, je ne suis pas un réel compétiteur... Quand je monte sur le terrain, c'est pour gagner mais en dehors, je pèche par manque de caractère. Tout au long de ma carrière, il m'a manqué quelque chose. J'ai été trop gentil ! Toutefois, dorénavant, ça va mieux. Je n'ai pas supporté l'ambiance qui règne parmi l'élite. Je me suis fait marcher sur les pieds. Les gens y sont égoïstes. Et je n'ai jamais été habitué à ce genre de comportements. Je suis quelqu'un de simple et humble. Comme mes amis d'ailleurs. Yves et Marco Casto en font par exemple partie. J'ai débuté à La Louvière chez les jeunes en 1991. En 1994, j'ai connu la montée en D2 avec les Loups. Durant la saison 1995-1996, j'ai été approché par Alost qui évoluait aussi dans l'antichambre. J'y ai passé mes meilleurs moments. J'évoluais aux côtés de Gilles De Bilde, Harold Meyssen, Koen De Vleeschauwer, David Paas et Vanderhaeghe. J'y ai effectué de bonnes saisons et les dirigeants voulaient prolonger mon contrat mais j'estimais que les conditions proposées n'étaient pas suffisamment intéressantes. Je suis donc retourné à La Louvière en 1998. C'est à ce moment-là que j'aurais dû faire preuve de plus de caractère. Tout avait pourtant bien commencé. J'étais capitaine. La première saison, nous avons participé au tour final et raté la montée de peu. La seconde, on a réussi à obtenir notre ticket pour l'élite. Mais une fois un D1, nous avons directement éprouvé des difficultés. L'entraîneur Marc Grosjean s'est fait limoger, j'ai perdu mon brassard et le club a fait appel à d'autres joueurs. Ces derniers ont quelque peu foutu la merde au sein du groupe ! Je me suis fait jeter comme un véritable malpropre. La direction s'est basée sur des on-dit. Ces rumeurs n'étaient absolument pas fondées et quelques personnes ont raconté n'importe quoi. Je ne l'ai jamais su ! Je n'ai même jamais compris le pourquoi de ce manque de respect. Lorsque les nouveaux arrivants ont intégré le groupe, je les ai accueillis les bras ouverts. Mais ça n'a pas été réciproque. J'ai été trop gentil et naïf. Je pensais que l'ambiance de la D2 pouvait être maintenue. Je me mettais le doigt dans l'£il. Ces joueurs étaient de simples collègues, sans plus. Bonjour. Au revoir. C'était tout ! Rien à voir non plus avec la bande de copains qu'on avait à Alost. J'étais terriblement déçu car je considérais La Louvière comme étant le club de mon c£ur. J'avais un contrat de cinq ans. Les dirigeants n'ont même pas eu de l'égard pour les services rendus. Le club n'a toujours pas digéré cette montée en D1... Il y a toujours des problèmes et la quiétude n'est pas prête d'y régner. Je suis donc parti au mercato de la saison 2002-2003. Immédiatement. Ma famille m'a beaucoup aidé. Il est certain que sur le moment, j'étais vindicatif, un sentiment qui s'est vite éteint. J'aurais pu me battre pour avoir des réponses à mes interrogations mais il n'en a rien été. J'ai été contacté par l'Union St- Gilloise. Je me suis aussi rendu au Portugal, à Beira Mar, qui vient de terminer dernier en D1 et qui évoluait en D2, et au FC Saarbrücken en D3 allemande. Ce dernier test a été concluant et tout était réglé mais le transfert a échoué en dernière minute sous prétexte que le club n'avait pas assez d'argent pour m'enrôler. Pourtant, ses dirigeants avaient fixé le montant de mon salaire. Mais ils ont dû faire face à un problème de droits de télévision et ils ne disposaient pas des liquidités suffisantes. Couillet m'avait déjà fait un appel du pied et s'est montré de plus en plus insistant. J'ai donc préféré la sécurité. J'ai eu raison de signer à Couillet car je n'ai plus eu de nouvelles du club allemand... J'ai été très bien accueilli. Le niveau footballistique était évidemment plus faible mais on s'y habitue vite. Ce n'est même pas du foot. C'est un combat permanent. Il n'y a pas vraiment de tactique sur le terrain. Depuis que j'évolue à Couillet, je n'ai plus jamais eu de contacts avec des clubs des séries supérieures. Les gens pensent peut-être que je suis trop cher. Je vais en toute logique y signer encore pour un an ou peut-être plus. Je m'y plais. Et je n'ai jamais été blessé gravement : touchons du bois ! Après ma carrière, je me verrais bien intégrer le staff et rester à Couillet. Que ce soit en tant que manager, scout ou responsable des jeunes. Le club va devoir perfectionner ses structures et y participer m'intéresse beaucoup. J'envisage donc de passer mon diplôme de coach. Celui d'avoir été littéralement jeté par La Louvière. Sinon, aucun ! Tim Baete" Après ma carrière, je me verrais bien intégrer le staff ET RESTER à COUILLET" " J'ai passé MES MEILLEURS MOMENTS à Alost avec De Bilde, Meyssen, De Vleeschauwer, Paas et Vanderhaeghe "