Jamais le Mondial féminin, né en 1991, n'avait connu pareil battement médiatique, et pas rien qu'en France où il s'est déroulé. Jamais autant de mecs ne l'ont suivi à la télé, en concédant - enfin ! - que ces filles savent vraiment jouer au foot ! Vous rappelez-vous Brandi Chastain, voici 20 ans déjà, auteur du tir au but victorieux pour les USA ?

Brandi... Auteur, ou auteure, ou auteuse, ou autrice, ou même auteresse puisqu'existent des enchanteresses, c'est comme vous le sentez, et ce n'est pas mon sujet du jour : si l'on devait légiférer sur la féminisation du vocabulaire footeux, on ne sortirait pas de l'auberge... D'homme libre à duel homme contre homme, en passant par meneur d'hommes, chien de garde, porteur d'eau, stoppeur, vicelard, boucher et autres charmantes formules mâles, y'aurait de quoi chambouler notre belle langue française...

Brandi donc, en 1999, saturée d'une joie folle autant que légitime, se démaillota comme un buteur fou et ...brandit sa vareuse, révélant de facto au monde sportif un soutif moulant noir dont le monde sportif n'avait pas l'habitude. Avouons, c'est LE geste qui nous resta du Mondial féminin 1999 ! Car le jeu-même, quoique plaisant, demeurait lent, mono-rythmique, techniquement honnête mais sans éclairs géniaux. Et la moyenne fut de 4 buts par match ...tant les keepeuses étaient gaffeuses (ce qui avait son charme) ! À l'époque, j'avais radoté que les 11 meilleurs mâles grand-ducaux ou andorrans étaient supérieurs à ces super-women...

Je ne le dirais plus aujourd'hui, le jeu féminin a déserté l'âge tendre : les filles jouent vite, leurs gardiennes sauvent des buts, y'a de vraies dribbleuses, des tacleuses sauve-qui-peut, même des fulgurances ! Et des transversales à 30 mètres qui arrivent dans les pieds ! La meilleure preuve, hélas par l'absurde, que le foot féminin prend de l'ampleur, c'est que la grogne en prend aussi ! Les filles n'en sont pas aux crachats et aux gnons, mais ont atteint le stade viril des polémiques ronchonneuses, jamais Mondial féminin n'a tant pinaillé : pénos foireux, VAR bizarre, hors-jeu stupide de type photo-finish ou hands involontairement voulu ...même si Pierluigi Collina, égérie mâle du lobby siffleur, persiste à clamer sa satisfaction ! VAR ou pas, la popularité du foot a toujours solidement reposé sur la richesse des contestations réglementaires plausibles : logique qu'aujourd'hui, la popularité des footballeuses en bénéficie enfin....

Popularité du foot féminin qui énerve en ce moment Alain Finkielkraut, le vieux philosophe médiatique qui maugrée plus vite que son ombre. J'adore sa grogne, mais là, elle me dépasse ! Il voit dans l'essor du foot des filles une incarnation de ce féminisme qui aspire à l'égalité totale entre les êtres : à un ordre moral hyper-égalitaire prétendant que la différence homme/femme n'est pas inscrite dans la nature, mais seulement dans la culture. C'est la fameuse théorie du genre, et elle horripile Finkie pour les intimes : selon lui, nos différences d'avec les dames relèvent de la nature, doivent persister et être au contraire vécues comme précieuses ! Je le pense aussi, Finkie, mais je ne vois pas le foot des filles comme toi. Je crois seulement qu'avec le foot, en restant des gonzesses, elles s'engouffrent dans un plaisir naturel hier interdit : interdit par nous, machos que nous sommes à nos heures de loisir ! Faut l'avouer.

Deux détails, jusqu'à preuve du contraire, les font rester gonzesses. Durant les hymnes, elles sont nombreuses à rire en chantant, leurs yeux brillent du bonheur tout simple d'être là, parties prenantes d'un grand événement ; tandis que nos mecs, même s'ils chantent, ça ne sent que le sérieux pétri d'importance et le stress constipant... Et deux, leur coiffure majoritaire est une longue et jolie queue de cheval : ainsi, quand elles disputent un ballon aérien et que la télé nous repasse en gros plan le ralenti de pareil duel, c'est beau comme une arabesque, deux floches de carrousel, une lutte de crinières célestes, un ballet vivant traversé par le vent... Quand Sergio Ramos saute avec Diego Costa, ça ne me fait pas le même effet.

Jamais le Mondial féminin, né en 1991, n'avait connu pareil battement médiatique, et pas rien qu'en France où il s'est déroulé. Jamais autant de mecs ne l'ont suivi à la télé, en concédant - enfin ! - que ces filles savent vraiment jouer au foot ! Vous rappelez-vous Brandi Chastain, voici 20 ans déjà, auteur du tir au but victorieux pour les USA ? Brandi... Auteur, ou auteure, ou auteuse, ou autrice, ou même auteresse puisqu'existent des enchanteresses, c'est comme vous le sentez, et ce n'est pas mon sujet du jour : si l'on devait légiférer sur la féminisation du vocabulaire footeux, on ne sortirait pas de l'auberge... D'homme libre à duel homme contre homme, en passant par meneur d'hommes, chien de garde, porteur d'eau, stoppeur, vicelard, boucher et autres charmantes formules mâles, y'aurait de quoi chambouler notre belle langue française... Brandi donc, en 1999, saturée d'une joie folle autant que légitime, se démaillota comme un buteur fou et ...brandit sa vareuse, révélant de facto au monde sportif un soutif moulant noir dont le monde sportif n'avait pas l'habitude. Avouons, c'est LE geste qui nous resta du Mondial féminin 1999 ! Car le jeu-même, quoique plaisant, demeurait lent, mono-rythmique, techniquement honnête mais sans éclairs géniaux. Et la moyenne fut de 4 buts par match ...tant les keepeuses étaient gaffeuses (ce qui avait son charme) ! À l'époque, j'avais radoté que les 11 meilleurs mâles grand-ducaux ou andorrans étaient supérieurs à ces super-women... Je ne le dirais plus aujourd'hui, le jeu féminin a déserté l'âge tendre : les filles jouent vite, leurs gardiennes sauvent des buts, y'a de vraies dribbleuses, des tacleuses sauve-qui-peut, même des fulgurances ! Et des transversales à 30 mètres qui arrivent dans les pieds ! La meilleure preuve, hélas par l'absurde, que le foot féminin prend de l'ampleur, c'est que la grogne en prend aussi ! Les filles n'en sont pas aux crachats et aux gnons, mais ont atteint le stade viril des polémiques ronchonneuses, jamais Mondial féminin n'a tant pinaillé : pénos foireux, VAR bizarre, hors-jeu stupide de type photo-finish ou hands involontairement voulu ...même si Pierluigi Collina, égérie mâle du lobby siffleur, persiste à clamer sa satisfaction ! VAR ou pas, la popularité du foot a toujours solidement reposé sur la richesse des contestations réglementaires plausibles : logique qu'aujourd'hui, la popularité des footballeuses en bénéficie enfin.... Popularité du foot féminin qui énerve en ce moment Alain Finkielkraut, le vieux philosophe médiatique qui maugrée plus vite que son ombre. J'adore sa grogne, mais là, elle me dépasse ! Il voit dans l'essor du foot des filles une incarnation de ce féminisme qui aspire à l'égalité totale entre les êtres : à un ordre moral hyper-égalitaire prétendant que la différence homme/femme n'est pas inscrite dans la nature, mais seulement dans la culture. C'est la fameuse théorie du genre, et elle horripile Finkie pour les intimes : selon lui, nos différences d'avec les dames relèvent de la nature, doivent persister et être au contraire vécues comme précieuses ! Je le pense aussi, Finkie, mais je ne vois pas le foot des filles comme toi. Je crois seulement qu'avec le foot, en restant des gonzesses, elles s'engouffrent dans un plaisir naturel hier interdit : interdit par nous, machos que nous sommes à nos heures de loisir ! Faut l'avouer. Deux détails, jusqu'à preuve du contraire, les font rester gonzesses. Durant les hymnes, elles sont nombreuses à rire en chantant, leurs yeux brillent du bonheur tout simple d'être là, parties prenantes d'un grand événement ; tandis que nos mecs, même s'ils chantent, ça ne sent que le sérieux pétri d'importance et le stress constipant... Et deux, leur coiffure majoritaire est une longue et jolie queue de cheval : ainsi, quand elles disputent un ballon aérien et que la télé nous repasse en gros plan le ralenti de pareil duel, c'est beau comme une arabesque, deux floches de carrousel, une lutte de crinières célestes, un ballet vivant traversé par le vent... Quand Sergio Ramos saute avec Diego Costa, ça ne me fait pas le même effet.