Depuis la reprise des entraînements, Mons s'attelle à bâtir une équipe qui tienne la route. En multipliant les tests, les dirigeants des Dragons n'ont rien voulu laisser au hasard. Si tous les secteurs du jeu ont été remaniés, l'attaque est plus encore en chantier. Le départ de Jeremie Njock en plein stage a bouleversé les plans de l'entraîneur. Car, avoir le géant camerounais comme phare lumineux devant ou devoir s'en passer, change complètement la donne. Avec Njock, on pouvait s'attendre à ce que Mons construise son animation offensive sur la contre-attaque et mise sur un point d'ancrage sachant garder le ballon et attendre le jaillissement de la deuxième ligne. Désormais, il faut revoir ses batteries. " Le système importe peu ", explique l'entraîneur José Riga. " C'est l'animation qui compte. Maintenant, je me retrouve avec plusieurs possibilités. Je peux utiliser un 4-5-1, un 4-2-3-1 ou un 4-4-2 comme je le faisais le plus souvent l'année passée. De toute façon, les automatismes de reconversion peuvent être propres à tout système et c'est cela qui compte ".
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Depuis la reprise des entraînements, Mons s'attelle à bâtir une équipe qui tienne la route. En multipliant les tests, les dirigeants des Dragons n'ont rien voulu laisser au hasard. Si tous les secteurs du jeu ont été remaniés, l'attaque est plus encore en chantier. Le départ de Jeremie Njock en plein stage a bouleversé les plans de l'entraîneur. Car, avoir le géant camerounais comme phare lumineux devant ou devoir s'en passer, change complètement la donne. Avec Njock, on pouvait s'attendre à ce que Mons construise son animation offensive sur la contre-attaque et mise sur un point d'ancrage sachant garder le ballon et attendre le jaillissement de la deuxième ligne. Désormais, il faut revoir ses batteries. " Le système importe peu ", explique l'entraîneur José Riga. " C'est l'animation qui compte. Maintenant, je me retrouve avec plusieurs possibilités. Je peux utiliser un 4-5-1, un 4-2-3-1 ou un 4-4-2 comme je le faisais le plus souvent l'année passée. De toute façon, les automatismes de reconversion peuvent être propres à tout système et c'est cela qui compte ". Le départ de Njock est important mais qu'implique-t-il véritablement et quelle est la qualité de ses remplaçants ? 26 ans, parti à Brest (Ligue 2)Certes, Njock ne bénéficiait pas d'un crédit illimité dans la capitale du Hainaut. Il avait bien marqué 18 buts en D2 la saison passée mais le Camerounais, malgré sa taille, n'était pas le remiseur parfait et pouvait gâcher d'énormes occasions. Dans un bon jour, Njock inscrivait deux ou trois buts en une rencontre avant de rester muet pendant un ou deux mois. La régularité n'était donc pas son fort. Pourtant, par son efficacité, sa taille et sa connaissance de la D1 (il était un des rares à être resté malgré la relégation), Njock était appelé à devenir un pilier de la division offensive. " Tant que l'on ne savait pas qu'il allait partir, on a construit notre noyau en fonction de sa présence ", lâche Riga. Preuve que le remplacer ne sera pas chose si aisée. Fallait-il qu'il parte ? Mons a décidé de ne pas jeter l'argent par les fenêtres comme ce fut, dans un passé récent, souvent le cas. " Premièrement, on savait qu'il avait eu des propositions à la trêve et à ce moment-là, on avait fait un effort pour le garder car il fallait absolument monter en D1 ", affirme Riga. " Deuxièmement, il n'avait plus qu'une année de contrat et on connaît le danger qui peut exister quand on conserve un tel joueur. Troisièmement, quand il était arrivé à Mons, son CV mentionnait de nombreux clubs. C'est un bourlingueur et il a en lui cette envie constante de changement. Sa taille fait qu'il est souvent sollicité par l'étranger. Quatrièmement, quand les trois parties trouvent leur compte sur le plan financier, il est impossible de ne pas aboutir au transfert ". Quelles furent les premières solutions ? De nombreux noms, plus ronflants les uns que les autres, ont circulé dans les travées du stade Tondreau. Pourtant, le club les a tous repoussés. Pourquoi ? Wamberto : " C'est vrai que ses qualités footballistiques se rapprochaient de ce que l'on possédait déjà dans notre noyau ", consent Riga. " Cependant, il détient plus de talent et d'expérience et un tel joueur sait rentrer dans n'importe quel schéma de jeu. Si la transaction a capoté, c'est en raison des prétentions financières trop élevées du joueur ". Abdelmalek Cherrad : " On a longtemps misé sur lui malgré sa réputation ", ajoute Riga. " Car le président était séduit par ses qualités et que l'on recherchait quelqu'un qui fasse peur positivement à l'adversaire. C'est un joueur confirmé et c'est dans cette idée-là que sa candidature avait été retenue. Cependant, on avait bien balisé le terrain pour ne pas que ses problèmes se reproduisent. Finalement, ça ne s'est pas fait ". 20 ans, Montrouge (2002-2003), Watford (2003-2005), Cherbourg (2005-2006)Le premier transfert conclu en attaque fut le plus surprenant. A l'époque, on annonçait l'ancien élément d'Ostende et de Gand, Zéphirin Zoko, en test à Mons. On parlait d'un renfort de poids et Diafutua ne semblait pas convenir. Repéré par Stéphane Pauwels alors qu'il végétait en National (D3 française), à Cherbourg, il fut d'abord proposé au Brussels : " Il avait été formé à Brétigny sur Orge et était passé par Watford, en Angleterre. Cependant, il était trop jeune à l'époque ", explique le consultant de la RTBF. " Il est venu en test au Brussels avec son ami Demba Ba mais les dirigeants n'en ont pas voulu. L'un a abouti à Mouscron et l'autre a été testé deux semaines à Mons ". Pourquoi l'avoir transféré ? " C'était d'abord un pari pour l'avenir, vu ses qualités et son âge ", argumente Riga. " Cependant, on ne pouvait s'arrêter à ce transfert ". Titularisé lors de la deuxième rencontre, il a été confirmé lors du déplacement au Germinal Beerschot. " C'est la preuve qu'il faudra compter sur lui et que l'avenir n'est pas très loin ". Quant à Pauwels, il ajoute : " Il n'éclatera pas immédiatement comme ce fut le cas pour Demba Ba mais dans trois mois, on en reparlera ". Quelles sont ses qualités ? " Il sait garder le ballon et jouer dos au but ", énumère Riga. " Il est costaud et possède de l'explosivité, de la puissance et une bonne frappe. Cependant, comme un diamant qui doit être poli, il doit encore s'améliorer ". Pauwels : " Il peut devenir un point d'ancrage comme le fut Njock même s'il n'est pas très grand. Contre Saint-Trond, il a provoqué cinq ou six coups francs. Il pèse sur une défense et va toujours vers l'avant. Il ne recule jamais. Ce n'est pas un vrai buteur. Il lui faut à ses côtés un deuxième attaquant rapide, capable de profiter de son travail. Et puis, il faut le voir torse nu. C'est une montagne de muscle, une bête physique. Sur ce point, il ressemble à Daniel Amokachi. Il faut être deux pour l'arrêter. Cependant, il manque encore de vice. Il provoque des fautes mais pas encore assez ". 23 ans, Nancy (2001-2004), Laval (2004-2006)A cet âge-là, on ne peut pas parler de la sagesse de l'expérience. Pourtant, José Riga ne cesse d'insister sur le vécu de ce joueur. Surtout au sein d'un groupe qui ne connaît pas la D1 ou composé d'éléments qui manquent de rythme. " Ce qui m'a plu dans son profil c'est qu'il avait pas mal de matches à son compteur en Ligue 2. Par contre, c'est vrai que son efficacité ( NDLR : 9 buts en 60 matches) n'était pas terrible mais on ne laisse pas un joueur sur un terrain sans raison. Il soulage. Je voulais un attaquant plus rentable et je ne désespère pas à ce qu'il le devienne ". Quelles sont ses qualités ? A l'instar de Diafutua, Zoko a été titularisé dès la deuxième rencontre, dès qu'il fut qualifié. Preuve de la confiance placée en lui par José Riga. Contre Saint-Trond, s'il a manqué de rythme et de repères en première mi-temps, l'Ivoirien a offert davantage de possibilités lors du second acte. Moins percutant que Diafutua, il possède une bonne vision du jeu et sait surgir au bon moment. 24 ans, Cintra Yaoundé (2000-2001), Etoile du Sahel (2001-2002), Inker (2002-2003), Al Nasr (2003-2004), Dynamo Dresde (2004-2005), Al Nasr (09/2005-2006), Shenzhen (01/2006-2006)Arrivé en dernier lieu, le Camerounais possède pas mal de caractéristiques identiques à celles de Jeremie Njock. Moins grand (1m85), il pèse sur la défense par sa puissance. De plus, il fait également partie de cette race de bourlingueur. Formé au Cameroun au Cintra de Yaoundé, club tenu par les Espagnols et d'où vient également Patrice Noukeu, il a été élu soulier d'or et meilleur joueur du championnat du Cameroun en 2000. Il partit ensuite un an à l'Etoile du Sahel, six mois en Croatie (Inker), six mois à Dubaï, un an au Dynamo Dresde qui évoluait en D2 allemande et six mois à Shenzhen en Chine. C'est là que Mons l'a déniché. " Si j'ai évolué pour autant de clubs, c'est pour des raisons financières. Certains contrats ne me convenaient plus. Cette fois-ci, si je suis parti de Chine, c'est parce que j'avais envie de retrouver le football européen ". Pourquoi l'avoir transféré ? Certes, Mons avait transféré Zoko et Diafutua mais restait toujours à l'affût d'un gabarit. " On cherchait toujours de la puissance pour permettre aux partenaires de sortir ", dit Riga, " Je veux que Mons développe son football mais il ne faut pas se voiler la face. On sera dominé lors de certaines rencontres. Dans cette optique, ce type d'attaquant peut servir. Cependant, tout le monde recherche cela et nous tombions toujours soit sur un joueur sous contrat - or le président ne voulait plus débourser un sou - soit sur des éléments qui avaient des conditions financières trop importantes. Et puis, il y a un moment où il faut se décider. Nous avions testé Daniel Wansi 20 minutes lors de notre match de gala contre Troyes. Ensuite, nous l'avons remis en test deux semaines et on l'a vu à l'£uvre contre Sprimont. A ce moment-là, il n'avait plus de contrat et a levé un peu le pied pour ne pas se blesser. Malgré tout, il nous a plu ". Quelles sont ses qualités ? " Malgré son retard physique, on a décelé des qualités de puissance ", souligne Riga. " Il a des coups dans son jeu et sait surprendre son adversaire. Et puis, il dispose de références. Il fut soulier d'or au Cameroun, ça vaut ce que ça vaut mais les buts, il faut quand même les inscrire ! Il est capable de bien protéger son ballon et il a une marge de progression énorme. Il peut parfaire certaines choses dans son jeu et quand il aura éliminé certains déchets, il peut faire très mal ". Le joueur est d'accord avec l'analyse de son entraîneur : " Dans les 18 mètres, je peux apporter beaucoup de buts mais je ne suis pas uniquement buteur. Je peux aussi distribuer. Si vous regardez mes statistiques, vous serez étonnés par ma saison à Dresde. Je n'y ai inscrit aucun but mais ce n'est pas si étonnant que cela car on m'alignait au poste de... médian droit. Par contre, j'ai offert 11 assists. Je manque encore de rythme car je n'ai pas fait la préparation mais je sens de jour en jour que je retrouve mes sensations. Je n'ai aucune pression parce que je dois remplacer Njock que je connais bien puisque nous avons gagné ensemble la Coupe d'Afrique des Nations Espoirs au Nigeria en 2004 ". STÉPHANE VANDE VELDE