Il fut une époque où la Belgique rayonnait sur le monde. De cette époque, les analystes étrangers ont gardé en mémoire quelques flashes, quelques noms. Lorsqu'on évoque les Diables Rouges, on nous ressort les patronymes d' Eric Gerets (davantage pour sa carrière d'entraîneur), d' Enzo Scifo, de Jean-Marie Pfaff et de Michel Preud'homme. En ramenant le titre en bord de Meuse après 25 ans, celui qui incarnait déjà le Stand...

Il fut une époque où la Belgique rayonnait sur le monde. De cette époque, les analystes étrangers ont gardé en mémoire quelques flashes, quelques noms. Lorsqu'on évoque les Diables Rouges, on nous ressort les patronymes d' Eric Gerets (davantage pour sa carrière d'entraîneur), d' Enzo Scifo, de Jean-Marie Pfaff et de Michel Preud'homme. En ramenant le titre en bord de Meuse après 25 ans, celui qui incarnait déjà le Standard s'est forgé un statut de légende. Nul doute que sa statue est déjà en cours de réalisation dans les ateliers liégeois. Preud'homme, c'est donc une légende sportive en marche. Sa carrière de gardien, commencée à Sclessin, glorifiée à Malines et consacrée à Lisbonne, aura déjà imprégné les esprits. Comme ce match parfait face aux Pays-Bas à la Coupe du Monde 1994. Ce jour-là, il sortit toute la panoplie du gardien de but. Et c'est lors de cette rencontre qu'il forgea son titre de meilleur gardien du monde obtenu la même année. Mais Preud'homme, c'est aussi une imagerie populaire. Une chevelure tout en boucle, sans âge et indémodable, qui fait plus que partie du personnage. Elle l'incarne à elle seule. On aime ou on n'aime pas, il ne la coupera pas. Ses longs cheveux bouclés, c'est sa signature. Des lèvres toujours pincées. Signe d'une consommation effrénée de patches de tabac. Signe également d'un stress ultra présent. Car, Preud'homme ne sera jamais ce genre de coach zen, regardant la rencontre avec le détachement d'un vieux sage. C'est une boule de nerfs. En apparence calme mais qui éructe quand l'occasion se présente. Et qui explose à chaque coup de sifflet final, lorsque SON Standard a vaincu l'adversaire du jour. Preud'homme, c'est avant tout un fin stratège. Il a beau se cacher parfois derrière une mauvaise foi à peine feinte, ou derrière une superstition débordante, ce sont toujours sa science du jeu et sa capacité à protéger et motiver ses joueurs qui font la différence. Moins de deux ans après avoir repris le Standard, Preud'homme lui offre donc un titre. C'est rapide mais l'homme s'est pourtant montré patient. Sans s'exciter, il a remis l'équipe sur les rails. Rapidité et patience, deux mots qui résument à eux seuls la carrière de Preud'homme. N'a- t-il pas été porté aux nues à 18 ans à peine lorsqu'il forgea les portes de l'équipe première du Standard en 1977 et n'a-t-il pas dû attendre ses 35 ans avant de connaître un transfert à l'étranger lorsqu'il partit pour Benfica ? par stéphane vande velde