" Pour moi qui ai disputé des duels entre Anderlecht et le Standard lors de mes deux saisons passées à Sclessin, il s'agit toujours d'un match très particulier. Je me souviens d'un 0-0 en 1968 à Sclessin. Normalement, on aurait dû gagner car un ballon avait passé la ligne de but mais Jean Cornelis l'avait dégagé et l'arbitre n'y avait vu que du feu. Charles Vander Mijnsbrughe, le directeur du Sportif 68, avait l'habitude de publier des montages de photos. Celui-là était clair et net : le ballon avait passé la ligne pour les Rouches. L'émission Lun...

" Pour moi qui ai disputé des duels entre Anderlecht et le Standard lors de mes deux saisons passées à Sclessin, il s'agit toujours d'un match très particulier. Je me souviens d'un 0-0 en 1968 à Sclessin. Normalement, on aurait dû gagner car un ballon avait passé la ligne de but mais Jean Cornelis l'avait dégagé et l'arbitre n'y avait vu que du feu. Charles Vander Mijnsbrughe, le directeur du Sportif 68, avait l'habitude de publier des montages de photos. Celui-là était clair et net : le ballon avait passé la ligne pour les Rouches. L'émission Lundi Sport de la RTBF reprenait le document qui était photographié sur l'écran par le journal Les Sports qui le publiait le mardi, mais on n'en était pas au niveau technologique actuel et ça ne donna rien. Le seul montage visible et clair fut donc publié le mercredi dans le Sportif 68... De telles man£uvres prouvent bien qu'un tel duel rendit tout le monde dingue. D'ailleurs, on ne pouvait plus glisser une sardine dans le stade lors de ces confrontations. Je suis très heureux qu'on en soit revenu à un tel niveau dans ce grand classique car û c'est vrai û l'émergence du Club Bruges a fait de l'ombre à ces deux clubs mythiques. Mais les choses ont changé, ces trois-là traitent dorénavant d'égal à égal. Il n'y a qu'à voir le 1-1 récemment obtenu par le Standard à Bruges. Ce choc se présente donc très bien : les deux équipes sont en forme et il y a énormément d'enjeux à la clé. A Anderlecht, on est loin des dernières semaines pénibles d' Hugo Broos à la tête de l'équipe : elle semblait hors condition et non motivée. Le message ne passait plus. Franky Vercauteren a remis les choses en place. On connaît ses qualités : carrière, intelligence, expérience, technicité, connaissance du passé anderlechtois, recherche du panache... Mais on est encore dans une période transitoire. A Genk, il y avait beaucoup de monde au milieu du terrain et pas tellement devant, chez Vercauteren. Mais le principal est obtenu : il y a désormais une grosse volonté collective à Anderlecht. Elle n'existait plus au temps de Broos et le Standard rencontre peut-être les Mauves trop tard. Mais les Rouches constituent la meilleure équipe du deuxième tour. Non seulement par rapport aux résultats mais également au football chatoyant prodigué grâce à leurs deux extra-terrestres : Sergio Conceiçao et Milan Rapaic. Ce dernier ne m'avait pas autant convaincu que le premier, loin s'en faut. Mais c'est vrai qu'il a commencé à beaucoup travailler dernièrement parce qu'il a remarqué qu'en Belgique, aussi, il fallait produire un gros volume de jeu pour faire la différence. Rapaic n'est pas encore à son top mais est capable d'effectuer de plus en plus de bons coups dans un match. Je n'ai qu'un regret par rapport au Standard, c'est de ne pas voir plus souvent un Wamberto en lice, mais cela prouve que l'équipe a beaucoup d'arguments. C'est aussi le cas pour Cédric Roussel... Mais au-delà du match, que restera-t-il de ce beau Standard la saison prochaine ? Mieux Rapaic et Conceiçao jouent, plus ils ont de chances de repartir dans des clubs étrangers capables de les payer plus... " Jean-Paul Colonval