Le Belgique est le pays du surréalisme. C'est aussi pour cela qu'on l'aime. C'est pour ça qu'on a plus de chances de mourir de rire que d'ennui dans nos belles contrées. Telle Liège, la belle, la rebelle. Plus inclassable et indomptable que jamais. Plus improbable aussi. La ville du " oufti non di dju " vient de " oufter " encore.
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Le Belgique est le pays du surréalisme. C'est aussi pour cela qu'on l'aime. C'est pour ça qu'on a plus de chances de mourir de rire que d'ennui dans nos belles contrées. Telle Liège, la belle, la rebelle. Plus inclassable et indomptable que jamais. Plus improbable aussi. La ville du " oufti non di dju " vient de " oufter " encore. Un club que nous ne nommerons pas (le seul liégeois en D1A) vient de faire signer son nouvel entraîneur juste à la fin du mercato. Ça peut arriver sous la contrainte mais là, cela fait des mois qu'on sait qu'ils vont virer l'ancien et prendre le nouveau. Donc le timing est un peu " biesse ". Quoique, connaissant le génie liégeois, il se peut que le nouveau coach ait déjà donné quelques instructions avant de signer. Et puis, finalement quel entraîneur décide encore réellement du recrutement ? Très peu. Quelques ténors. Et encore, leurs souhaits doivent concorder avec le marketing et la géopolitique d'expansion du label club. On a vraiment l'impression que ce sont les agents de joueurs et les dirigeants qui font les équipes. Pour leur bonheur... très personnel. Notez que si on sort de Wallonie, c'est pas mal non plus. Des clubs, et non des moindres, se foutent totalement de leur cellule de scouting. Ils paient des hommes qui, à travers le monde, repèrent, analysent, et conseillent en prenant en compte d'abord et avant tout l'aspect sportif et l'intérêt du club mais à la fin...on prend des autres joueurs. Parce que présenté par un agent... ami. Souvent le même. Il y a l'avis des experts et le baratin des imposteurs qui, en fait, ne font que leur métier. Faire du pognon. Encore faut-il des dirigeants conciliants et l'affaire est faite. Le club débourse et les intermédiaires remplissent leur bourse. Et puis, il y a aussi le niveau supérieur où là, les destinées sont décidées par des traders. Ceux-là mêmes qui ont pourri le monde avec leur spéculation sont maintenant dans la place. Plus boursière mais encore monétaire. Le plus bel exemple est RadamelFalcao, passé de merveille des pelouses à cireur de banc. Depuis 2013 ce joueur qui gagnait des points est devenu un pion. Placé pour le moment sur la case Monaco. Le Rocher est devenu un centre de transit très prisé par quelques agents et fonds d'investissements. Cet été, le roi des agents c'était MinoRaiola. Avec lui, on vient de passer un cap. Durant le mercato, il a gagné plus que le contrat annuel de Cristiano Ronaldo. Le pauvre ne touche que 21M?. Raiola a placé Pogba, Ibra et Mkhitaryan à Manchester United. Devenu son plus beau donateur. 37 M? des comptes du club au sien. Ça crée des liens. Hasard ou pas, il vient de sortir la dézingueuse envers l'entraîneur de Liverpool. Le grand rival historique des Mancuniens. Il se permet d'insulter JürgenKlopp : " c'est une grosse m... ". Tout ça parce qu'il n'a pas laissé Balotelli faire ce qu'il voulait. Pas un hasard non plus qu'un des agents les plus puissants au monde s'en prenne à un entraîneur dont on a l'impression qu'il est un des derniers à choisir les joueurs qu'il veut dans son noyau. Denrée rare. Très rare. Espèce à protéger. Et puis, il y a les joueurs. Qu'on aime tant mais dont tant d'agents disent qu'ils sont les premiers à trahir. MoussaSissoko n'a sûrement jamais trahi. Surtout pas ses clubs. Ce magnifique mouilleur de maillot a quand même fait preuve d'une certaine naïveté. Ce qui nous donne la bonne blague du mercato. Quand il signe à Tottenham il déclare : " J'arrive dans le club de mon coeur ". En 10 minutes, les supporters d'Arsenal gâchent la cérémonie nuptiale. Ils balancent sur le net des interviews lors desquelles Sissoko clame haut et fort que son rêve est de jouer pour ...Arsenal, l'ennemi des Spurs. Courage, Moussa. On te souhaite de réussir tes débuts, sinon... A Liège ou ailleurs, le monde n'est plus ce qu'il était. L'essentiel est de continuer à tendre à l'essentiel. Continuer de s'émerveiller les yeux rivés vers les pelouses. Avec, bien sûr, une bonne bière dans un beau gobelet en plastique. PAR FREDERIC WASEIGE