Maverley, l'un des quartiers les plus violents de Kingston, capitale de la Jamaïque. C'est là qu'est né et a grandi Raheem Sterling avant de prendre le chemin de l'Angleterre, avec sa mère, à l'âge de 5 ans. " Il jouait partout avec son ballon dans la maison, et je lui disais toujours de faire attention à ne pas casser mes affaires. Il me faisait remarquer qu'il fallait que je lui trouve un endroit où il puisse jouer au foot librement ", souligne-t-elle.
...

Maverley, l'un des quartiers les plus violents de Kingston, capitale de la Jamaïque. C'est là qu'est né et a grandi Raheem Sterling avant de prendre le chemin de l'Angleterre, avec sa mère, à l'âge de 5 ans. " Il jouait partout avec son ballon dans la maison, et je lui disais toujours de faire attention à ne pas casser mes affaires. Il me faisait remarquer qu'il fallait que je lui trouve un endroit où il puisse jouer au foot librement ", souligne-t-elle. C'est ainsi qu'à peine débarqué en Europe, le petit Raheem atterrit au centre de formation de West Ham avant de rapidement prendre le chemin de Queens Park Rangers, dans l'ouest londonien. Il y séjournera de 2003 à 2010, sept années pendant lesquelles il fera parler son explosivité digne des meilleurs athlètes jamaïcains. Une qualité qui attire bon nombre de recruteurs, dont ceux de Liverpool. Les Reds dépensent 725 000?, pour s'attirer ses services. D'abord intégré à l'équipe U21 durant deux saisons, il fait ses grands débuts en équipe première en mars 2012 face à Wigan. Sept mois plus tard, le 20 octobre 2012, à l'âge de 17 ans, il ouvre son compteur face à Reading et devient le deuxième plus jeune buteur de Premier League, derrière un certain Michael Owen. Et le kid ne tarde pas à se faire connaître de tous. Dès 2013/2014, le quatuor qu'il forme avec Luis Suarez, Daniel Sturridge et Philippe Coutinho lui permet de remporter le trophée du meilleur jeune joueur de la saison (9 buts, 5 assists) et d'être sacré Golden Boy 2014, devant Marquinhos et Divock Origi. En 2015, Liverpool, convaincu par ses qualités, lui propose une prolongation de contrat à hauteur de 100 000£ par semaine mais Sterling refuse et annonce qu'il ne négociera pas avant la fin de la saison. Une attitude qui passe très mal auprès des fans des Reds qui n'hésitent pas à le huer alors qu'il reçoit le prix de meilleur jeune du club. Un épisode compliqué qui l'encourage à quitter la ville des Beatles. Un chèque de 70,5 millions d'euros plus tard, c'est finalement Manchester City qui emporte la mise et fait de lui le joueur anglais le plus cher de l'histoire. Sa première saison chez les Citizens ne se déroule pourtant pas aussi bien qu'il l'aurait souhaité. S'il est titularisé dans la plupart des rencontres, il peine à confirmer les attentes placées en lui. Pourtant, tout n'avait pas si mal commencé. Fin août, il marque son premier but en championnat pour ses nouvelles couleurs et deux mois plus tard, il signe le premier triplé de sa carrière contre Bournemouth. Les louanges, dont celles du coach Manuel Pellegrini, pleuvent mais au fur et à mesure que la saison progresse, Sterling rentre dans le rang et perd peu à peu sa place de titulaire. En manque de confiance, il est néanmoins repris pour l'EURO 2016, ce qui le pousse à demander au Docteur Steve Peters, le psychologue qui l'accompagnait lors de son passage à Liverpool, de le rejoindre en sélection. " Je me sens bien. Vraiment, ça a été pour moi quelque chose de positif mentalement d'être ici avec le staff, le Dr Steve Peters, et nous allons travailler mon mental. Il réussit à vous faire rentrer dans la tête que la mentalité est la clé et qu'elle est en grande partie responsable du blocage de certaines choses, et plus particulièrement, de votre football " explique-t-il à l'époque. Malgré ces bons mots, le Citizen ne convainc pas et l'Angleterre est éliminée sans gloire en huitièmes par l'Islande. Sterling, lui, n'a pas joué le moindre match complet, pas plus qu'il n'a trouvé le chemin des filets. L'été 2016 est toutefois positif pour le droitier de Kingston : Pep Guardiola débarque pour relancer la machine mancunienne. Et l'Espagnol fait directement confiance à Sterling. L'ailier est presque toujours titulaire (il ne manque que cinq matches de championnat) et rend cette confiance à son coach en inscrivant sept buts et en délivrant six passes décisives. Si, collectivement parlant, les résultats ne sont pas là (3e en PL et éliminé en 8e de CL par Monaco), pour Sterling, la saison est bien plus aboutie que la précédente sous Pellegrini. Déjà les prémices de la véritable explosion des hommes de Guardiola. Cette saison, le flanc droit n'est pas étranger à la longue série d'invincibilité établie par Man City : il en est le deuxième meilleur buteur - toujours derrière Sergio Agüero - avec 15 buts auxquels il faut ajouter dix passes décisives. Le football offensif prôné par Guardiola lui convient à merveille grâce, notamment, aux caviars distribués par Kevin De Bruyne et David Silva. " S'il avait un peu plus le sens du but, il serait l'un des joueurs les plus incroyables de la planète foot ", prophétisait Guardiola en début de saison. Il semblerait bien que l'Anglais l'ait pris au mot et réponde enfin aux attentes placées en lui.