Bâle, samedi soir. Les Néerlandais quittent le stade la tête basse. Le coup qu'ils viennent de prendre face aux Russes est terrible. On s'attendait déjà à ce que les hommes de Marco van Basten foirent dès leur deuxième match, contre la France, après avoir étrillé l'Italie. Puis, on s'est dit que le passage à vide viendrait dans le duel sans enjeu face à la Roumanie. Rien de tout cela. Et on a fini par oublier que ce pays est programmé pour retomber très vite après un coup d'éclat. Les Russes ont rappelé que rien n'avait changé.
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Bâle, samedi soir. Les Néerlandais quittent le stade la tête basse. Le coup qu'ils viennent de prendre face aux Russes est terrible. On s'attendait déjà à ce que les hommes de Marco van Basten foirent dès leur deuxième match, contre la France, après avoir étrillé l'Italie. Puis, on s'est dit que le passage à vide viendrait dans le duel sans enjeu face à la Roumanie. Rien de tout cela. Et on a fini par oublier que ce pays est programmé pour retomber très vite après un coup d'éclat. Les Russes ont rappelé que rien n'avait changé. Le tournoi de nos voisins restera dans la mémoire comme une vitrine dans laquelle se sont déchaînées quelques individualités. Comme Rafael van der Vaart. Magnifique joueur de 25 ans. Un meneur de jeu pour lequel on se déplace au stade. Pas très grand : 1,75m. Pas très svelte : 74 kg. Il est un peu le Walter Baseggio orange : il est souvent en pétard avec sa balance. Ronald Koeman lui a un jour retiré son brassard de capitaine de l'Ajax pour ça. A son troisième essai, il vient enfin d'être brillant dans un grand tournoi. A l'EURO 2004, il avait fait les frais de l'entrée en matière ratée de la Hollande et d'une correction tactique qui l'envoya sur le banc. A la Coupe du Monde 2006, il avait payé pour une préparation contrariée par une blessure. A nouveau le dug-out. En Suisse, par contre, le petit a flambé. Il l'avait prédit : " Nous sommes dans la plus belle poule. Et on nous a tellement parlé de la victoire à l'EURO 88 que nous allons nous défoncer pour écrire une nouvelle page de l'histoire des Pays-Bas ". Le gâteau du premier tour était délicieux mais la crème a tourné en quarts de finale. Van der Vaart est un pur produit de l'école de l'Ajax. Il a grandi dans une caravane et revendique cette jeunesse chahutée. Il s'est bien vengé sur la vie. A force d'exploits individuels, il a fini par devenir la star la mieux payée de l'Ajax. Avec ce club, il a fait très fort dans les records : premier match à 17 ans, capitaine le plus jeune de l'histoire ajacide, Talent européen de l'Année 2001, international à 18 ans et 234 jours - seuls trois joueurs hollandais ont fait mieux. Et depuis trois ans, c'est avec Hambourg qu'il régale. Dans la vie de tous les jours aussi, ça rigole pour Raf. Son image, sa belle gueule sont surexploitées. Sa femme, Sylvie, a été élue plus belle femme de footballeur de la Bundesliga et de l'Euro 2008. Une icône aux Pays-Bas, elle aussi : c'est la présentatrice bombe de MTV Holland. Les couvertures de magazines people, ils connaissent. Le joueur a aussi été représenté sur des timbres de la Poste néerlandaise. Il a participé à une campagne pour Pepsi. Son mariage a été retransmis en direct à la télé et les photos vendues à prix d'or. Van der Vaart est sous contrat à Hambourg jusqu'en 2010 et y gagne 2 millions par an mais rien ne dit qu'il y reprendra les entraînements. Il représenté par l'agent Soren Lerby, qui a des entrées dans les plus grands clubs. Avec l'EURO que son poulain vient de signer, on devrait faire la file. Dans un an, il pourra quitter Hambourg pour 1,5 million - c'est spécifié dans son contrat. Si son club veut toucher le jackpot, c'est maintenant. Van der Vaart a déjà flirté avec Valence et la Juventus. S'il peut choisir, sa destination est toute trouvée : l'Espagne. Car il est amoureux fou de ce pays. Il a des grands-parents qui y vivent et c'est là qu'il passe ses vacances : " Quand Wesley Sneijder me dit qu'il bronze sur une plage espagnole alors que je suis au même moment dans mon jardin d'hiver à Hambourg, ça fait mal ".l par pierre danvoye - photo: reporters