Nous quittons la capitale du Piémont pour l'Espagne et la Cantabrie, une région délaissée par le tourisme, très verte, du Nord de l'Espagne, bordée par les montagnes et la mer. Sa capitale, Santander est surtout connue pour avoir donné son nom à une banque célèbre. Pourtant, à une époque, lorsqu'elle servait de résidence d'été aux monarques espagnols, fin du 19e siècle, tout le monde se pressait à Santander. Ce n'est plus le cas depuis l'incendie de 1941 qui a ravagé la ville. Seuls les pèlerins de Saint-Jacques de Compostel...

Nous quittons la capitale du Piémont pour l'Espagne et la Cantabrie, une région délaissée par le tourisme, très verte, du Nord de l'Espagne, bordée par les montagnes et la mer. Sa capitale, Santander est surtout connue pour avoir donné son nom à une banque célèbre. Pourtant, à une époque, lorsqu'elle servait de résidence d'été aux monarques espagnols, fin du 19e siècle, tout le monde se pressait à Santander. Ce n'est plus le cas depuis l'incendie de 1941 qui a ravagé la ville. Seuls les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle la traversent. C'est dans le quartier d'El Sardinero que l'on trouve une des plus belles plages de la région et le stade du Racing Santander, club longtemps à l'image de la ville : anonyme. Pendant des années, de leur création en 1913 aux années 2000, le club hésita entre 1ère et 2e division, ne gagnant aucun trophée majeur. Mais le nouveau millénaire apporta aux Verdiblancos un nouvel espoir. Les Cantabrais atteignirent une sixième place historique en 2008, se qualifiant pour la Coupe d'Europe pour la première fois de leur histoire. A force de s'ancrer en Liga, le Racing attira l'attention d'un investisseur étranger et en janvier 2011, le club était repris par le magnat indien, Ahsan Ali Syed, président d'un fonds d'investissement et rêvant, à l'instar du propriétaire de Malaga, de concurrencer les grandes écuries de la Liga. Résultat : il consomma quatre entraîneurs en deux ans et conduisit le Racing en 2e division alors que le club restait sur dix saisons au sein de l'élite. Et voilà comment un club qui avait mis près de 90 ans à se stabiliser tomba aux oubliettes en deux ans. Car la chute du Racing ne s'avéra pas que sportive. Le propriétaire indien, loin de ses rêves de paillettes, ne mit plus un euro dans le club, qui tomba encore d'un échelon pour échouer en Segunda Division B (D3). Il fut alors remplacé par Angel Lavin qui s'octroya un salaire alors que plus personne au club ne touche le sien depuis des mois. L'anonymat le plus complet jusqu'à un bref retour dans l'actualité, cette saison. Après avoir sorti Séville et Almeria en Copa del Rey, voilà que les Montaneses devaient disputer les quarts de finale. Devait car ce match n'a jamais eu lieu, les joueurs décidant de faire grève pour protester contre les salaires impayés. Ce soir-là, tout le stade applaudit les joueurs, les soutenant dans leur cause. Sanctionné par la Ligue d'un score de forfait et d'un bannissement de la prochaine édition de l'épreuve, le Racing a tout de même rebondi après cet épisode. Le président Lavin a démissionné et le Racing dispute les play-offs pour monter en 2e division. PAR STÉPHANE VANDE VELDE