Agé de 24 ans, SamirBeloufa est l'un des transfuges réalisés l'été dernier par GeorgesLeekens afin de consolider la défense de l'Excelsior Mouscron. LongCouteau sortait d'une expérience à la tête de l'équipe nationale algérienne, mais il n'avait pas eu l'ancien défenseur du Germinal Beerschot sous ses ordres : à l'époque, celui-ci était simplement un ex-international Espoir français. La transaction s'est révélée une réussite complète : Samir Beloufa, formé à l'AS Cannes et qui effectua un passage à l'AC Milan (en étant prêté à Monza) s'est rapidement imposé comme l'une des pièces maîtresses de l'arrière-garde des Hurlus et est devenu, entre-temps, un international algérien en étant l'un des premiers à profiter de la nouvelle réglementation de la FIFA, autorisant des joueurs à la double nationalité à changer d'équipe nationale en Seniors pour autant que leurs sélections précédentes se limitaient aux catégories d'âge.
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Agé de 24 ans, SamirBeloufa est l'un des transfuges réalisés l'été dernier par GeorgesLeekens afin de consolider la défense de l'Excelsior Mouscron. LongCouteau sortait d'une expérience à la tête de l'équipe nationale algérienne, mais il n'avait pas eu l'ancien défenseur du Germinal Beerschot sous ses ordres : à l'époque, celui-ci était simplement un ex-international Espoir français. La transaction s'est révélée une réussite complète : Samir Beloufa, formé à l'AS Cannes et qui effectua un passage à l'AC Milan (en étant prêté à Monza) s'est rapidement imposé comme l'une des pièces maîtresses de l'arrière-garde des Hurlus et est devenu, entre-temps, un international algérien en étant l'un des premiers à profiter de la nouvelle réglementation de la FIFA, autorisant des joueurs à la double nationalité à changer d'équipe nationale en Seniors pour autant que leurs sélections précédentes se limitaient aux catégories d'âge. " L'idée était dans l'air depuis pas mal de temps et la loi n'est devenue effective qu'en novembre 2003 ", se souvient Samir Beloufa. " J'avais été international français chez les jeunes, en disputant même trois rencontres du tournoi Espoirs de Toulon en juin 1999, mais lorsqu'on m'a proposé de rejoindre l'équipe nationale algérienne, je n'ai pas hésité longtemps. J'en ai parlé à mes proches, à mes parents, à mon épouse... et à mon entraîneur, Georges Leekens. Après quelques jours, ma décision était prise. Le stage auquel on m'avait convié en septembre m'a conforté dans l'idée que cette décision était la bonne. C'était une sorte de test pour moi et il s'est vraiment bien passé. J'ai été très bien accueilli et je me suis directement senti à l'aise. Bien que né à côté de Paris et ayant vécu toute ma jeunesse en France, je ne me suis jamais senti déraciné. Mes parents sont algériens et m'ont éduqué comme ils l'auraient fait s'ils étaient restés au pays. L'heure de la prière, je la respectais déjà en France. Entre Algériens, on se considère très rapidement comme des frères. Jamais je n'ai senti poindre la moindre jalousie chez mes nouveaux coéquipiers, qui avaient participé à toute la campagne de qualification et qui auraient pu penser qu'un intrus venait prendre leur place. Ou alors, s'il y avait des jaloux, ils se sont bien cachés. Loin d'être déraciné, j'avais plutôt l'impression de... retrouver mes racines. D'ailleurs, regardez-moi. Est-ce que j'ai une tête de Français ? En équipe nationale algérienne, j'ai retrouvé NasredineKraouche, que j'avais déjà côtoyé dans les équipes de France de jeunes. Lui n'avait disputé que des rencontres amicales avec les Bleuets et a opté pour l'équipe nationale algérienne dès ses 18 ans. J'ai aussi retrouvé MaâmarMamouni, que j'avais croisé sur les terrains belges lorsque nous avons affronté La Louvière, mais sans le connaître personnellement. Tout s'est très bien passé. Mes papiers étaient en règle en décembre et j'ai pu participer à la Coupe d'Afrique des Nations. Une expérience mémorable. La ferveur des supporters était tout bonnement incroyable. A chaque match, le stade était plein. Et ceux qui sont venus n'ont pas regretté leur déplacement. D'abord, avec le partage 1-1 contre le Cameroun, qui était le tenant du titre et l'un des favoris de l'épreuve. Ensuite, avec la victoire 2-1 contre l'Egypte, un autre pays arabe avec lequel règne une certaine rivalité. Puis, avec la qualification pour le deuxième tour malgré une défaite 1-2 contre le Zimbabwe. Ce beau parcours était inattendu car c'était un nouveau groupe. On n'avait fait qu'un mois de préparation ensemble avant la Coupe d'Afrique. La cohésion faisait défaut. Ce qui nous a aidé, c'est la combativité, l'envie, la joie de jouer. C'est cette ambiance qui nous a fait avancer ". Jusqu'en quarts de finale, un match qui s'est achevé de manière dramatique. " On avait ouvert la marque à quelques minutes de la fin. On se voyait déjà en demi-finales, avec la perspective de rencontrer le Mali, un adversaire abordable. Le Maroc a égalisé à 40 secondes de la fin des... arrêts de jeu. Cela nous a tués, moralement. Dans les prolongations, on s'est effondré et le Maroc a inscrit deux nouveaux buts. Il a fallu plusieurs jours pour s'en remettre " Samir Beloufa n'est pas rentré en Algérie avec ses équipiers, il a directement pris l'avion pour l'Europe. " Mais on m'a raconté que les joueurs locaux qui avaient été accueillis comme des héros ". Pour Samir Beloufa personnellement, la Coupe d'Afrique s'est moyennement bien passée. Il s'est blessé dès le match d'ouverture, contre le Cameroun. " Je m'étais occasionné une entorse de la cheville. J'ai continué à jouer, mais un peu plus tard, je suis mal retombé et je me suis fracturé le poignet. La totale. A la mi-temps, j'ai dû jeter l'éponge. J'ai été soigné intensivement afin d'être prêt pour les quarts de finale. J'ai affronté le Maroc avec un plâtre ". En revenant à Mouscron, Georges Leekens l'a jugé hors forme. Samir Beloufa doit désormais récupérer sa place de titulaire, car durant son absence, le nouveau transfuge GrégoryLorenzi s'est imposé à l'arrière gauche, tandis que StephenLaybutt a glissé dans l'axe, à la place qu'occupait précisément le nouvel international algérien. " Je suis revenu avec le poignet plâtré, il est logique que l'entraîneur ne m'ait pas aligné d'emblée. Il est logique, aussi qu'il maintienne sa confiance à des joueurs qui lui ont donné satisfaction. Car l'équipe s'est très bien débrouillée pendant mon absence. De mon côté, je continue à travailler. Je dois rattraper les dix jours d'inactivité que j'ai dû observer en Tunisie. Le retour a surtout été dur sur le plan des conditions climatiques, puisque je suis revenu en Belgique à un moment où il gelait à pierre fendre. Mais j'ai constaté avec plaisir que l'ambiance était toujours aussi bonne dans le groupe. Rien n'a changé pendant mon absence ". Cette bonne ambiance, c'est pour Samir Beloufa l'une des principales explications au beau parcours réalisé par l'Excel. " Je l'ai ressentie dès le départ. Que ce soit sur ou en dehors du terrain, le groupe est soudé. Et cela se répercute sur nos prestations. Cette cohésion a fait la différence dans certains matches. Contre La Louvière, on était battu 0-1 à un quart d'heure de la fin et on n'avait pas vraiment bien joué, mais on a encore trouvé les ressources pour renverser la tendance. Les mérites de l'entraîneur ? Bien sûr, il apporte son savoir-faire. Son palmarès est éloquent, il a dirigé deux équipes nationales (la Belgique et l'Algérie), mais quand je parle du groupe, je veux englober tout le monde. Cela va du plus jeune au plus vieux, du responsable du matériel au président, en passant par le coach et ses adjoints. En tant que joueurs, nous nous sentons aussi investis d'une certaine responsabilité. Le club nous place dans les meilleures conditions possibles et on doit mettre un point d'honneur à être à la hauteur. Mouscron est certainement l'un des clubs belges les mieux structurés, pratiquement au même niveau que les quatre grands traditionnels. Seuls les moyens financiers ne sont pas comparables, mais au niveau des structures et de l'environnement, on n'a rien à envier à personne. Maintenant, on se doit de continuer dans la même voie, afin de ne pas gâcher tout le travail accompli. Je n'étais pas là la saison dernière, mais on m'a raconté que l'équipe avait aussi réalisé un très bon premier tour avant de s'effondrer dans le deuxième. Pour l'instant, on a confirmé. J'espère terminer la saison le mieux possible, accrocher peut-être une troisième ou quatrième place, et après on verra bien ". Samir Beloufa est l'un des joueurs, avec les autres nouveaux comme Stephen Laybutt et Grégory Lorenzi, dont il faut lever l'option. " Ce sera au club de décider. En ce qui me concerne, je serais d'accord de rester encore une, deux ou trois saisons. Je me plais à Mouscron... et la perspective d'une éventuelle participation à une coupe européenne constituerait encore une motivation supplémentaire. Si mon contrat n'est pas renouvelé, il faudra bien que je cherche ailleurs. Mon nouveau statut d'international algérien pourrait peut-être m'ouvrir des portes. Mais je n'en suis pas encore là ". Samir Beloufa sait déjà qu'il n'aura pas de vacances, ou très peu, l'été prochain. " Les qualifications pour la Coupe du Monde 2006 û et en même temps pour la prochaine édition de la Coupe d'Afrique des Nations, également en 2006 û auront lieu en juin. Je tiens à y participer, car cette expérience avec l'équipe nationale algérienne m'a mis l'eau à la bouche. On n'a pas toujours l'occasion de vivre de tels événements. Se sentir dans la peau d'un international, que ce soit avec l'Algérie, la France ou la Belgique, c'est toujours spécial. Pour les vacances, d'autres occasions se présenteront ". Daniel Devos" Mon STATUT D'INTERNATIONAL pourrait m'ouvrir des portes mais je préférerais RESTER à MOUSCRON "