Le temps des grands moyens

Il suffit de jeter un oeil à la métamorphose du Bosuil. De se poser sur le parking de Deurne un matin et de voir les CV de prestige qui se succèdent sur la route des vestiaires du matricule 1. Ou, tout simplement, d'énumérer les remous suscités par une saison terminée à la quatrième place. Mis devant le défi d'assembler un puzzle dont les pièces les plus brillantes n'étaient pas toujours les plus compatibles, Brian Priske a été prié d'aller jouer ailleurs. Son siège, très convoité, accueille désormais le CV XXL de Mark van Bommel, champion d'Europe avec le Barça et finaliste de Coupe du monde avec les Oranje mais pas encore aussi riche en bons souvenirs depuis son passage sur le banc de touche.
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Il suffit de jeter un oeil à la métamorphose du Bosuil. De se poser sur le parking de Deurne un matin et de voir les CV de prestige qui se succèdent sur la route des vestiaires du matricule 1. Ou, tout simplement, d'énumérer les remous suscités par une saison terminée à la quatrième place. Mis devant le défi d'assembler un puzzle dont les pièces les plus brillantes n'étaient pas toujours les plus compatibles, Brian Priske a été prié d'aller jouer ailleurs. Son siège, très convoité, accueille désormais le CV XXL de Mark van Bommel, champion d'Europe avec le Barça et finaliste de Coupe du monde avec les Oranje mais pas encore aussi riche en bons souvenirs depuis son passage sur le banc de touche. Débarqué dans la cité portuaire via Marc Overmars, installé à la tête d'un staff presque exclusivement pioché de l'autre côté de la frontière, l'ancien milieu défensif prêche forcément la possession et le 4-3-3. Un football aux idées claires qui convainc déjà les cadres, parfois déboussolés par les plans de jeu souvent chamboulés de Priske la saison dernière. Si les discours officiels prônent la patience et rappellent qu'on ne devient pas un grand club du jour au lendemain, l'ambition se cache difficilement dans la bouche d'un Néerlandais. Du côté du Great Old, l'idée est de taper vigoureusement du poing sur une table où le nouveau meilleur ennemi brugeois fait la loi. Avec Paul Gheysens à la manoeuvre pour activer la planche à billets, le matricule 1 ne lésine pas sur les moyens pour franchir les derniers paliers de son retour au premier plan. Dans la foulée de Radja Nainggolan, arrivé avec un salaire royal la saison dernière, le club anversois s'est dernièrement offert Toby Aderweireld. Avant ça, le matricule 1 avait déjà acquis l'ancien international oranje Vincent Janssen mais aussi la jeune promesse du Bayern Munich Christopher Scott, pour égayer les contours de son jeu offensif, bien trop dépendant de Michael Frey lors du dernier exercice. Loin de faire l'unanimité dans le jeu, le Suisse s'était imposé à coups de buts, portant ses couleurs vers le top 4 en compagnie d'un Jean Butez miraculeux, mais reste un point d'interrogation dans le costume de leader offensif d'un candidat au titre. C'est bien cela que cet Antwerp veut devenir, masquant même assez mal son impatience puisque Van Bommel sera le cinquième coach différent du Great Old en quatre saisons. Installé et maintenu, parfois contre l'avis général, par Lucien D'Onofrio, Laszlo Bölöni n'avait pas survécu au départ de son partenaire de longue date. Depuis, des profils aussi différents qu'Ivan Leko, Frank Vercauteren et Brian Priske s'étaient succédé sur le banc du Bosuil. Avec des idées du football bien différentes, mais un dénominateur commun qui ne laissait aucun doute sur les intentions locales: des titres au palmarès. Dans la Métropole, la machine à rumeurs charrie toujours plus de grands noms. La preuve que le portefeuille présidentiel ne se fixe aucun tabou, espérant avoir désormais trouvé la bonne formule au rayon de la gestion sportive pour transformer les millions en trophées. La version orange du plan anversois a en tout cas de l'assurance et de l'expérience à revendre. Au bout d'une saison qui laissera toujours la sensation d'avoir loupé le coche face à un Bruges qui semblait plus prenable que jamais, l'Antwerp veut en tout cas se donner les moyens de chasser ses regrets. N'en déplaise aux romantiques, l'histoire récente du ballon rond va dans le sens du Great Old, parce qu'elle tend à prouver que celui qui a le plus d'argent finit souvent par coiffer les lauriers.