Ses grosses pognes dégagent une impression de grande force. L'homme a l'habitude de bosser dur afin d'atteindre ses objectifs. L'équipe nationale n'est pas un chantier mais il faudra rénover la maison des Diables, lui donner un coup de jeune, remplacer une maîtresse poutre et pas mal de tuiles. L'Asie n'est déjà plus qu'un souvenir et Aimé Anthuenis mesure certainement que la succession de Robert Waseige ne sera pas une mince affaire. Des joueurs importants se sont retirés, Marc Wilmots en tête, mais des jeunes mettent le nez à la fenêtre. C'est donc un groupe largement revu, dans toutes ses lignes, qui abordera bientôt son destin et un défi qui s'appelle l'EURO 2004.
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Ses grosses pognes dégagent une impression de grande force. L'homme a l'habitude de bosser dur afin d'atteindre ses objectifs. L'équipe nationale n'est pas un chantier mais il faudra rénover la maison des Diables, lui donner un coup de jeune, remplacer une maîtresse poutre et pas mal de tuiles. L'Asie n'est déjà plus qu'un souvenir et Aimé Anthuenis mesure certainement que la succession de Robert Waseige ne sera pas une mince affaire. Des joueurs importants se sont retirés, Marc Wilmots en tête, mais des jeunes mettent le nez à la fenêtre. C'est donc un groupe largement revu, dans toutes ses lignes, qui abordera bientôt son destin et un défi qui s'appelle l'EURO 2004. Cette course à étapes commencera le 7 septembre prochain, face à la Bulgarie, à Bruxelles, et ne se déroulera pas sur un parcours trop accidenté avec la Croatie, Andorre et l'Estonie comme autres difficultés. "Pas si sûr: la Croatie et la Bulgarie, que nous observerons régulièrement sont en phase de reconstruction et n'ont jamais manqué de joueurs talentueux", avance le coach fédéral. Le prologue, match amical en Pologne le 21 août déjà, permettra de cerner les idées, les plans, le style et les projets de l'homme du Pays de Waes. Le rendez-vous de Szczecin sera important car c'est au pied du mur qu'on voit le maçon.En attendant, son bureau n'est pas encore parfaitement rangé. Aimé Anthuenis s'installe à l'Union Belge et dans ses nouvelles fonctions au top du football belge. Il suit beaucoup de matches, a assisté à Standard-Mouscron puis à Schalke 04-Wolfsburg le lendemain."Marc Wilmots m'a épaté "Aimé Anthuenis: Robert Waseige a présenté un groupe bien équilibré dans toutes ses composantes lors du voyage au Japon. Cette page est tournée avec à la clef, des départs mais c'est la vie. Je continuerai dans le même souci d'obtenir ce qui a toujours été à la base de nos succès: la complémentarité. On a parlé d'un rajeunissement drastique: je démens. L'effectif va changer mais il n'y aura pas de rupture brutale par rapport au passé car il faut être patient. J'accorde beaucoup d'importance au climat, à l'envie de porter le maillot de l'équipe nationale. Je comprends que cela puisse peser car tout s'enchaîne sans cesse et il n'est pas évident de recharger les accus entre le championnat, la Coupe de son pays, des matches européens ou des chocs de Ligue des Champions. La Coupe du Monde est à peine dans le rétro et l'EURO 2004 se profile déjà à l'horizon, c'est tout dire quant à l'importance des motivations de chacun. C'est un problème individuel que j'avais mesuré lors des campagnes d'Anderlecht en Ligue des Champions. A un moment, nous en étions au rythme de trois matches importants par semaine. Cela use et certains préfèrent alléger leur programme pour ne se consacrer, par exemple, qu'à leur club. A nous de trouver les parades sans tout bouleverser. Le voyage en Pologne nous permettra de procéder à des essais. J'aurais aimé avoir plusieurs matches amicaux au programme avant d'aborder les qualifications de l'EURO 2004 mais impossible vu la lourdeur du calendrier international. Cela dit, c'est vrai, quand un Wilmots se retire, ça laisse un vide...Comment allez-vous résoudre ce problème?Marc Wilmots m'a épaté. Il a été le moteur et l'âme de cette équipe sur le terrain et dans la vie de tous les jours. Beaucoup d'observateurs l'ont retenu dans leur composition idéale de cette phase finale. Il le méritait. On a dit que le joueur de Schalke était l'ami de Robert Waseige. Quand on atteint son rendement, on est toujours l'ami de l'entraîneur. Il avait un rôle bien à lui, à la fois médian et attaquant, surgissant entre les lignes, imprimant le rythme, etc.C'est un 9,5 comme les Français aiment qualifier ce genre d'élément...Oui, à cela, il faut ajouter la décision de Johan Walem et de Gert Verheyen qui, eux aussi, ne joueront plus en équipe nationale. Il y aura des choix à faire et, dans ce contexte, il est bon de signaler qu'ils seront uniquement sportifs. La provenance géographique d'un joueur, francophone, néerlandophone ou de la région germanophone, ne m'intéresse pas. Je ne retiens que ses atouts sportifs. Il en fut ainsi pour le choix de mon adjoint, Eddy Snelders, dont tout le monde connaît la carte de visite. Le travail ne manquera pas. Pour moi, le rythme est nouveau. Le nombre d'heures prestées est le même, en gros, mais l'agencement est différent. Le scouting occupe une place importante du travail. Il faut voir où le joueurs en sont, s'ils sont prêts pour les devoirs de l'équipe nationale. Un coach fédéral doit faire des choix tactiques comme un entraîneur de club et après le 4-4-2 souple de Robert Waseige, à quelle occupation de terrain peut-on s'attendre? Il n'y a plus rien de figé dans le foot moderne. On n'est pas un adepte éternel d'un système ou d'un autre à l'époque actuelle. Un "4 défensif" peut se transformer en trio quand un arrière, sans opposant direct, fait le surnombre au niveau de la ligne médiane. Si un pays était bien le dépositaire du 4-4-2, c'est le Brésil. Or, les Cariocas sont devenus champions du monde en changeant leur fusil d'épaule. Ils ont milité avec trois défenseurs, un attaquant de pointe, bien soutenu par la ligne médiane, sur les ailes, et cela prouve que le but d'une équipe, finalement, est d'exploiter ses qualités et de maquiller ses défauts. La finalité d'un bon quadrillage collectif est d'avoir, virtuellement, un joueur de plus que l'adversaire sur le terrain. Trois défenseurs (c'est-à-dire cinq en phase de repli) , vous avez évoqué cette réalité brésilienne: devons-nous creuser dans cette voie pour déjà cerner les premiers choix que vous ferez en Pologne?On peut parler d'occupation de terrain durant des heures et tout dépend de...De l'animation du jeu: vieille rengaine de tous les coaches, non?C'est en tout cas un facteur important, extrêmement décisif. A Anderlecht, Yves Vanderhaeghe devait à la fois être au centre et se décaler sur l'aile afin de combler les espaces derrière Alin Stoica. Il n' a pas geint et, quelque part, cela l'arrangeait car il aime avoir beaucoup de foin sur sa fourche. Bertrand Crasson était souvent seul sur le flanc droit mais c'était le prix à payer afin d'avoir un tout bien équilibré. Cette saison, Anderlecht a entamé le match contre Everton avec quatre arrières avant de glisser vers une zone à trois (Zewlakow, Tihinen, De Boeck) tandis que le quatrième (Hendrikx) était devenu médian. Lors de la Coupe du Monde, le Brésil a progressivement préféré Kleberson à Juninho, excellent joueur, car cela générait une plus grande harmonie tactique sur le terrain...De nouvelles têtes apparaîtront forcément dans tous les secteurs de l'équipe nationale: votre liste est-elle déjà dressée?Non, impossible et, de toute façon, des noms auxquels je ne pense pas encore, vont peut-être se révéler. En plus des départs, il y a les blessés dont Nico Van Kerkhoven et les joueurs n'ayant pas encore entamé leur championnat à l'étranger et qui manquent forcément de rythme. Pas de problèmepour Geert De Vlieger confirmé dans son statut de gardien numéro 1 de la Belgique, n'est-ce pas? Il y a le collectif et je ne parle pas des individualités. Tout le monde a ses valeurs et un groupe, c'est aussi plusieurs gardiens. On connaît Geert et Frédéric Herpoel mais il n'en demeure pas moins que d'autres seront logiquement suivis: Jean-François Gillet, en Italie, Jan Moons et Davy Schollen, tous deux de Genk.En défense, Daniel Van Buyten avait été critiqué par une partie de la presse au Japon: votre avis à son propos?Il a grandi avec le groupe. Ne jugeons pas individuellement mais collectivement. La Belgique n'a pas mal joué contre le Japon. Ce n'est jamais facile face au pays organisateur soutenu par son public. Ce fut très moyen face à la Tunisie et ce débat est à ranger dans une problématique typiquement belge: nous avons toujours de la peine à nous définir lors de tels débats. Van Buyten fut solide face à la Russie et excellent, comme toute l'équipe, contre le Brésil avec à ses côtés un Simons sobre, à l'aise. Dans l'axe, il y a aussi De Boeck, Valgaeren et un Doll en pleine possession de ses moyens peut y briller. Derrière, j'ai surtout des problèmes à gauche. Van Kerckhoven est blessé mais il y a Peter Van der Heyden et Didier Dheedene, qui retrouve la joie de jouer en Autriche après une saison de galère à Munich 1860. Mais les gauchers ne sont pas légion en défense.Qui dirigera la ligne médiane?J'ai mes idées et nous débroussaillons. N'oubliez pas de citer Gert Verheyen. C'est un leader, un homme clef qui sait garder son calme, rendre des services comme il l'a fait face à la Tchéquie. Il faudra se passer de lui aussi car il a pris da retraite en tant qu'international. Tout le monde songe évidemment à Walter Baseggio, c'est logique, et s'il évite les blessures, Anderlecht en profitera et pourrait vivre une saison très intéressante. Vermant a ses atouts aussi. A gauche, j'ai Goor, Thijs, bien sûr mais aussi Daerden, Soetaers, Grégoire, Willemsen, Van Dessel, tandis qu'à droite, Dufer, Chatelle, Mbo Mpenza, Hendrikx et même De Vleeschauwer, même s'il est plus défensif, sont intéressants. Après le trio des arrières lu et deviné entre les lignes, doit-on en déduire que Walter a les moyens de dicter le ton dans la ligné médiane des Diables Rouges?A Anderlecht, il va bénéficier de l'apport de Martin Kolar qui le débarrassera d'une part de son travail défensif. Kolar pourrait être la révélation de la saison en D1. Notre regard se tourne aussi vers Sven Vermant ou des jeunes comme Thomas Buffel, Pieter Collen, ou Jonathan Blondel. Buffel devra jouer à Feyenoord, évidemment. Blondel a pris des risques en tentant sa chance à Tottenham. A-t-il été trop vite? Peut-être maisle contraire est envisageable aussi et, si cela rigole pour lui, il donnera forcément une autre dimension à sa carrière. Pour ces jeunes, le scouting est parfois plus difficile quand ils jouent peu ou se retrouvent en Réserve. Grégory Dufer est aussi un cas intéressant. Mbo Mpenza a saisi sa chance sur le flanc droit au Japon mais il préfère, je crois, jouer en pointe où je n'oublie pas non plus tout ce qu'il peut nous apporter avec son frère, Emile...Ah, l'attaque! Branko Strupar a annoncéson désir de ne plus jouer en équipe nationale. Vous l'aviez lancé à Genk: vous a-t-il téléphoné?Non: l'attaque, c'est une alchimie particulière. A Anderlecht, la sauce avait immédiatement pris entre Jan Koller et Tomasz Radzinski. Cette entente généra titres et autres succès. A Genk, ce ne fut pas la même chose avec Oulare et Strupar. On avait même dit qu'ils n'étaient pas complémentaires. C'est alors au coach de les rapprocher, de les unir. Un bon Strupar m'intéresse toujours, comme celui que j'avais vu en match amical contre la Slovaquie. Il ne faut jamais rayer un sportif de la carte. Branko, c'est un point d'appui, de la présence dans le trafic aérien et 80% de ballons cadrés sur phases arrêtées. L'aveniroffensif: Emile et Wesley?Tout à fait. C'est un bon pivot. S'il joue à Vitesse, ce sera une possibilité. Et si Michael Goossens réalise une bonne saison, c'est une piste de plus. Tout dépendra des complémentarités...Et je devine votre prochaine question....Ah?Emile Mpenza et Wesley Sonck sont-ils complémentaires?Excellente question. Votre réponse?Ils ont tout pour l'être. Emile est rapide. Que dis-je, extra rapide. Wesley a le sens de la combinaison et a du flair à la finition. C'est donc un duo très intéressant à unir mais d'autres combinaisons offensives sont envisageables et intéressantes même si les clubs de D1 ont surtout des attaquants étrangers.Le championnat a pris son envol: quels sont vos favoris?Anderlecht, Bruges, Genk. Le Standard est en retrait mais peut malgré tout s'accrocher à ce wagon, à condition cependant de se renforcer. Il y a toujours eu beaucoup de mouvements dans ce club et je comprends le désir d'un retour à la sérénité mais on y est passé d'un extrême à l'autre.Pierre Bilic"Quand on joue comme Wilmots, on est toujours l'ami de l'entraîneur""Emile et Wesley ont tout pour être complémentaires. Mais il y a aussi Mbo"