Trois années au sein des Dallas Mavericks suivies d'un premier passage chez les Los Angeles Lakers, d'un dépannage de quelques mois en faveur des Golden State Warriors et depuis l'été 2008, à nouveau dans l'effectif des Lakers, sacrés champions nationaux en juin dernier. Le parcours de notre compatriote (29 ans) s'inspire des contes de fées. Beaucoup de joueurs - satisfaits de leur statut privilégié et de leur confortable salaire - s'en accommoderaient, sans se poser trop de questions sur leur temps de jeu, leur rôle dans l'équipe ou encore leur plan de carrière. Pas Didier Ilunga Mbenga.
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Trois années au sein des Dallas Mavericks suivies d'un premier passage chez les Los Angeles Lakers, d'un dépannage de quelques mois en faveur des Golden State Warriors et depuis l'été 2008, à nouveau dans l'effectif des Lakers, sacrés champions nationaux en juin dernier. Le parcours de notre compatriote (29 ans) s'inspire des contes de fées. Beaucoup de joueurs - satisfaits de leur statut privilégié et de leur confortable salaire - s'en accommoderaient, sans se poser trop de questions sur leur temps de jeu, leur rôle dans l'équipe ou encore leur plan de carrière. Pas Didier Ilunga Mbenga. Nous avons rencontré D. J. à Washington, dans le vestiaire du Verizon Center, alors que les Lakers s'apprêtaient pour leur match (facilement remporté 103-115) contre les Wizards. C'était notre troisième tête-à-tête. Et nous l'avons trouvé toujours aussi accueillant, sympathique et posé qu'à ses débuts. Et bien entendu toujours aussi impressionnant avec ses 2,13 m. et ses 115 kg de muscles et plus affûté que jamais. " Je me sens bien ", confie-t-il d'emblée. " Je travaille toujours autant et j'effectue même des heures supplémentaires pour rester en excellente condition. C'est à ce prix. Dormir et travailler, voilà la clé. J'ai aussi appris à connaître mon corps et à le contrôler. Ça aussi c'est important. Mentalement aussi, je me sens plus fort. "Didier Mbenga : C'est difficile à décrire. Une véritable folie. C'est exceptionnel. Surtout pour moi quand on sait d'où je viens et qu'on connaît mon parcours. Je n'ai jamais vraiment voulu jouer au basket. Ce qui m'arrive, c'est une coïncidence. Mais j'ai adopté ce sport et j'ai appris à l'aimer. J'avais déjà connu deux finales : en 2006 avec Dallas (perdue 4-2 contre Miami) et avec L.A. en 2008 (perdue 4-2 contre Boston), mais en gagner une, c'est tout autre chose. Cependant, notre titre ne m'a pas surpris. Nous avions une organisation impeccable, une volonté de gagner et d'aller jusqu'au bout, une mentalité de champions. Non, au contraire. À mon sens, l'équipe est plus forte encore et joue avec plus de confiance. Au terme des deux dernières saisons, nous étions contents d'être en finale. Contre Boston, nous n'étions pas mûrs pour conquérir le titre, mais on a appris ce que ça exige pour y arriver. Dès la reprise, nous nous sommes préparés en fonction du titre et cela a porté ses fruits. Cette saison, nous avons encore faim, à l'image de Ron Artest qui nous a rejoints en provenance de Houston. Il donne l'impression d'être fou, mais ce n'est pas du tout le cas. Il est agressif sur le terrain, mais il reste très calme et contrôle ce qu'il dit. Il n'est intéressé que par une seule chose : la gagne. Nous avons une équipe forte et bien balancée avec des garçons - comme Derek Fisher et Kobe Bryant par exemple - qui possèdent une grande expérience et ont la maturité nécessaire pour faire face à n'importe quelle situation. Ils savent exactement ce qu'il faut faire pour gagner un match. Chez les Mavericks, la tactique de base était le triangle et on avait deux ou trois options de jeu qui étaient consignées dans une espèce de bible que nous devions mémoriser. Et je dois dire que ça n'a pas été facile pour moi qui débarquais aux États-Unis. Il y avait des problèmes de langue, bien sûr, mais aussi tout un code à déchiffrer. Chaque option de jeu est définie par deux ou trois mots juxtaposés. C'est un travail mental tout autant que physique ! Chez les Lakers, il y a plus de liberté créative. Du moins pour le porteur du ballon qui appelle l'option tactique. Mais cela n'empêche pas que chacun sait où il doit être et ce qu'il doit faire dès que le mouvement est lancé. Il est bizarre. Et je pèse mes mots. C'est difficile de savoir exactement ce qu'il veut. Il peut dire blanc pour signifier noir. Il faut presque lire entre les lignes. J'ai une bonne relation avec lui. Il est assez ouvert. Quand il a un reproche à faire, il le fait et il n'hésite pas à expliquer pourquoi il n'est pas content. Je trouve cependant qu'il devrait effectuer une plus grande rotation de joueurs. On joue la plupart des matches avec 7 à 8 joueurs et cela provoque fatigue et blessures. Comme celle qu'a subie Pau Gasol, par exemple. J'ai de très bons contacts avec tous mes équipiers. Y compris ceux qui évoluent dans le même rôle que le mien et qui sont donc des concurrents directs. Et même avec les vedettes comme Bryant. C'est un pote. On discute à l'aise. Cette saison, l'équipe est plus forte encore et joue avec une confiance accrue. Nous sommes à nouveau des candidats au titre. Je ne me pose pas beaucoup de questions. Je m'entraîne sérieusement, je me soigne et je suis prêt quand on fait appel à moi. Je monte au jeu et je fais ce qu'un centre est censé faire, avec, personnellement un penchant pour la défense. Je suis un maillon de la chaîne. C'est ce que dit le coach Jackson : - J'ai besoin de toi. Si j'ai un problème - quand quelqu'un se blesse, par exemple - je veux que tu rentres au jeu et que tu fasses exactement la même chose que lui.C'est vrai, mais pas seulement chez nous. Il y a beaucoup de joueurs qui sont grands, forts et athlétiques comme moi, mais qui n'ont pas atteint la NBA. Ils ont le talent, mais c'est le c£ur et la tête qui font la différence. C'est un package. Si tu as la chance d'être dans le noyau de la meilleure équipe du monde, c'est que quelque part, tu es meilleur que les autres. Si ce n'est pas le cas, tu es éliminé. Ce groupe est conçu et construit pour gagner le championnat et tous ses composants doivent apporter quelque chose quand l'équipe en a besoin. Tout joueur a envie d'être sur le terrain. Et je ne suis pas différent. Cependant, il faut relativiser. C'est évidemment plus difficile de s'imposer dans une équipe championne et ambitieuse truffée de vedettes que dans n'importe quelle autre équipe. Ceci étant, je reste dans mon rôle sans me mettre la pression. La rotation est déjà établie et je ne peux rien faire pour la changer. C'est le coach qui décide. Mon contrat expire à la fin de cette saison. La direction des Lakers m'a déjà approché pour un renouvellement. Pour rester au top et conserver son standing, un team doit mettre le prix. C'est dans ce sens que je vais négocier. Ceci dit, j'ai de bons contacts avec d'autres équipes, mais à ce stade, je ne peux évidemment pas en parler. Je ne sais pas. Ce que je sais en revanche, c'est que j'ai fait le bon choix, indépendamment du fait que je joue ou pas. En rejoignant les Lakers, je me suis amélioré sportivement et j'ai élevé ma valeur marchande. Je continue à travailler dur. On verra... J'y ai passé l'été ! J'y tiens. Je suis ouvert, mais il faut réaliser que c'est quand même un fameux engagement. Elle représente aussi certains dangers : fatigue, blessures... Les Français Tony Parker (San Antonio Spurs) et Ron Turiaf (Golden State Warriors) sont revenus blessés de leur tournée estivale avec les tricolores. Je l'ai créée en 2005. Son objectif est d'aider l'Afrique et la RDC en particulier. Mon nom peut servir à récolter des fonds pour contribuer à lutter contre la pauvreté et la malnutrition et promouvoir la santé et l'éducation. Je n'ai pas autant de temps que je voudrais pour m'y consacrer davantage, mais cet été, c'est déjà planifié, je me rendrai en RDC pour suivre des projets. PAR BERNARD GEENEN, A WASHINGTON DC - PHOTOS: BELGAJ'ai de bons contacts avec d'autres équipes.